Unefamille comme une autre RĂ©sumĂ© du chapitre prĂ©cĂ©dent : « Houni » Yugi sursauta au son de cette voix inconnue, il releva brusquement la tĂȘte et vit une silhouette debout devant sa fenĂȘtre Ă travers laquelle les premiers rayons solaires entraient dans la piĂšce, mais dont les traits Ă©taient cachĂ©s par le contrejour.
Lapartie la plus dure et la plus vitale dans la crĂ©ation d'un chapitre maison est de lui donner un thĂšme, de lui donner une identitĂ© ou un objectif unique et ensuite de "broder" ce thĂšme au cĆur de chacun des aspects de leur caractĂšre. Une fois ce thĂšme dĂ©fini vous pourrez vous pencher sur les autres aspects de votre chapitre, comment
SpaceCrusade. AnnĂ©e : 1992. SystĂšme : Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, C64, PC (DOS), ZX Spectrum. DĂ©veloppeur : Gremlin Interactive. Ăditeur : Gremlin Interactive. Genre : StratĂ©gie. Par JPB (01 novembre 2010) Avec toutes les promos disponibles en juin [2010] sur Steam, des amis d'enfance ont achetĂ© le pack complet THQ.
Etpour clore ce cinquiĂšme chapitre, la vidĂ©o de "2 Minutes To Midnight" qui bĂ©nĂ©ficie dâun scĂ©nario dans lequel des membres du gouvernement forment une sociĂ©tĂ© secrĂšte (Illuminatis, si vous nous lisez) et lâon peut voir que lâun dâentre eux utilise comme boutons de manchettes lâĆil dâHorus. Sur un Ă©cran de tĂ©lĂ© consultĂ©, un des protagonistes est en train de
Loeil d'Horus publiĂ© le 23/03/2009 - mis RĂ©sumĂ© : MĂȘni est un jeune garçon fils du pharaon de haute Ăgypte, Antaref. Mais il est jugĂ© comme un incapable et mou, alors son pĂšre le met au dĂ©fi dâaccomplir trois exploits dignes de lâhĂ©ritier du trĂŽne. Notre avis sur lâoeuvre : ValĂ©rie et OcĂ©ane : On a aimĂ© ce livre car il est intĂ©ressant et sâappuie sur une trame
Osirisinvisible entourĂ© par les Enfants dâHorus suivis de leurs trois compagnons ENIM 1, 2008, p. 7-14 RĂ©sumĂ© Les Enfants d'Horus : thĂ©ologie et astronomie. Une enquĂȘte menĂ©e sur les Enfants d'Horus (HĂąpy, Douamoutef, ImsĂ©ti et QĂ©behsĂ©nouf ) dans les Textes des Pyramides permet de mettre en relief leur vĂ©ritable identitĂ©
Lechapitre 172 du Livre des Morts s'inscrirait dans ce contexte: "Tu mĂąches de l'oignon par crainte de ton cĆur". L'oignon apparaĂźt comme la garantie du maintien d'un cĆur protĂ©geant le dĂ©funt et c'est un instrument de renaissance solaire.DĂšs lors, les oignons prĂ©sentĂ©s aux narines du dĂ©funt lui permettent d'acquĂ©rir le nouveau souffle de vie.
vdr4xA. LâOeil dâHorus â lâamulette de protection Ă©gyptienne Câest un des symboles Ă©gyptiens de protection les plus puissants. Il porte le nom dâĆil dâHorus ou âoeil oudjatâ. Que dit lâĂ©tymologie ? Le nom âirt oudjatâ vient du mot âĆilâ âirtâ et âprotectionâ, cela veut dire donc âlâoeil prĂ©servĂ©â. Dâautres traductions prĂ©cisent que âoudjatâ voudrait dire Ă©galement âcompletâ. Les Ă©gyptologues voient sa forme comme un hybride entre lâoeil du faucon et lâoeil humain. Horus reprĂ©sentĂ© sur une colonne du temple KĂŽm Ombo en Egypte Horus, le dieu Faucon, perd son oeil⊠Selon le lĂ©gende, Horus, le âDieu Fauconâ est le fils dâIsis et dâOsiris. Câest une des divinitĂ©s majeures de lâEgypte, une des plus anciennes aussi. Il est reprĂ©sentĂ© le plus souvent comme un homme Ă tĂȘte de faucon, coiffĂ© dâune couronne. Le Dieu Faucon est aussi le dieu de lâAzur. On dit quâil voit Ă travers le soleil et la lune. Il porte Ă©galement le nom de âVengeur de son pĂšreâ. En effet, voici la lĂ©gende Osiris est assassinĂ© par son frĂšre Seth, jaloux. Horus sâengage alors dans une lutte avec Seth pour venger la mort de son pĂšre. De cette confrontation, Horus sort victorieux et reprend le trĂŽne de lâĂgypte. Il devient le premier des pharaons. Dâailleurs, tous les rois dâĂgypte sont considĂ©rĂ©s comme les incarnations du dieu Horus, leur protecteur. Mais lors du combat, Horus perd lâoeil gauche. Seth lui arrache lâoeil, le dĂ©coupe en 6 morceaux et le jette dans le Nil. Heureusement, le dieu Thoth intervient, il repĂȘche les morceaux dans les eaux du fleuve. HĂ©las, le 6Ăšme morceau est introuvable, mais Thoth arrive Ă le remplacer. Il reconstitue lâoeil et le rend Ă Horus. Cette 6Ăšme fraction est considĂ©rĂ©e comme lâĂ©lĂ©ment magique ajoutĂ© par le dieu Thoth. Ainsi, non seulement Thoth redonne vie Ă cet oeil, mais il rend son propriĂ©taire invincible. Oeil dâHorus et sa signification protection et clairvoyance GrĂące Ă lâintervention de Thoth, lâĆil dâHorus devient donc un outil magique. Il est le symbole de la victoire du Bien sur le Mal et lâintĂ©gritĂ© restaurĂ©e miraculeusement. Il a non seulement le rĂŽle de la vision, mais la fonction magique de la perception de lâinvisible. Il est omniprĂ©sent dans lâĂgypte Ancienne. Il figure sur les sarcophages, on le dessine sur les pectoraux. Les amulettes en forme dâĆil oudjat protĂšgent contre la malchance et contre le mauvais oeil. Les Ăgyptiens le peignent Ă©galement sur la proue des bateaux, pour mieux âvoirâ et ĂȘtre guidĂ©s sur leur route. Il est aussi symbole de la Connaissance et de la Clairvoyance. En effet, il ne faut pas oublier que Thoth est le Dieu de la parole crĂ©atrice, de lâĂ©criture et de la Magie. Dâailleurs, celui qui pouvait dĂ©chiffrer les formules magiques du cĂ©lĂšbre âLivre de Thothâ pouvait accĂ©der Ă la connaissance divine. Symbole dâentiĂšretĂ© et de vitalitĂ©, lâĆil dâHorus est vĂ©nĂ©rĂ© Ă©galement comme une protection contre les maladies. Comment utiliser lâĆil dâHorus La victoire de lâordre sur le chaos â telle est la signification majeure de lâoeil dâHorus. Les Egyptiens lâutilisaient donc principalement comme amulette pour Ă©loigner la malchance. Câest ainsi quâil nous a Ă©tĂ© transmis Ă travers les siĂšcles. Câest ainsi quâon sâen sert Ă©galement aujourdâhui. Câest un outil de protection de lâespace de vie, qui sert pour chasser le mauvais Ćil et attirer la chance. On considĂšre Ă©galement lâĆil dâHorus comme une amulette qui favorise la VitalitĂ©, lâintĂ©gritĂ© physique. Horus retrouve son oeil perdu et son intĂ©gritĂ© physique. A mi-chemin entre lâhumain et le faucon, car symbole de lâĆil du Dieu Faucon, il est associĂ© Ă la Vision SupĂ©rieure. Symbole donc de la capacitĂ© de Voir au-delĂ du visible, Ă la Clairvoyance⊠Pour lâutiliser chez vous, installez-le simplement sur un mur. La piĂšce principale de votre maison est lâendroit le plus conseillĂ©. Mais vous pouvez tester aussi dâautres emplacements. LâĆil Oudjat que nous vous proposons ici est rĂ©alisĂ© en cĂ©ramique, Ă la main, comme tous nos objets. Câest une amulette de grande taille, en forme de triangle Ă©quilatĂ©ral, de 18 cm de cĂŽtĂ©. Vous pouvez lâaccrocher sur un mur, ou le poser contre un meuble si vous prĂ©fĂ©rez. Il ne sâagit donc pas dâun pendentif Ă porter autour du cou. CaractĂ©ristiques Ćil dâHorus â amulette Ă©gyptienne Ă accrocher au mur, en cĂ©ramique Dimensions triangle Ă©quilatĂ©ral de 18 cm de cĂŽtĂ© Poids environ 280 g > Lire les tĂ©moignages de nos clients
ENIM 1 - Bernard Mathieu - Les Enfants d`Horus, thĂ©ologie et Institut dâĂ©gyptologie François Daumas UMR 5140 ArchĂ©ologie des SociĂ©tĂ©s MĂ©diterranĂ©ennes » Cnrs â UniversitĂ© Paul ValĂ©ry Montpellier III Les Enfants dâHorus, thĂ©ologie et astronomie Bernard Mathieu Citer cet article B. Mathieu, Les Enfants dâHorus, thĂ©ologie et astronomie », ENIM 1, 2008, p. 7-14 ENiM â Une revue dâĂ©gyptologie sur internet est librement tĂ©lĂ©chargeable depuis le site internet de lâĂ©quipe Ăgypte nilotique et mĂ©diterranĂ©enne » de lâUMR 5140, ArchĂ©ologie des sociĂ©tĂ©s mĂ©diterranĂ©ennes » Les Enfants dâHorus, thĂ©ologie et astronomie EnquĂȘtes dans les Textes des Pyramides, 1 Bernard Mathieu Institut dâĂ©gyptologie François Daumas UMR 5140 CNRS - UniversitĂ© Paul-ValĂ©ry - Montpellier III F des relevĂ©s systĂ©matiques et par consĂ©quent aussi exhaustifs que possible, en lâĂ©tat actuel de la documentation, ces enquĂȘtes proposent de faire le point, pour tenter dâen saisir la signification et la fonction, sur un acteur, un thĂšme, une notion rencontrĂ©s dans les Textes des Pyramides TP 1. ONDĂES SUR Les Enfants dâHorus graphies et attestations Ăr les Enfants dâHorus § 24d [N] § 643b [T] TP 1004 [P/F/Se 50] ses Enfants § 49+4 [Nt] § 766d [P] les Enfants de tes Enfants § 1983a [N] § 24d [TP 33], § 49+4 [TP N71 E], § 619b [TP 364], § 637b [TP 368], § 643b [TP 369], § 766d [TP 423], § 1338a, b [TP 544], § 1548a [TP 580], § *1823a [TP *644], § *1824h [TP N645 B], § 1828a, 1829a [TP 648], § *1859d [TP N658 A], § *1897a [TP N664 D], § 1983a [TP 670], § 2221b [TP N715 B], TP 1004. 1 Les conventions utilisĂ©es sont celles de la Mission archĂ©ologique française de SaqqĂąra MAFS voir notamment J. LECLANT, Ă la pyramide de PĂ©pi I, la paroi Nord du passage A-F Antichambre - Chambre funĂ©raire », RdE 27, 1975, p. 137, n. 3 ; A. LABROUSSE, LâArchitecture des pyramides Ă textes, I. Saqqara Nord, BdE 114/1, 1996, p. 229231 ; C. BERGER-EL NAGGAR, J. LECLANT, B. MATHIEU, I. PIERRE-CROISIAU, Les textes de la pyramide de PĂ©py Ier. Ădition. Description et analyse, MIFAO 118/1, Le Caire, 2001, p. 6-9. Ainsi, P/A/N 12-14 signifie PĂ©py Ier, antichambre, paroi nord, col. 12-14 », ce qui permet de localiser aussitĂŽt le texte concernĂ©. Sur la nĂ©cessitĂ© dâinterprĂ©ter les Textes des Pyramides en fonction de leur emplacement, voir B. MATHIEU, La signification du serdab dans la pyramide dâOunas. Lâarchitecture des appartements funĂ©raires royaux Ă la lumiĂšre des Textes des Pyramides », dans C. Berger, B. Mathieu Ă©d., Ătudes sur lâAncien Empire et la nĂ©cropole de Saqqara dĂ©diĂ©es Ă Jean-Philippe Lauer, OrMonsp IX/2, Univ. Paul ValĂ©ry, Montpellier, 1997, p. 289. 8 Bernard Mathieu Autres dĂ©signations Les Enfants dâHorus plutĂŽt que Fils dâHorus », qui serait *Sâ.w Ăr 2 sont appelĂ©s aussi les BouclĂ©s § 339b [TP 263], § 355b [TP 265], § 360c [TP 266], § 724c [TP 412], § 1560b [TP 582], § 1841b [TP 654], les Connus du dieu Râ.w nâ r § 815d [TP 440], version N, les Enfants dâAtoum Tm § 2057 [TP 684], les Enfants de Geb Gb § 1510a [TP 576], TP 1003, les Enfants de Nout § 2057 [TP 684], les Nobles du dieu nĂr § 815d [TP 440], la ProgĂ©niture dâHorus / Ăr § 647b [TP 370], § 1333a [TP 541], § 1339c [TP 545], la ProgĂ©niture dâHorus de Khem Ăr âm § 2078c [TP 688], les Quatre Adolescents fdw Ă©â.w § 1104c, 1105a, c [TP 507], les Quatre Connus du roi fdw Râ.w-nsw § 2078a [TP 688], les Quatre Dieux fdw § 1510a [TP 576], § 1548a [TP 580], TP 1046, les Quatre Esprits des Domaines fdw ââ.w § 842b [TP 452], § 1092b [TP 505], TP 1069, les Quatre Ămanations fdw § 2057 [TP 684], les Quatre HĂ©liopolitains fdw § *1955a [TP N667 D] ?, les Quatre Passants fdw Swâ § 355b [TP 265], les Quatre qui prĂ©sident BouclĂ©s fdw â § 1221a [TP 520], ou encore les Quatre RasĂ©s ? fdw âĄÂ©q[.w... ]nâ TP 1024. Enfin, les Enfants dâHorus peuvent ĂȘtre citĂ©s nommĂ©ment, et dans un ordre, on le verra, qui nâest sans doute pas arbitraire § 149a-b [TP 215], § 552b [TP 338], § 601c [TP 359], § 1092c [TP 505], § 1097b-c [TP 506], § 1228a [TP 522], § 1333b [TP 541], § 1339c [TP 545], § 1483b [TP 573], § 1548b [TP 580], § 1983b [TP 670], § 2078b [TP 688], § 2101b [TP 690], TP 1069. IdentitĂ© conceptuelle Il sâagit bien sĂ»r dâImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef et QĂ©behsĂ©nouf, que lâiconographie traditionnelle dote respectivement dâune tĂȘte dâhomme, de cynocĂ©phale, de chacal et de faucon, mais on notera que rien, dans les TP, ne fait allusion Ă cette iconographie diffĂ©renciĂ©e. Les Enfants dâHorus constituent aussi les Baou » dont Horus est pourvu Ătm § 2101a, le papyrus MAFS T 2147 remplaçant justement Baou » par Enfants » dans sa version du TP 690 3. 2 Pour la traduction Enfants dâHorus » plutĂŽt que Fils dâHorus », cf. CT VI, 110e [TS 520] Ăwt sââ k msw Ăr, tu ImsĂ©ti es son fils, un Enfant dâHorus ». 3 C. BERGER-EL NAGGAR, Des Textes des Pyramides sur papyrus dans les archives du temple funĂ©raire de PĂ©py Ier », dans S. Bickel, B. Mathieu Ă©d., Dâun monde Ă lâautre. Textes des Pyramides et Textes des Sarcophages, BiEtud 139, 2004, p. 90, fig. 2. ENIM 1, 2008, p. 7-14 Les Enfants dâHorus, thĂ©ologie et astronomie 9 Il sâagit en rĂ©alitĂ© non des enfants dâHorus le Jeune rnpwtj, le fils dâOsiris, mais de ceux dâHorus lâAncien â une forme funĂ©raire du crĂ©ateur et donc dâOsiris â et dâIsis, comme lâexplicitent les Textes des Sarcophages 4 Jmstj Ăpy Dwâ jtâ sny Ăr smsw â pw. ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef et QĂ©behsĂ©nouf, leur pĂšre, câest Horus lâAncien, leur mĂšre, câest Isis. Ce passage des TS permet de bien interprĂ©ter le nom Horus » dans le chapitre 112 du Livre des Morts 5 Jr Jmstj Ăpy Dwâ jtâ sn Ăr â Quant Ă ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef et QĂ©behsĂ©nouf, leur pĂšre, câest Horus lâAncien, leur mĂšre, câest Isis. Câest en fonction de leur identitĂ© fonciĂšre de fils ou descendants du crĂ©ateur quâon peut aussi nommer les Enfants dâHorus, selon les cas, Enfants dâAtoum § 2057, Enfants de Geb § 1510a, Enfants de Nout § 2057 ou encore ProgĂ©niture dâHorus de Khem § 2078c. De ce point de vue, les Enfants dâHorus tiennent par rapport au crĂ©ateur une position strictement Ă©quivalente Ă celle quâoccupent Chou et Tefnout, les enfants jumeaux dâAtoum ou de RĂȘ. Illustration de cette Ă©quivalence paradigmatique, aprĂšs avoir Ă©tabli que les bras et les jambes du dĂ©funt nâĂ©taient autres que les Enfants dâHorus, la formule TP 215 associe ses membres aux jumeaux dâAtoum tes bras, ce sont HĂąpy et Douamoutef â quand tu as besoin de monter au ciel, et tu monteras â, tes jambes, ImsĂ©ti et QebehsĂ©nouf â quand tu as besoin de descendre au Ciel inversĂ©, et tu descendras â tes membres, les jumeaux dâAtoum, les ImpĂ©rissables » § 149a-c. De mĂȘme, dans la formule TP 452, la mention de la puretĂ© de Chou et de la puretĂ© de Tefnout est immĂ©diatement suivie de celle de la puretĂ© des Quatre Esprits § 842a-b. Une Ă©quivalence similaire ressort de la formule TP 338 N nâaura pas soif grĂące Ă Chou, N nâaura pas faim grĂące Ă Tefnout, ce sont HĂąpy, Douamoutef, QĂ©behsĂ©nouf et ImsĂ©ti qui chasseront cette faim qui est dans le ventre de N, cette soif qui est sur les lĂšvres de N » § 552a-d. Autre indice clair de ce parallĂ©lisme, de mĂȘme que Chou et Tefnout incarnent la Vie et la MaĂąt, selon un passage cĂ©lĂšbre des TS 6, on dit prĂ©cisĂ©ment des Enfants dâHorus dans les TP quâils vivent de MaĂąt » ©nâ.jw m Mâ©.t § 1483b. Autant dire que ces quadruplĂ©s » forment une Ă©manation quadripartite du crĂ©ateur dont la fonction est Ă considĂ©rer dâune maniĂšre plus conceptuelle que gĂ©nĂ©alogique ; les nommer les Quatre Ămanations fdw § 2057, en effet, revient Ă voir en eux, avant tout, une expansion de lâunitĂ© du principe crĂ©ateur Tm. Il est important de prĂ©ciser ici que le crĂ©ateur, prĂ©cisĂ©ment, ne les engendre pas jrj, mais quâil les enfante msj, de mĂȘme quâil crĂ©e leur nom § 1983c, TP 1069, un rĂŽle traditionnellement dĂ©volu, comme on sait, Ă la mĂšre 7. Câest quâil est question ici de gĂ©nĂ©tique divine, oĂč le gĂ©niteur est Ă la fois pĂšre et mĂšre, et, plus encore, dâun discours mĂ©taphorique sur lâessence du divin. IdentitĂ© fonctionnelle Plus conceptuelle aussi quâanatomique est lâassociation de HĂąpy et Douamoutef aux bras du dĂ©funt et de ImsĂ©ti et QebehsĂ©nouf Ă ses jambes § 149a-b. Câest Ă ce titre bien sĂ»r que les Enfants dâHorus peuvent porter » le dĂ©funt fâj § 637c, 1338c, 1340a, *1823b, 1829b, le soulever » 4 CT II, 345c-346a [TS 157]. Papyrus de Nou, BM 10477. 6 CT II, 32d-e [TS 80] Âąnâ rnâ f Mâ©.t rnâ s, son nom Ă lui est Vie, son nom Ă elle est MaĂąt ». 7 G. POSENER Sur lâattribution dâun nom Ă un enfant », RdE 22, 1970, p. 204-205. 5 10 Bernard Mathieu wĂs § 619b, *1824h ou le redresser » Ăs § *1897a, 1983a. On rappellera que ce jeu dâassociation est clairement illustrĂ© par un principe de dĂ©coration des cercueils, oĂč les inscriptions concernant deux des Enfants dâHorus gĂ©nĂ©ralement HĂąpy et ImsĂ©ti sont situĂ©es prĂšs de la tĂȘte nord tandis que les inscriptions concernant les deux autres sont situĂ©es prĂšs des pieds sud 8. Câest parce quâils portent le dĂ©funt que les Enfants dâHorus sont susceptibles de lui apporter le bac du passeur confectionnĂ© par Khnoum § 1228a-b ou de fabriquer lâĂ©chelle qui lui permettra de monter au ciel § 2078a-2079d. Soutiens du dĂ©funt et Ă©tais du cercueil, les Enfants dâHorus sont fort logiquement susceptibles de reprĂ©senter, dans les TS, les quatre piliers du ciel. DĂšs les TP, du reste, les Enfants dâHorus sont rĂ©partis par couple de part et dâautre du dĂ©funt Ces quatre Esprits qui sont avec N, ce sont HĂąpy, Douamoutef, ImsĂ©ti et QĂ©behsĂ©nouf, deux dâun cĂŽtĂ© et deux de lâautre » § 1092b-d. On les trouve Ă©galement assis sur le cĂŽtĂ© oriental du cielâŠ, ces quatre adolescents aux cheveux noirs de jais, assis Ă lâombre de la tour de Qati » § 1105b-d, comme sâils gardaient lâOrient de lâunivers. Câest une rĂ©partition nord-sud, on sâen souvient, qui sera adoptĂ©e dans la tombe royale dâAĂż, oĂč Douamoutef et QebehsĂ©nouf portent la couronne blanche, tandis quâImsĂ©ti et HĂąpy portent la couronne rouge. De maniĂšre plus Ă©laborĂ©e encore, les Enfants dâHorus peuvent ne constituer que le flanc droit gs jmnj du dĂ©funt, assimilĂ© Ă Horus, tandis que le flanc gauche gs jâbtj, Ă savoir Seth, est composĂ© du groupe quadripartite et partiellement fĂ©minin Celui qui a frappĂ© DjĂ©nĂ©dĂ©rou, Celui qui prĂ©side Ă ses deux colonnes, Nephthys et MĂ©khenti-irti § 601c-f. On voit clairement Ă lâĆuvre ici un processus rationnel, presque cartĂ©sien », de subdivision, depuis le crĂ©ateur unique jusquâĂ la rĂ©partition en huit instances divines en passant par le couple Chou et Tefnout et les quatre Enfants dâHorus, processus destinĂ© Ă expliciter la dĂ©finition dâun concept compact. Ce passage annonce aussi le couplage futur de chacun des Enfants dâHorus avec lâune des quatre dĂ©esses protectrices que sont Isis ImsĂ©ti, Nephthys HĂąpy, Neith Douamoutef et Serqet QĂ©behsĂ©nouf, dont le coffret dâalbĂątre de ToutĂąnkhamon fournit lâune des plus cĂ©lĂšbres illustrations. Les Enfants dâHorus sont censĂ©s avoir frappĂ© au sang lâadversaire du dĂ©funt § 643b. Une formule leur attribue, comme offrande carnĂ©e, le contenu des entrailles de lâadversaire dâOsiris § 1548a-b ; une autre leur rĂ©serve Ă chacun une partie du corps de cet adversaire Ils les Quatre Esprits te lâamĂšreront, sacrifiĂ© comme un taureau de sacrifice, Ă©tendu comme un taureau Ă©tendu, transpercĂ© comme un taureau transpercĂ©, sa tĂȘte Ă©tant pour HĂąpy, son Ă©paule pour Douamoutef, ses cĂŽtes pour QĂ©behsĂ©nouf, le contenu de ses entrailles pour ImsĂ©ti » TP 1069. Enfants dâHorus et gĂ©nĂ©tique funĂ©raire Du point de vue des conceptions funĂ©raires, les Enfants dâHorus, rĂ©partis dans la cuve Ă canopes » ou les vases canopes », permettent de complĂ©ter la reconstitution du corps du dĂ©funt en lui restituant ses viscĂšres ou Ă©lĂ©ments mous » et en recomposant ainsi son ventre » ou tronc » rĂ©ceptacle matĂ©riel ou contenant » dont la conscience jb est le contenu » immatĂ©riel 9. 8 Sur le lien entre HĂąpy et ImsĂ©ti et les bras, dâune part, et Douamoutef et QebehsĂ©nouf avec les jambes, dâautre part, qui sâexplique par ou qui explique la dĂ©coration des cercueils, cf. CT VI, 391r-392d [TS 761] et H. WILLEMS, Chests of Life, MVEOL 25, Leiden, 1988, p. 140-141 ; G. MEURER, Die Feinde des Königs in den Pyramidentexten, OBO 189, 2002, p. 186-187. 9 Sur lâassociation des Enfants dâHorus avec les viscĂšres du dĂ©funt, voir par exemple GARDINER, AEO II, p. 245*253* ; S. AUFRĂRE, RdE 36, 1985, p. 23-24 et n. 25. Sur le rĂŽle des Enfants dâHorus / vases canopes dans la gĂ©nĂ©tique » funĂ©raire, voir principalement Th. BARDINET, Les Papyrus mĂ©dicaux de lâĂgypte pharaonique, Fayard, ENIM 1, 2008, p. 7-14 Les Enfants dâHorus, thĂ©ologie et astronomie 11 Le processus est Ă©voquĂ© dans la formule TP 580 le contenu de ses entrailles appartient Ă ces quatre dieux, les Enfants dâHorus bien-aimĂ©s, HĂąpy, ImsĂ©ti, Douamoutef, QĂ©behsĂ©nouf » § 1548ab. Mais aussi dans le TP 595 Je tâapporte ta conscience pour te la placer dans ton ventre, comme Horus a apportĂ© la conscience Ă sa mĂšre Isis, comme Isis a apportĂ© la conscience Ă son fils Horus » § 1640a-c. Ces nouveaux viscĂšres », Ă la diffĂ©rence des organes humains, sont imputrescibles Câest N, lâunique de ces Quatre Ătres, les Enfants dâAtoum et les Enfants de Nout, qui ne sauraient se putrĂ©fier â ce N ne se putrĂ©fiera pas, qui ne sauraient se corrompre â ce N ne se corrompra pas, qui ne sauraient tomber du ciel Ă terre â ce N ne tombera pas du ciel Ă terre » § 2057-2058d. Câest sans doute en raison de cette fonction spĂ©cifique quâon voit les Enfants dâHorus intervenir dans des actes rituels comme celui de laver le visage du dĂ©funt § 601b-c, 1983b-d, de le purifier § 842b, de lui ouvrir la bouche § 1983b-e, ou dâapaiser sa faim et Ă©tancher sa soif § 552a-d. Rien ne permet dâaffirmer que dĂšs les TP les Enfants dâHorus sont associĂ©s chacun Ă un organe spĂ©cifique, mĂȘme si la chose est probable. La documentation postĂ©rieure produit gĂ©nĂ©ralement le systĂšme suivant ImsĂ©ti foie HĂąpy poumons et bronches wfâw, parfois la rate nâĄnm Douamoutef rate, parfois poumons ou estomac mnÆr QĂ©behsĂ©nouf *intestins et autres viscĂšres FondĂ©e sur une paronomase forte / lâassociation systĂ©matique ImsĂ©ti-foie a de bonnes chances dâĂȘtre particuliĂšrement ancienne et dĂ©jĂ Ă lâĆuvre au moment de la rĂ©daction des TP. Quant Ă lâassociation QĂ©behsĂ©nouf-intestins, tout aussi systĂ©matique et sans doute ancienne elle aussi, elle pourrait expliquer le rĂŽle majeur que joue manifestement ce personnage au sein du quatuor ; le mot intestin », en effet, signifie Ă©tymologiquement ce qui est dans le ventre » ; QĂ©behsĂ©nouf pouvait ainsi, Ă lui seul, reprĂ©senter collectivement lâensemble de la progĂ©niture. Le caractĂšre Ă©minent de QĂ©behsĂ©nouf ressort Ă©galement, comme on va le voir, dans le domaine des reprĂ©sentations astronomiques. Enfants dâHorus et astronomie un double astĂ©risme Les Enfants dâHorus ont, de fait, suscitĂ© des astĂ©rismes chez les Ăgyptiens, câest-Ă -dire que leur ont Ă©tĂ© attribuĂ©s des correspondants astronomiques, dans le ciel du sud comme dans le ciel du nord 10. Le ciel du sud, en effet, offrait un bel exemple dâastĂ©risme dans lequel un groupe de trois Ă©toiles, notre Baudrier dâOrion, apparaĂźt comme entourĂ© de quatre autres ; il Ă©tait aisĂ© dây reconnaĂźtre Osiris protĂ©gĂ© par les quatre Enfants dâHorus, câest-Ă -dire, rappelons-le, ses propres Ă©manations. Coll. Penser la mĂ©decine », Paris, 1995, p. 74-79. Sur le motif iconographique des Enfants dâHorus dressĂ©s sur le lotus, voir Fr. SERVAJEAN, Le lotus Ă©mergeant et les quatre Enfants dâHorus analyse dâune mĂ©taphore physiologique », dans, S. AufrĂšre Ă©d., EncyclopĂ©die religieuse de lâunivers vĂ©gĂ©tal II, OrMonsp XI, 2001, p. 261-297 mais lâanalyse de lâauteur entĂ©rine la confusion entre Horus lâAncien et Horus le Jeune, ce dernier Ă©tant considĂ©rĂ© comme le pĂšre des Enfants dâHorus. 10 Le sujet est abordĂ© par W AINWRIGHT, A pair of Constellations », dans Studies presented to Ll. Griffith, London, 1932, p. 373-382 ; M. ROCHHOLZ, Schöpfung Feindvernichtung, Regeneration, Untersuchung zum Symbolgehalt der machtgeladenen Zahl 7 im alten Ăgypten, ĂAT 56, Wiesbaden, 2002, p. 25-34. 12 Bernard Mathieu Ainsi se comprend la prĂ©cision gĂ©ographique donnĂ©e Ă propos des Nobles du dieu, penchĂ©s sur leurs supports djĂąm, qui veillent sur la Haute-Ăgypte » § 816a [TP 440]. La formule TP N570 A version P semble bien faire allusion elle aussi Ă cet astĂ©risme Dieux du ciel inversĂ©, ImpĂ©rissables, qui parcourez le pays des Libyens appuyĂ©s sur vos sceptres djĂąm, ce N sâappuiera avec vous sur le sceptre ouas et le sceptre djĂąm, car câest N, votre quatriĂšme ! Dieux du ciel inversĂ©, ImpĂ©rissables, qui parcourez le pays des Libyens appuyĂ©s sur vos sceptres djĂąm, ce N sâappuiera avec vous sur le sceptre ouas et le sceptre djĂąm, car câest N, votre cinquiĂšme ! » § 1456b-1458a. On est tentĂ© de voir dans ces ImpĂ©rissables les Ă©toiles principales de lâastĂ©risme de Sah notre Baudrier dâOrion. Le dĂ©funt serait ainsi assimilĂ©, en tant que quatriĂšme, Ă lâĂ©toile de plus forte magnitude Rigel = QĂ©behsĂ©nouf parmi les quatre qui entourent le Baudrier BĂ©telgeuse, Bellatrix, SaĂŻph, Rigel = alpha, gamma, kappa, bĂȘta Orionis, et, en tant que cinquiĂšme, au Baudrier dâOrion lui-mĂȘme Osiris, entourĂ© des quatre Enfants dâHorus. La cinquiĂšme stance de lâ hymne numĂ©rique » 11 Ă©voque subtilement Osiris, sous le nom rĂ©vĂ©lateur de TĂ©nĂ©breux », et sous la forme du Baudrier dâOrion SâĂ, dont les Enfants dâHorus sont les voisins sâ Hâ~n N n mââ Tnmw djw-nwâ Ăn sbâ.w sâ SâĂ. Ce N est descendu pour voir le TĂ©nĂ©breux, votre cinquiĂšme, astres qui ĂȘtes voisins dâOrion 12. Le ciel du nord fournissait lui aussi, avec notre Grande Ourse, un magnifique astĂ©risme susceptible dâintĂ©grer la figure dâOsiris et celles des Quatre Enfants. On sait par le chapitre 17 du Livre des Morts que les Enfants dâHorus faisaient partie intĂ©grante de cette constellation Jr ÆâÆâ.t Ăâ Wsjr, Jmstj Ăpy Dwâ nâ pw m-sâ pâ âp⥠m Quant Ă lâassemblĂ©e qui entoure Osiris, Ă savoir ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef et QĂ©behsĂ©nouf, ce sont ceux qui se trouvent Ă lâarriĂšre de la Patte avant Grande Ourse dans le ciel du nord 13. Mais Ă la diffĂ©rence de ce qui se passait dans le ciel du sud, Osiris y est invisible, et aux quatre Enfants dâHorus sont joints trois divinitĂ©s supplĂ©mentaires qui complĂštent la constellation Jr ââ.w 7 Jmstj Ăpy Dwâ QbĂ-snwâ f Mââ-jtâ f Ăry-bâqâ f Ăr-â rdâ twâ sn jn Jnpw m sâ ny.t Wsjr. Et quant Ă ces sept Esprits, ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef, QĂ©behsĂ©nouf, Maaitef, KhĂ©rybaqef et HorusKhentyirty, ils ont Ă©tĂ© placĂ©s par Anubis comme protection de la sĂ©pulture dâOsiris. La prĂ©sence parallĂšle des Enfants dâHorus dans les deux ciels apparaĂźt dans la formule TP 576 Câest N, lâun de ces Quatre Dieux, Enfants de Geb, qui parcourent la Haute-Ăgypte et qui parcourent la Basse-Ăgypte, debout sur leurs sceptres djĂąm, oints dâhuile hatet, vĂȘtus dâĂ©toffe idĂ©mi, qui vivent de figues et boivent du vin » § 1510a-1511b. Le fait quâOsiris Horus lâAncien soit 11 Il sâagit dâune suite de neuf formules, distinctes les unes des autres mais formant un groupe cohĂ©rent, dont chacune contient au moins un terme Ă©voquant ou dĂ©signant un ordinal premier reprĂ©sentĂ© par le mot Wr, VĂ©nĂ©rable », deuxiĂšme sn-nw, troisiĂšme âmt-nw, quatriĂšme fdw-nw, cinquiĂšme djw-nw, sixiĂšme sjsw-nw, septiĂšme sfâ-nw, huitiĂšme âmnw-nw et neuviĂšme reprĂ©sentĂ© par le verbe psÆ, briller. Cette composition, Ă prĂ©sent, est attestĂ©e six fois dans le corpus des TP chez TĂ©ti, sur la paroi nord de lâantichambre T/A/N 47-52, en deux endroits chez PĂ©py Ier, sur la paroi nord de lâantichambre P/A/N 12-14 et sur la paroi ouest de la section antĂ©rieure » de la descenderie P/D ant/W 1-10 = P 791-798, chez MĂ©renrĂȘ, sur la partie ouest de la paroi nord de la chambre funĂ©raire M/F/Nw B 40-42 et C 1-11, chez PĂ©py II, sur la partie ouest de la paroi nord de la chambre funĂ©raire N/F/Nw A 3-7 = N 577-579+1, et enfin chez Neit, Ă©galement sur la partie ouest de la paroi nord de la chambre funĂ©raire Nt/F/Nw A 9-15 = Nt 9-15. 12 § 1579 [TP N585 E] = § 1852 [TP N657 C] = § *2268e [TP N738 C]. 13 Papyrus de NebsĂ©ny, BM 9900. ENIM 1, 2008, p. 7-14 Les Enfants dâHorus, thĂ©ologie et astronomie 13 doublement prĂ©sent, dans le ciel du sud et le ciel du nord, est magnifiquement exprimĂ© dans le Spell 1143 des Textes des Sarcophages 14 Ăr smsw Ăry-jb sbâ.w Ăry.w âft Ăry.w. Horus lâAncien qui es au cĆur des astres dâen haut comme des astres dâen bas. Enfants dâHorus et astronomie ordres de succession En conclusion de ces analyses, la question se pose de la pertinence de lâordre de prĂ©sentation des Enfants dâHorus lorsquâils sont citĂ©s nominativement. La succession HĂąpy, Douamoutef, ImsĂ©ti, QĂ©behsĂ©nouf HDIQ, majoritaire dans les TP § 149a-b, 1092c, 1097b-c, 1333b, 1339c, 2101b, semble bien se rapporter aux Ă©toiles entourant le Baudrier dâOrion SâĂ en Ă©gyptien HĂąpy, Douamoutef correspondraient Ă BĂ©telgeuse alpha et Bellatrix gamma, tandis que ImsĂ©ti kappa et QĂ©behsĂ©nouf bĂȘta correspondraient Ă SaĂŻph et Rigel la plus brillante. La formule TP 215, dĂ©jĂ citĂ©e, paraĂźt assez explicite tes bras, ce sont HĂąpy et Douamoutef â quand tu as besoin de monter au ciel, et tu monteras â, tes jambes, ImsĂ©ti et QebehsĂ©nouf â quand tu as besoin de descendre au Ciel inversĂ©, et tu descendras â tes membres, les jumeaux dâAtoum, les ImpĂ©rissables » § 149a-c ; lâastĂ©risme dâOrion comme figurant le tronc dâOsiris auquel se rattachent bras et jambes se dessine ici clairement, mĂȘme si elle nâĂ©tait pas encore explicite au moment de la rĂ©daction des TP. La formule TP 505 va dans le mĂȘme sens Ces quatre Esprits qui sont avec N, ce sont HĂąpy, Douamoutef, ImsĂ©ti et QĂ©behsĂ©nouf, deux dâun cĂŽtĂ© et deux de lâautre » § 1092b-d. La succession ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef, QĂ©behsĂ©nouf IHDQ, quant Ă elle, Ă©voquerait plutĂŽt les quatre Ă©toiles formant le quadrilatĂšre de la Grande Ourse Megrez, Phecda, Merak, Dubhe la plus brillante = delta, gamma, beta, alpha Ursa Major. Câest ce qui ressort du chapitre 17 de Livre des Morts citĂ© plus haut quant Ă lâassemblĂ©e qui entoure Osiris, Ă savoir ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef et QĂ©behsĂ©nouf, ce sont ceux qui se trouvent Ă lâarriĂšre de lâĂpaule dans le ciel du nord », mais aussi de la formule TP 688, oĂč les Enfants dâHorus, Ă©numĂ©rĂ©s dans le mĂȘme ordre, sont nommĂ©s ProgĂ©niture dâHorus de Khem LĂ©topolis », et par consĂ©quent localisĂ©e au Nord. On doit signaler un seul contre-exemple, sur les quatorze cas oĂč les Enfants dâHorus sont listĂ©s, dans lequel la sĂ©quence IHDQ Ă©voque Orion câest ce N, lâunique de ces quatre dieux, ImsĂ©ti, HĂąpy, Douamoutef, QĂ©behsĂ©nouf, qui vivent de MaĂąt, appuyĂ©s sur leur sceptres djĂąm, les veilleurs du Pays du Sud » § 1483a-d. Les autres configurations, dans cette hypothĂšse, nâont pas de lĂ©gitimitĂ© astronomique dĂ©finie ; minoritaires, elles nâinterviennent pas, de fait, dans un contexte astronomique mais dans celui du rituel funĂ©raire il sâagit de HDQI § 552b, TP 1069 et de HIDQ § 1228a, 1548b. Les deux figures ci-dessous tentent de rendre compte, de la maniĂšre la plus simple, de ce quâa pu ĂȘtre, dans les temps anciens, la double transposition astronomique des Enfants dâHorus, Ă©manations conceptuelles du principe crĂ©ateur. 14 CT VII, 491h. 14 Bernard Mathieu Ciel du sud, Orion. Osiris visible Baudrier entourĂ© par les Enfants dâHorus Ciel du nord, Grande Ourse. Osiris invisible entourĂ© par les Enfants dâHorus suivis de leurs trois compagnons ENIM 1, 2008, p. 7-14 RĂ©sumĂ© Les Enfants d'Horus thĂ©ologie et astronomie. Une enquĂȘte menĂ©e sur les Enfants d'Horus HĂąpy, Douamoutef, ImsĂ©ti et QĂ©behsĂ©nouf dans les Textes des Pyramides permet de mettre en relief leur vĂ©ritable identitĂ© thĂ©ologique, leurs fonctions essentielles, ainsi que les correspondants que les Ăgyptiens leur avaient attribuĂ©s dans le ciel nocturne, au sein des constellations que nous nommons Orion et la Grande Ourse. Abstract The Sons of Horus Theology and Astronomy A synthetic study of the Sons of Horus HĂąpy, Duamutef, Imseti and Qebehsenuf in the Pyramid Texts is proposed, showing their genuine theological nature, their main functions, and the celestial correspondants the Egyptian gave them in the night sky, inside the constellations we call Orion and Great Bear Ursa Major. ENiM â Une revue dâĂ©gyptologie sur internet.
VĂ©ronique Dasen et Armand M. Leroi Texte intĂ©gral 1Lors de la sĂ©ance du 9 janvier 1826 de lâAcadĂ©mie royale des Sciences de Paris, lâanatomiste français Ătienne Geoffroy Saint-Hilaire prĂ©senta Ă lâassemblĂ©e une Ă©trange momie humaine provenant dâĂgypte. Elle lui avait Ă©tĂ© remise par Joseph Giuseppe Passalacqua qui le prenait pour un singe cynocĂ©phale. 1 Ă cĂŽtĂ© de lâibis, plus de trente espĂšces dâoiseaux ont ainsi Ă©tĂ© identifiĂ©es par J. Boessneck et A ... 2Que J. Passalacqua ait identifiĂ© la crĂ©ature Ă un animal nâest pas surprenant. Il lâavait trouvĂ©e dans le cimetiĂšre de Touna el-Gebel, situĂ© Ă lâorĂ©e du dĂ©sert en Moyenne Ăgypte, Ă environ 10 km de la citĂ© dâHermopolis Magna el-Ashmunein. Cette nĂ©cropole, composĂ©e dâun vaste rĂ©seau de galeries souterraines, Ă©tait rĂ©servĂ©e aux animaux consacrĂ©s au dieu lunaire Thot, vĂ©nĂ©rĂ© sous la forme dâun babouin ou dâun ibis. La momie provenait dâun secteur occupĂ© par des singes Papio cynocephalus anubis, embaumĂ©s, comme elle, en position accroupie ; on avait mĂȘme glissĂ© dans ses bandelettes une amulette en forme de babouin Hamadryas. Les catacombes recelaient dâautres animaux momifiĂ©s Ă travers lesquels la puissance divine pouvait se manifester, en majoritĂ© des ibis, mais aussi des bĆufs, bĂ©liers, crocodiles, chiens, chats, poissons, gazelles, ainsi que diffĂ©rentes espĂšces dâoiseaux et de petits animaux1. La plupart de ces animaux avaient probablement grandi dans des Ă©levages spĂ©cialisĂ©s aux environs du temple avant dâĂȘtre tuĂ©s, puis vendus embaumĂ©s aux pĂšlerins pour ĂȘtre consacrĂ©s Ă la divinitĂ©. 2 J. Passalacqua, Catalogue raisonnĂ© et historique des antiquitĂ©s dĂ©couvertes en Ăgypte, Paris, Gale ... 3 J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 230 ; D. Kessler, Forschungsstand bis 1983 », in J. Boessneck... 4 D. Kessler, A. El Halim Nurredin, Der Tierfriedhof von Tuna el-Gebel, Stand der Grabungen bis 19 ... 3Les informations sur les circonstances de la dĂ©couverte de la momie examinĂ©e par Ă. Geoffroy Saint-Hilaire sont malheureusement trĂšs incomplĂštes. J. Passalacqua se contente dâindiquer quâil la trouva dans un tombeau de cynocĂ©phales »2. Ătait-elle dĂ©posĂ©e dans un sarcophage en bois, comme dâautres spĂ©cimens logĂ©s dans les niches des galeries ?3 Le reste de la galerie C, oĂč Ă©taient concentrĂ©es les momies de cynocĂ©phales, fut fouillĂ© de 1931 Ă 1952 par S. Gabra de lâUniversitĂ© du Caire, mais sans faire lâobjet de publications. Les investigations furent reprises sur le site en 1989 par lâUniversitĂ© de Munich sous la direction de Dieter Kessler4. 5 D. Kessler, Die heiligen Tiere und der König, I, BeitrĂ€ge zu Organisation, Kult und Theologie der ... 6 D. Kessler, op. cit., 1987, p. 12 ; D. Kessler, A. El Halim Nurredin, op. cit., p. 262, fig. 14. 4On sait aujourdâhui que la nĂ©cropole se dĂ©veloppa sous la XXVIe dynastie au moment oĂč la reprĂ©sentation divine sous forme animale connut un nouvel essor. Le culte des animaux sacrĂ©s devint alors trĂšs important5. Le complexe cultuel comprenait un temple de Thot qui fut probablement construit sous le rĂšgne du pharaon Amasis vers 570 av. et restaurĂ© ou agrandi sous le rĂšgne de PtolĂ©mĂ©e Ier vers 300 av. Une voie processionnelle le reliait au temple de lâOsiris-babouin et de lâOsiris-ibis, dâoĂč un escalier menait aux catacombes. Des chapelles souterraines furent amĂ©nagĂ©es Ă lâĂ©poque ptolĂ©maĂŻque. Elles Ă©taient dĂ©diĂ©es Ă des babouins dĂ©ifiĂ©s dont les momies, rarement conservĂ©es, avaient fait lâobjet de soins qui tĂ©moignent de leur statut particulier collier MĂ©nat, amulettes dâĆil oudjat, pilier Djed, BĂšs...6. 7 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire in J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 230. 5Nous ne connaissons pas les raisons qui amenĂšrent J. Passalacqua Ă juger cette momie digne de lâattention de lâun des plus grands anatomistes de son Ă©poque. Des dĂ©tails singuliers, peut-ĂȘtre sa taille, lâincitĂšrent Ă la prĂ©senter Ă Ă. Geoffroy Saint-Hilaire pour quâil en dĂ©termine lâespĂšce. Ă. Geoffroy Saint-Hilaire en fut ravi ; il Ă©crit ... quâil ne me fut point difficile dây reconnaĂźtre, dĂšs quâelle fut entiĂšrement dĂ©veloppĂ©e, une des monstruositĂ©s de lâespĂšce humaine dont jâavais eu occasion de mâoccuper. »7 Il ajoute quâil fut si enthousiasmĂ© Ă la vue dâune production aussi singuliĂšre et aussi inattendue, que jâai priĂ© M. Passalacqua dâautoriser que je pusse de suite informer dâun fait aussi curieux le monde savant et lâInstitut de France. » 8 I. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire gĂ©nĂ©rale et particuliĂšre des anomalies de lâorganisation chez ... 9 Histoire des Monstres, Paris, Reinwald, 1880 ; rééd. Grenoble, JĂ©rĂŽme Millon, 2002, p. 29-30. 10 Monstres. Histoire du corps et de ses dĂ©fauts, Paris, Syros, 1991, p. 26-28. 6Cette momie constitue une dĂ©couverte remarquable car elle reprĂ©sente lâun des plus anciens tĂ©moignages palĂ©opathologiques de nouveau-nĂ© atteint dâanomalie congĂ©nitale. Le discours dâĂ. Geoffroy Saint-Hilaire est rĂ©guliĂšrement citĂ© par les historiens de la tĂ©ratologie, tel son fils Isidore Geoffroy Saint-Hilaire 1832-18368, Ernest Martin 18809 et, plus rĂ©cemment, Jean-Louis Fischer 199110. En dĂ©pit de sa cĂ©lĂ©britĂ©, la momie tomba soudain dans lâoubli, et longtemps certains la crurent mĂȘme perdue. Nous avons rĂ©cemment retrouvĂ© sa trace dans le dĂ©pĂŽt du MusĂ©e Ă©gyptien de Berlin oĂč elle porte le numĂ©ro dâinventaire SMB 724. AprĂšs un bref rappel de son histoire, de sa dĂ©couverte vers 1820 Ă lâĂ©poque contemporaine, nous passerons en revue les diffĂ©rentes rĂ©actions quâelle Ă©veilla, des Ăgyptiens de lâĂ©poque ptolĂ©maĂŻque aux tĂ©ratologues contemporains, en passant par les naturalistes du XIXe siĂšcle. Les tribulations de la momie 11 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, Description dâun monstre humain nĂ© avant lâĂšre chrĂ©tienne et considĂ©r ... 12 W. R. Dawson, E. P. Uphill, M. L. Bierbrier, Who was who in Egyptology, London, Egypt Exploration ... 7J. Passalacqua, comme tant dâanciens dĂ©couvreurs, occupe une position ambiguĂ« dans lâhistoire de lâarchĂ©ologie. Pilleur de tombes Ă ses heures, il fut aussi le fondateur et le conservateur de lâĂgyptisches Museum und Papyrussammlung Ă Berlin-Charlottenburg, lâune des plus grandes collections dâarchĂ©ologie dâEurope. NĂ© en 1797 Ă Trieste, il Ă©tait parti en Ăgypte comme marchand de chevaux. Ses affaires nâayant pas prospĂ©rĂ©, il entreprit des fouilles et rassembla une importante collection dâantiquitĂ©s provenant de ThĂšbes et dâautres sites. AprĂšs avoir ramenĂ© sa collection Ă Paris en 1826, il lâexposa dans lâespoir de la vendre au gouvernement français pour la somme de 400 000 francs. Geoffroy Saint-Hilaire examina la momie monstrueuse alors que la collection Ă©tait Ă Paris ; il la commenta puis lâillustra dans au moins deux articles fig. 111. En 1827, aprĂšs avoir en vain attendu une offre du Louvre, J. Passalacqua vendit sa collection Ă FrĂ©dĂ©ric-Guillaume IV de Prusse pour 100 000 francs. Il devint conservateur du MusĂ©e des antiquitĂ©s Ă©gyptiennes Ă Berlin en 1828, et y demeura jusquâĂ sa mort en 186512. 1 - LâanencĂ©phale en 1826. DâaprĂšs Ă. Geoffroy Saint-Hilaire 1825, pl. 18. 1-4. A. mumia 1. Vue ventrale ; 2. Vue dorsale ; 3. Vue latĂ©rale ; 4. Detail du dos du crĂąne. 5. Amulette de babouin. 6-8. Trois autres types dâAnencephalus, A. perforatus, A. cotyla and A. icthyoĂŻdes 8A. Erman dĂ©crit ainsi la momie dans le catalogue du musĂ©e de Berlin 13 A. Erman, AusfĂŒhrliches Verzeichnis der Ăgyptischen AltertĂŒmer und GipsabgĂŒsse, Berlin, W. Spemann ... 724. Mumie einer menschlichen Missgeburt, die in einem Affengrab in Schmun beigesetzt war ; in ihre Binden war die FayenceFigur eines hockenden Affen hineingelegt. Man nahm also wohl an, die betreffende Frau habe einen Affen geboren Pass. »13 14 Communication du Dr. H. Kischkewitz. 15 Lettre du 9Pendant la seconde guerre mondiale, les bombardements des AlliĂ©s causĂšrent dâimportantes pertes au musĂ©e de Berlin. Probablement cachĂ©e dans les caves du nouveau musĂ©e, la momie ne fut toutefois pas dĂ©truite14. En juillet 1974, Fritz Dick, Regisseur und Kameramann Medizin-Film » put encore la radiographier et livrer le rapport suivant fig. 215 2 - LâanencĂ©phale en 1974. Radiographie de Fritz Dick. Berlin-Charlottenburg, Ăgyptisches Museum und Papyrussammlung 16 Trad. Constat radiologique de lâanencĂ©phale objet 724. Ăge de dĂ©veloppement environ 7 mois. ... Röntgenbefund des Anencephalus Objekt 724.Entwicklungsalter etwa 7 Monate. Infolge der erzwungenen Sitzhaltung ist der A. röntgenologisch schlecht auswertbar. Es fĂ€llt auf, das der Unterkiefer 1 fehlt, daher die vogelkopfartige Oberkiefergesichtspartie. Abnorm grosse Augenhölen 2. Nach der Röntgenaufnahme könnte der Unterkiefer eventuell stark nach unten geklappt worden sein, so dass er der ventralen Thoraxwand anliegt 3. Das Fehlen des Unterkiefers ist aber nicht auszuschliessen. Anstelle des nicht ausgebildeten HirnschĂ€dels stellen sich knöcherne DeformitĂ€ten dar 4. Die HalswirbelsĂ€ule ist krĂŒckstockartig eingebogen 5. Die zarten Knochen des PrĂ€parates sind wahrscheinlich beim Mumifizieren und beim Verbringen in die Sitzhaltung stark frakturiert worden, so ist u. a. eine deutliche Fraktur des Oberschenkelknochens 6 zu erkennen. Ferner sind die Unterschenkelknochen durch Gewalteinwirkung vom Fussskelett 7 getrennt, verlagert und auch z. T. frakturiert. Die Knochen der oberen ExtremitĂ€ten sind ebenfalls durch das Bandagieren stark verlagert. Die Knochen wirken im VerhĂ€ltnis zur Grösse des A. sehr plump. An der WirbelsĂ€ule zeigt sich die typische spina bifida 8. »16 17 Gorlin, M. M. Cohen, R. C. M. Hennekam, Syndromes of the Head and Neck, Oxford, Oxford Unive ... 18 Cf. R. J. Oostra, B. Baljet, R. C. M. Hennekam, Congenital anomalies in the teratological collec ... 10Depuis lors, la momie nâa plus fait lâobjet dâĂ©tude ni de publication. Son Ă©tat de conservation a continuĂ© de se dĂ©tĂ©riorer Ă tel point quâaujourdâhui nâen subsiste plus quâune collection de fragments dont le plus grand correspond au bras gauche fig. 3. La figure 4 montre Ă quoi pouvait ressembler lâenfant Ă sa naissance. Les anencĂ©phales nâont pas de voĂ»te crĂąnienne et leur cerveau est rĂ©duit Ă une masse de tissus nĂ©crosĂ©s17. Une tĂȘte renversĂ©e, des yeux globuleux et lâabsence de front et de cou sont des traits caractĂ©ristiques. Lâillustration de Geoffroy Saint-Hilaire et la radiographie suggĂšrent que la momie SMB 724 avait une forme particuliĂšre dâanencĂ©phalie holoacrania avec rachischisis »18. Le crĂąne ne sâest pas formĂ© et la colonne vertĂ©brale est restĂ©e ouverte dans la rĂ©gion dorsale et prĂšs de la tĂȘte. Cette malformation nâest pas viable, et lâenfant fut soit mort-nĂ© ou mourut rapidement peu aprĂšs sa naissance. 3 - LâanencĂ©phale en 2004. Photo H. Kischkewitz, Berlin-Charlottenburg, Ăgyptisches Museum und Papyrussammlung. Le plus grand des fragments conservĂ©s. Il sâagit essentiellement dâune partie du bras gauche A. main ; B. coude ; C. haut du bras Regards Ă©gyptiens 19 Voir F. Drilhon, Un fĆtus humain dans un obĂ©lisque Ă©gyptien en bois », ArchĂ©ologie et mĂ©decine. ... 20 Cf. C. Andrews, Amulets of Ancient Egypt, London, British Museum Press, 1994, spĂ©c. p. 39-40 BĂšs ... 11Les premiers examens avaient fait apparaĂźtre plusieurs dĂ©tails inhabituels qui semblaient traduire le statut ambigu de lâenfant momifiĂ©, entre lâhomme et lâanimal. Alors que les membres des ĂȘtres humains sont allongĂ©s, mĂȘme au stade de fĆtus, le nouveau-nĂ© monstrueux Ă©tait en position accroupie, les mains posĂ©es sur les genoux, comme un cynocĂ©phale19. Il avait reçu le mĂȘme traitement quâun singe sans se soucier de ses anomalies, les embaumeurs avaient soigneusement Ă©viscĂ©rĂ© son crĂąne par le nez, alors que la tĂȘte ne contenait pas de matiĂšre cĂ©rĂ©brale. Comme un ĂȘtre humain, la momie portait une amulette en faĂŻence, mais dâun type particulier au lieu du dieu nain BĂšs, gardien des enfants, on lui avait joint une figurine en forme de babouin, assis dans la mĂȘme attitude que la momie fig. 1-520. 4 - Enfant anencĂ©phale. Amsterdam, musĂ©e Vrolik. Photo Jeremy Pollard mai 2003 21 J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 232-233. 22 Man nahm wohl an, die betreffende Frau habe einen Affen geboren », op. cit. 23 E. Martin, op. cit., 2002, p. 30. 12Ă. Geoffroy Saint-Hilaire en dĂ©duisit que lâenfant, exclu des sĂ©pultures humaines, avait Ă©tĂ© assimilĂ© Ă un animal. Le port de lâamulette le soulignait, par une sorte de comparaison entre lâinfĂ©rioritĂ© organique accidentelle de la monstruositĂ© embaumĂ©e, et lâinfĂ©rioritĂ© normale de lâĂȘtre le plus dĂ©gradĂ© parmi les animaux Ă face humaine »21. A. Erman affirme que lâon avait pensĂ© quâ» une femme avait accouchĂ© dâun singe »22. Pour E. Martin, lâanencĂ©phale constituait ainsi le tĂ©moignage irrĂ©futable de la croyance des Ăgyptiens dans lâorigine bestiale des ĂȘtres humains monstrueux »23. Les Anciens auraient identifiĂ© la crĂ©ature Ă un ĂȘtre nĂ© dâune femme, mais dont on regardait lâorigine comme bestiale ; on lâavait assimilĂ© Ă un animal, mais dâune espĂšce qui, dans la symbolique Ă©gyptienne, occupait le premier rang et dont la religion prescrivait de conserver pieusement les restes ; on lâavait, en un mot, honorĂ© comme un animal sacrĂ©. » 13Ce jugement, rĂ©guliĂšrement rĂ©pĂ©tĂ© dans les ouvrages de tĂ©ratologie, ne correspond toutefois pas aux croyances Ă©gyptiennes. Lâenfant ne fut pas considĂ©rĂ© Ă sa naissance comme un animal, et ne constitue pas un tĂ©moignage de zoolĂątrie. Ce point de vue plaque sur le monde Ă©gyptien des attitudes propres Ă dâautres pĂ©riodes. 24 Par ex. Pline, Histoire naturelle, ; Tite-Live, ; ; ValĂšre Maxime Sur le... 25 Pline, Histoire naturelle, 26 GĂ©nĂ©ration des Animaux, ; LucrĂšce, De la nature, 27 Soranos, Des maladies des femmes, ; D. Gourevitch, Se mettre Ă trois pour faire un bel enfa ... 14Dans la Rome rĂ©publicaine, diffĂ©rentes sources racontent lâenfantement dâune crĂ©ature animale ou hybride. Pline, Tite-Live, ValĂšre-Maxime et dâautres auteurs rapportent quâune femme aurait accouchĂ© dâune crĂ©ature avec une tĂȘte dâĂ©lĂ©phant atteint de cyclopie ?, dâun porc Ă tĂȘte humaine, ou dâun serpent24. DâĂgypte serait venu un mystĂ©rieux embryon dâhippocentaure que Pline lâAncien aurait pu observer, conservĂ© dans du miel sous le rĂšgne de lâempereur Claude. Ă la mĂȘme Ă©poque, un autre hippocentaure serait nĂ© et mort le mĂȘme jour en Thessalie25. Si lâopinion populaire y croit peut-ĂȘtre, les biologistes et mĂ©decins antiques rejettent lâexistence du mĂ©lange des espĂšces. Aristote, et Ă sa suite LucrĂšce, dĂ©montrent lâinvraisemblance de telles conceptions Ă cause des diffĂ©rents temps de gestation propres Ă chaque catĂ©gorie. Le veau Ă tĂȘte dâenfant, le mouton Ă tĂȘte de bĆuf ne sont jamais ce que lâon en dit, ils nâen nâont que la ressemblance »26. Les explications rationnelles attribuent la prĂ©sence de traits hybrides Ă lâeffet dâimpressions maternelles pendant la grossesse. Pour Soranos IIe s. apr. la naissance de crĂ©atures simiesques vient de la vision dâun singe, et il conseille aux femmes dâarriver sobres au rapport sexuel », parce que les visions extravagantes que procure lâivresse pourraient influencer la formation du fĆtus27. 28 P. Derchain, Anthropologie. Ăgypte pharaonique », in Y. Bonnefoy dir., Dictionnaire des mythol ... 15En Ăgypte ancienne, aucun rĂ©cit ne mentionne la naissance dâun animal issu dâune femme. Le fait que lâimagerie divine soit composite, mĂȘlant les espĂšces, nâimplique pas que les Ăgyptiens aient cru en lâexistence dâĂȘtres hybrides rĂ©els. Les formes mixtes constituent des signes picturaux ; elles rĂ©vĂšlent que le divin peut sâincarner dans des formes animales aussi bien quâhumaines. Ă chaque animal correspond une des facettes des pouvoirs du dieu, mais son aspect vĂ©ritable reste cachĂ©28. 29 Sur les compĂ©tences de Thot, voir par exemple D. Kurth, Thot », Lexikon der Ăgyptologie, VI, Wie ... 30 L. Lortet, C. Gaillard, La faune momifiĂ©e de lâancienne Ăgypte, IIe sĂ©rie, Archives du musĂ©um dâhi ... 16Rien ne permet donc dâaffirmer que la prĂ©sence de lâanencĂ©phale parmi les singes tient au fait que son apparence Ă©trange fut interprĂ©tĂ©e comme le rĂ©sultat de lâunion dâune femme et dâun animal. Les soins exceptionnels quâon lui a prodiguĂ©s peuvent aussi rĂ©sulter de lâaspect inachevĂ© de lâenfant, privĂ© de boĂźte crĂąnienne, les vertĂšbres ouvertes. Sa momification ne pourrait-elle exprimer le souci de lui permettre de terminer sa gestation et de se rĂ©gĂ©nĂ©rer dans lâau-delĂ ? Sa position accroupie et le port de lâamulette de singe le placent sous la protection de Thot, intimement liĂ© au concept de croissance et de complĂ©tude. DivinitĂ© lunaire, Thot prĂ©side aux phases de lâastre dont il assure la rĂ©gularitĂ© ; dans le mythe de lâĆil solaire, il guĂ©rit Horus, lâenfant par excellence, et rend Ă son Ćil blessĂ© sa perfection sous la forme symbolique de lâĆil oudjat29. Ce rapport Ă la complĂ©tude pourrait aussi expliquer la coutume de placer des fĆtus dans des sarcophages en forme de singe30. AssociĂ© Ă MaĂąt, Thot assure lâĂ©quilibre de lâunivers. Ă la Basse Ăpoque, ses compĂ©tences de dieu guĂ©risseur sâajoutent Ă celles de patron des magiciens sous la forme dâHermĂšs TrismĂ©giste. 31 S. Sauneron, J. Yoyotte, La naissance du monde selon lâĂgypte ancienne », La naissance du monde ... 32 Cf. lâenfant Ă face de grenouille nĂ© en 1517 ; A. ParĂ©, Des monstres et des prodiges, ch. IX, Ex ... 17LâanencĂ©phale ne fut probablement ni assimilĂ© Ă un singe, ni transformĂ© en singe, mais marquĂ© de la prĂ©sence dâun dieu lunaire bĂ©nĂ©fique, capable de le parfaire et de lâintĂ©grer Ă lâordre cosmique. Dâautres rĂ©fĂ©rences pourraient expliquer la prĂ©sence de la momie dans la nĂ©cropole dâHermopolis. Lâapparence incomplĂšte du nouveau-nĂ©, aux yeux globuleux et au crĂąne fuyant, Ă©voque certains aspects de la cosmogonie hermopolitaine oĂč des entitĂ©s composent une assemblĂ©e de huit dieux primordiaux31. Cette Ogdoade, formĂ©e de quatre couples, personnifie les forces obscures du chaos prĂ©cĂ©dant la crĂ©ation. Ă la Basse Ăpoque, ces dieux sont reprĂ©sentĂ©s comme des ĂȘtres semi-anthropomorphes, les hommes avec une tĂȘte de grenouille, les femmes avec une tĂȘte de serpent. AssociĂ© Ă un batracien, symbole de renaissance et de rĂ©surrection, lâanencĂ©phale Ă©tait symboliquement intĂ©grĂ© aux forces crĂ©atrices de lâunivers. Les spĂ©culations liant lâenfant Ă lâOgdoade et Ă Thot ont aussi pu se combiner32. Momies de fĆtus et de nouveau-nĂ©s 33 Je remercie C. Spieser de ces informations. Voir aussi E. Feucht, Der Weg ins Leben », in Dasen ... 34 J. Assman, Ăgyptische Hymnen und Gebete, Fribourg/Göttingen, UniversitĂ€tsverlag/Vandenhoeck & Rupr ... 35 Sur le rĂŽle protecteur dâAtoum, Khnoum, Chou E. Feucht, op. cit., 2004, p. 42-43. Serket C. Sp ... 36 V. Dasen, Dwarfs in Ancient Egypt and Greece, Oxford, Clarendon Press, 1993, spĂ©c. p. 52-53, 67-75 ... 18Le traitement exceptionnel de lâanencĂ©phale doit ĂȘtre replacĂ© dans le contexte plus large des soins rĂ©servĂ©s Ă lâenfant Ă naĂźtre et au nouveau-nĂ© en Ăgypte ancienne. De nombreuses divinitĂ©s Ă©taient invoquĂ©es pour assurer une grossesse et un accouchement rĂ©ussis. Perçu comme un ĂȘtre vivant, le fĆtus Ă©tait lâobjet de protections divines33. Dans lâhymne solaire dâAmarna, Aton doit ainsi apaiser les larmes dâun fĆtus qui Ă©prouve dĂ©jĂ des sentiments34. Ailleurs, Atoum promet Ă Isis de veiller sur lâenfant quâelle porte, Serket, Celle qui fait respirer », protĂšge la croissance de lâembryon, Khnoum sâoccupe de le façonner sur son tour et dâouvrir la matrice pour lâaccouchement35. Les dieux nains BĂšs, seigneur de la matrice », et Ptah-PatĂšque, aux proportions fĆtales, patronnent lâensemble du processus de la procrĂ©ation, de la grossesse Ă la naissance36. 37 Sur ces trouvailles, voir aussi J. Baines, P. Lacovara, Burial and the dead in ancient Egyptian ... 38 B. BruyĂšre, Rapport sur les fouilles de Deir el MĂ©dineh 1934-1935, II, La nĂ©cropole de lâest, Le ... 39 E. Feucht, op. cit., 2004, p. 128-130. Plus rarement, lâenfant se trouve avec le pĂšre, ou avec le ... 40 Louvre E 3708, N 3959 Basse Ă©poque ; Drilhon, op. cit., 1987, p. 503-506, fig. 4-6. 41 F. Filce Leek, The Human Remains from the Tomb of Tutâankhamun, Oxford, Griffith Institute, 1972, ... 42 Louvre, Coll. Rousset Bey, E 5723 n° 1945 ; Coll. Clot Bey, n° 4205, 1940 ; Lortet/ Gaillard, op. ... 19Des fĆtus ont reçu diffĂ©rents types de sĂ©pulture37. Ă Deir el-Medineh, la nĂ©cropole de lâest fut apparemment rĂ©servĂ©e aux enfants en bas Ăąge. B. BruyĂšre y dĂ©nombre plusieurs fĆtus et nouveau-nĂ©s simplement enveloppĂ©s dâun tissu et dĂ©posĂ©s dans une amphore ou un panier de vannerie38. Les enfants de lâĂ©lite Ă©taient parfois embaumĂ©s. La plupart ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s aux cĂŽtĂ©s de leur mĂšre, probablement morte en couches39, dâautres ont Ă©tĂ© conservĂ©s sĂ©parĂ©ment. Un fĆtus humain de 3 Ă 4 mois fut ainsi placĂ© dans un obĂ©lisque miniature en bois servant de pilier dorsal Ă une statue de Ptah-Sokar-Osiris ; ses membres Ă©taient dĂ©pliĂ©s, allongĂ©s le long du corps comme pour lâhumaniser40. Deux fĆtus de 5 mois et demi et de 7 mois furent retrouvĂ©s dans des sarcophages anthropoĂŻdes miniatures dans la tombe de Toutankhamon. Lâun dâeux montrait au niveau de des os une dĂ©formation de Sprengel, peut-ĂȘtre associĂ©e Ă dâautres malformations lĂ©tales41. Dâautres spĂ©cimens Ă©taient logĂ©s dans le dos de statues Ă lâimage du dieu BĂšs, garant de leur survie dans lâau-delĂ 42. 43 Lortet/ Gaillard, op. cit., 1907 et 1909. 44 G. E. Smith, The Royal Mummies, Le Caire, Institut français dâarchĂ©ologie orientale, 1912 CGC, p ... 20Parfois la frontiĂšre entre lâhomme et lâanimal est ambiguĂ«. Deux sarcophages ou statues en forme de babouin accroupi semblent avoir renfermĂ© un fĆtus dâenfant, Ă moins quâil ne sâagisse de jeunes singes aux membres disposĂ©s comme ceux dâun ĂȘtre humain, allongĂ©s le long du corps ou repliĂ©s sur la poitrine43. Ă lâinverse, la petite momie dĂ©posĂ©e dans le sarcophage de la princesse MaĂątkare-Moutemhet XXIe dynastie, ca 1020 av. fut longtemps prise pour celle de son nouveau-nĂ© jusquâau jour oĂč une radiographie permit de lâidentifier comme une femelle babouin Hamadryas, probablement lâanimal favori de la princesse44. Le traitement des nouveau-nĂ©s et des enfants anormaux 21Lâattitude religieuse des Ăgyptiens envers les enfants prĂ©sentant des malformations congĂ©nitales diffĂšre profondĂ©ment de celles dâautres peuples par sa capacitĂ© Ă corriger symboliquement une anomalie pour lâintĂ©grer dans lâordre du monde. Loin dâĂȘtre lâexpression dâune colĂšre divine, synonyme dâune souillure quâil faut Ă©liminer, ces naissances sont perçues comme la manifestation dâune prĂ©sence divine. 22Les prĂ©ceptes des moralistes conseillent dâaccepter avec rĂ©signation les imperfections corporelles. Au Nouvel-Empire, le sage AmĂ©nĂ©mopĂ© prĂ©conise dâĂȘtre charitable et de ne pas se moquer des infirmes Ne ris pas de lâaveugle ni ne te moque du nainNi ne rĂ©duis Ă rien la condition dâun te moque pas dâun homme qui est dans la main du dieu, 45 Trad. P. Vernus, Sagesses de lâĂgypte pharaonique, Paris, Imprimerie nationale, 2001, p. 324. Ni ne lui sois hostile jusquâĂ lâ est argile et paille,Le dieu est son dĂ©molit et re bĂątit quotidiennement. » XXIV, 8-1645 46 Dasen, op. cit., 1993, p. 50, fig. 47 M. de Rochemonteix, S. Cauville, D. Devauchelle, Le temple dâEdfou, I, Le Caire, Institut français ... 23Parmi les anomalies congĂ©nitales, le nanisme semble avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune sympathie particuliĂšre. DĂšs lâAncien Empire, les nains furent associĂ©s au symbolisme solaire grĂące Ă diffĂ©rents jeux de correspondances quâillustre un papyrus mythologique du Nouvel Empire46. Dans le disque solaire se tient le bĂ©lier, qui incarne le soleil Ă son coucher, et un nain qui remplace lâimage attendue du scarabĂ©e sacrĂ© KhĂ©pri, symbole du soleil levant comme lâindique lâhomophonie des mots kheprer, scarabĂ©e, et kheper, venir Ă lâexistence. Au jeu de mots sâajoute un jeu dâimages. Avec ses membres incurvĂ©s et son long torse, le nain prĂ©sente la mĂȘme silhouette que le scarabĂ©e, avec un gros abdomen et de petites pattes courbes. InachevĂ©, le nain va donc incarner dans la pensĂ©e religieuse Ă©gyptienne la notion de croissance, de rĂ©gĂ©nĂ©ration et de jeunesse Ă©ternelle. Un hymne du temple ptolĂ©maĂŻque dâEdfou dĂ©crit lâenfant Horus comme un nain Un lotus surgit dans lequel se trouvait un bel enfant qui illuminait la terre de ses rayons.... un bourgeon dans lequel se trouvait un nain »47. Cette identification sâexplique par lâapparence ambiguĂ« du nain, Ă la fois enfant et adulte, comme un jeune dieu Ă peine nĂ© mais dĂ©jĂ sage et savant. 24Deux petits dieux familiers tĂ©moignent de la valorisation du nain dans la religion et la magie Ă©gyptiennes. Le plus populaire est BĂšs, un nain trapu aux membres torses, avec une grosse tĂȘte Ă la langue pendante, auxquels sâajoutent les oreilles, la queue et mĂȘme la criniĂšre dâun lion. Son image apparaĂźt dĂšs le Moyen Empire vers 2040 av. jusquâĂ lâĂ©poque romaine sur une grande variĂ©tĂ© de supports, notamment des amulettes et des intailles magiques. Câest lâun des principaux gĂ©nies protecteurs de la famille ; avec la dĂ©esse Hathor et la dĂ©esse hippopotame Taouret, il Ă©carte les influences malignes des femmes enceintes et prĂ©side aux accouchements. Un autre dieu nain, nommĂ© conventionnellement Ptah-PatĂšque, apparaĂźt sous la forme dâamulettes dĂšs le Nouvel-Empire vers 1550 av. Comme BĂšs, ce petit dieu protĂšge les enfants de tout mal, en particulier des morsures et piqĂ»res dâanimaux dangereux. Sur certaines figurines, lâabsence de pilositĂ© et lâhypotrophie des traits faciaux Ă©voquent lâimage dâun fĆtus, peut-ĂȘtre pour signaler que la protection du dieu sâĂ©tendait Ă la femme enceinte et Ă lâembryon. 25Dans la vie quotidienne, des nains apparaissent dĂšs lâĂ©poque prĂ©dynastique dans lâentourage des grands dignitaires de la cour. Ils semblent avoir assumĂ© des tĂąches bien dĂ©finies, comme lâentretien des habits, des objets de toilette et la fabrication de bijoux. Ils sont parfois accompagnĂ©s par dâautres personnes avec des anomalies physiques. Dans la tombe de Baqt I Ă Beni Hassan Moyen Empire, XIe-XIIe dyn., 2040-1783 av. la suite du dĂ©funt est composĂ©e dâun nain, dâun bossu et dâun boiteux qui portent chacun le nom de leur malformation inscrit au-dessus de leur tĂȘte nmw, jw, dnb. Les nains ont aussi la garde des animaux favoris, gĂ©nĂ©ralement des singes cercopithĂšques et des chiens. Certains nains ont mĂȘme occupĂ© des fonctions importantes. Lâexemple le plus cĂ©lĂšbre est celui de Seneb qui reçut le privilĂšge dâĂȘtre enterrĂ© dans la nĂ©cropole royale de Gizeh Ve dyn., vers 2475 av. 48 Par ex. la momie dâenfant atteint dâosteogenesis imperfecta Nouvel empire ; H. K. Gray, Mummies ... 49 Histoire naturelle, 26Dâautres documents confirment que les enfants prĂ©sentant des anomalies physiques Ă la naissance avaient des chances de survivre et dâĂȘtre Ă©levĂ©s48. Adultes, ils nâĂ©taient pas exclus de la vie sociale et religieuse Ă cause de leur handicap. Câest dâailleurs en Ăgypte que lâon jugea bon, selon Pline lâAncien, dâĂ©lever un monstre portentum câĂ©tait un humain qui avait les deux yeux aussi derriĂšre la tĂȘte, mais qui ne voyaient pas »49. 27LâintĂ©gration rĂ©ussie des nains et dâautres infirmes dans la sociĂ©tĂ© Ă©gyptienne explique le soin particulier que reçut lâanencĂ©phale dâHermopolis. Contrairement Ă la MĂ©sopotamie voisine ou aux sociĂ©tĂ©s italique et romaine, la naissance dâun enfant difforme nây reprĂ©sentait pas un signe inquiĂ©tant pour les parents ou lâensemble de la communautĂ©. Ni bĂȘte, ni hybride, ni monstre, lâanencĂ©phale fut accueilli comme un ĂȘtre hors du commun, inachevĂ©, Ă lâimage des crĂ©atures divines des temps primordiaux, quâil fallait remettre Ă la protection du dieu Thot pour assurer sa finition. 50 I. E. S. Edwards, Hieratic Papyri in the British Museum, Fourth Series, Oracular Amuletic Decrees ... 28Le sort de cet enfant ne permet toutefois pas dâaffirmer que toutes les imperfections corporelles Ă©taient bien accueillies. Quelques documents laissent entrevoir une rĂ©alitĂ© plus complexe. Ainsi, un texte magique du VIIIe s. av. XXIIe ou XXIIIe dyn. Ă©numĂšre les motifs dâanxiĂ©tĂ© dâune femme enceinte. Il figure sur un petit papyrus que la future mĂšre portait autour du cou, glissĂ© dans un Ă©tui, en guise de talisman50. Le texte invoque protection contre toutes sortes dâinfluences nĂ©fastes. Trois malheurs notamment concernent le nouveau-nĂ© Nous la protĂ©gerons dâune naissance dâHorus une naissance prĂ©maturĂ©e ?, dâune fausse-couche, et de la naissance de jumeaux ». Le terme d3jt traduit par fausse-couche » pourrait aussi dĂ©signer une irrĂ©gularitĂ© », câest-Ă -dire une malformation de lâenfant. Les naissances gĂ©mellaires sont une autre cause de souci, probablement parce quâelles reprĂ©sentaient des naissances Ă risque, susceptibles de coĂ»ter la vie Ă la mĂšre et aux enfants. 29Des absences laissent supposer que les nouveau-nĂ©s prĂ©sentant des anomalies majeures Ă©taient discrĂštement supprimĂ©s Ă la naissance, mĂȘme si cette pratique Ă©tait officiellement dĂ©sapprouvĂ©e. On ne possĂšde ainsi pas de description ni de reprĂ©sentation Ă©gyptiennes dâĂȘtres humains atteints de graves malformations, privĂ©s dâun ou plusieurs membres, avec des parties surnumĂ©raires ou joints ensemble, comme les jumeaux siamois, qui tĂ©moigneraient de leur survie et de leur intĂ©gration. La mythologie Ă©gyptienne compte pourtant de nombreux monstres, mais ce sont toujours des ĂȘtres composites, formĂ©s de parties animales et humaines, sans rapport avec un Ă©tat pathologique rĂ©el. Le regard dâĂ. Geoffroy Saint-Hilaire 51 T. Appel, The Cuvier-Geoffroy Debate French Biology in the Decade before Darwin, Oxford, Oxford ... 30Ă. Geoffroy Saint-Hilaire chercha bien sĂ»r Ă deviner ce que cette momie monstrueuse avait pu signifier aux yeux des Ăgyptiens qui lâavaient faite, mais il Ă©tait avant tout un anatomiste. Bien quâil soit passĂ© Ă la postĂ©ritĂ© dâabord pour ses aphorismes et ses brillantes recherches dans le domaine de la zoologie, il Ă©tait aussi le fondateur de la tĂ©ratologie moderne, câest-Ă -dire, littĂ©ralement, de la science des monstres51. En particulier, câest en 1822 quâil publia le second volume de sa Philosophie Anatomique. Or, câest dans cet ouvrage quâil entreprit de classer systĂ©matiquement les difformitĂ©s congĂ©nitales, de rechercher par lâexpĂ©rimentation leurs causes, et quâil mit en relation la question des difformitĂ©s avec celle de la formation embryonnaire du corps humain normal ». Quatre ans plus tard, la momie monstrueuse lui fournit lâoccasion de se pencher Ă nouveau sur cette question. 31Pour Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, SMB Inv. Nr. 724 reprĂ©senta une sorte de triomphe taxonomique. Dans sa Philosophie Anatomique, il avait commencĂ© Ă classer les nouveau-nĂ©s monstrueux de la mĂȘme maniĂšre que les taxonomistes classaient les animaux. Il crĂ©a ainsi plusieurs petites familles » ou genres », Ă la maniĂšre linnĂ©enne. Un de ces groupes reunissait les cas du type AnencĂ©phale, quâil dĂ©crivait ainsi AnencĂ©phale TĂȘte sans cerveauPoint de cerveau ni de moelle Ă©piniĂšre ; la face et tous les organes des sens dans lâĂ©tat normal ; la boĂźte cĂ©rĂ©brale ouverte vers la ligne mĂ©diane, est composĂ©e de deux moitiĂ©s renversĂ©es et Ă©cartĂ©es de chaque cĂŽtĂ© en ailes de pigeon. 52 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822 ; 1825 ; I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1836 p. 61-68. 53 Voir bibliographie dans I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1836 ; p. 61-68 ; I. Geoffroy Saint-H ... 54 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 68. 32Cette description se basait sur plusieurs cas observĂ©s Ă Paris par Geoffroy. Il nâĂ©tait dâailleurs pas le seul, notait-il, Ă avoir observĂ© et rĂ©pertoriĂ© cette difformitĂ© particuliĂšre52 â mais il Ă©tait en revanche le premier Ă lui donner une place prĂ©cise dans une taxonomie qui considĂ©rait les nouveau-nĂ©s privĂ©s de tĂȘte comme un tout cohĂ©rent fig. 5. Dans des publications ultĂ©rieures sur lâanencĂ©phalie53, Geoffroy poussa plus loin la logique linnĂ©enne et dĂ©crivit 9 espĂšces » dâanencĂ©phales comme par exemple A. ichthyoĂŻdes, A. perforatus et A. mumia â la momie montrueuse54 Anenchephalus-MumiaCaract. spĂ©c. TĂȘte renversĂ©e en arriĂšre ; bouche bĂ©ante ; les sur-occipitaux fort Ă©cartĂ©s et maintenus Ă la hauteur de lâarticulation scapulo-humĂ©rale ; les corps vertĂ©braux autant hauts que larges. 55 I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1836, p. 63. 33Les distinctions entre les espĂšces » monstrueuses de Geoffroy reposaient sur des diffĂ©rences minimes quant au degrĂ© de difformitĂ© ; elles furent par consĂ©quent peu utilisĂ©es. Mais le principe linnĂ©en est restĂ© dâactualitĂ© dans les ouvrages rĂ©cents de tĂ©ratologie qui sont parfois organisĂ©s selon les axes de la taxonomie plus fine dâIsidore, le fils dâĂtienne Geoffroy Saint-Hilaire. Câest lui, en effet, dans son Histoire GĂ©nĂ©rale et ParticuliĂšre des Anomalies, qui plaça le genre anencĂ©phale » dans la famille des AnencĂ©phaliens », ordre des Monstres Autosites », classe des Monstres Unitaires » et enfin, embranchement des Anomalies Complexes »55. 34Ces projets taxonomiques imposaient un ordre, si arbitraire soit-il, sur une partie de la Nature qui en avait manquĂ© jusque-lĂ , â une partie, qui plus est, dans laquelle le dĂ©sordre rĂ©gnait en maĂźtre. Pour Geoffroy pĂšre, dĂ©couvrir que son systĂšme fonctionnait sur un nouveau-nĂ© de 2000 ans Ă©tait la preuve mĂȘme de sa validitĂ© universelle. 5 - Nouveau-nĂ©s anencĂ©phales. DâaprĂšs Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, Philosophie anatomique, Paris, Deville-Cavellin, 1822, pl. IV premiĂšre description du genus AnencĂ©phale ». 1 et 2 vues latĂ©rale et dorsale de lâenfant ; 3 "NotencĂ©phale" ; 4-8 parties du squelette 56 I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822, p. 523-529. 35Mais Geoffroy ne voulait pas seulement classer les difformitĂ©s, il voulait en expliquer la genĂšse. Dans la Philosophie Anatomique, il suggĂšre quâune forme particuliĂšre dâanencĂ©phalie a pu ĂȘtre causĂ©e par un retardement de dĂ©veloppement », imputable Ă des lĂ©sions subies au premier stade de la vie embryonnaire, et causĂ©es par le surmenage de la mĂšre pendant sa grossesse56. Assez curieusement, Geoffroy ne fait aucun commentaire sur les causes de lâanencĂ©phalie de la momie ; il semble juste considĂ©rer comme admis que ce sont des causes identiques aux causes actuelles qui ont pu jouer deux ou trois mille ans auparavant ». 36Geoffroy saisit en tout cas lâoccasion fournie par SMB Inv. Nr. 724 pour rĂ©affirmer quelques-unes de ses pensĂ©es favorites concernant les mĂ©canismes de lâontogenĂšse humaine. Il commence par le faire dans un exposĂ© Ă lâAcadĂ©mie des sciences 57 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825. On sâest plus occupĂ© des AnencĂ©phalies que des autres cas de monstruositĂ©s lâabsence de tout le systĂšme mĂ©dullaire cĂ©rĂ©bro-spinal a paru, en effet, une singularitĂ© du plus haut intĂ©rĂȘt dâabord pendant le rĂšgne du cartĂ©sianisme, comme fournissant un fait contraire Ă lâhypothĂšse que des esprits animaux sâengendraient dans le cerveau, et tout rĂ©cemment, depuis quâa paru la loi du dĂ©veloppement excentrique des organes, loi reconnue et posĂ©e par le docteur Serres, cette absence Ă©tant opposĂ©e aux opinions reçues, que les nerfs naissent des parties mĂ©dullaires contenues dans les Ă©tuis crĂąnien et vertĂ©bral. »57 58 Descartes, La description du corps humain ; De la formation de lâanimal », 1648, in C. Adam, P. ... 59 I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822. 37La premiĂšre affirmation renvoie Ă lâidĂ©e de Descartes selon laquelle les esprits animaux » â un fluide mystĂ©rieux issu du sang â naissaient dans le cerveau et se rĂ©pandaient par les nerfs jusquâaux extrĂ©mitĂ©s, pour y provoquer le mouvement et en assurer le dĂ©veloppement58. Les anencĂ©phales infirmaient cette doctrine, puisque, quoique dĂ©pourvus de cerveau, ils Ă©taient par ailleurs complĂštement constituĂ©s59. 60 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822, p. 88-89. 61 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822, p. 88. 38La deuxiĂšme dĂ©claration, concernant la loi du dĂ©veloppement excentrique », nous amĂšne au cĆur mĂȘme de la Philosophie anatomique de Geoffroy. Il sâagissait dâune sĂ©rie de lois permettant selon lui dâexpliquer la diversitĂ© anatomique offerte par le monde animal et son origine dans lâĆuf ou la matrice60. Ces lois pouvaient expliquer les formes prises par les individus monstrueux, et les individus monstrueux pouvaient, en retour, servir Ă confirmer leur validitĂ©. Pour Geoffroy, ses lois constituaient un vĂ©ritable instrument de dĂ©couvertes »61 â Ă lâinstar de son disciple Ătienne Serres, qui avait baptisĂ© ce systĂšme lâanatomie transcendante ». 62 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822 ; 1825 ; 1826. 63 De Beer, op. cit., 1937, p. 7-15. 64 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822 ; 1825, 373-375. 65 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 371-372. 66 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 388. 39Dans une sĂ©rie dâarticles62, Geoffroy montre comment les nouveaux nĂ©s anencĂ©phales et plus particuliĂšrement SMB Inv. Nr. 724, confirment ou infirment un certain nombre de thĂ©ories concernant le dĂ©veloppement et lâidentitĂ© des organes. Selon une de ces thĂ©ories, avancĂ©e Ă la fois par Goethe, Oken, Geoffroy et dâautres, le crĂąne est composĂ© dâune sĂ©rie de vertĂšbres modifiĂ©es63. Les anencĂ©phales, avance-t-il, permettent de voir les morceaux du crĂąne comme des os sĂ©parĂ©s, lĂ oĂč ils seraient normalement fusionnĂ©s â rĂ©vĂ©lant ainsi leur vraie nature64. La spina bifida des anencĂ©phales fournit ainsi Ă Geoffroy lâoccasion dâĂ©laborer une autre thĂ©orie selon laquelle la plupart des organes se dĂ©veloppent dâabord comme des primordia distincts Ă©lĂ©ments primitifs, qui fusionnent ensuite sous lâeffet dâune force attractive inhĂ©rente, un processus en lâespĂšce interrompu, laissant la colonne vertĂ©brale divisĂ©e en deux65. Cette idĂ©e allait devenir sa loi dâaffinitĂ© de soi pour soi », une sorte de loi universelle de lâattraction expliquant non seulement les formes de dĂ©veloppement organiques mais bien dâautres encore, et qui devait sans doute beaucoup Ă la notion dâ affinitĂ©s Ă©lectives » de Goethe. Le dĂ©doublement de la colonne vertĂ©brale autorise Ă©galement Geoffroy Ă faire allusion au passage Ă lâune des ses idĂ©es favorites, Ă savoir que les squelettes des vertĂ©brĂ©s peuvent ĂȘtre rapprochĂ©s des exosquelettes des crustacĂ©s et des insectes fig. 1. Dans la lĂ©gende dâune figure dĂ©crivant A. perforatus, il note que sa spina bifida provient dâune sĂ©paration des Ă©lĂ©ments vertĂ©braux comme dans le cas des CrustacĂ©s et des Insectes »66. 67 E. Serres, Recherches dâanatomie transcendante et pathologique. ThĂ©orie des formations et des dĂ©fo ... 68 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 381-386. 40Rien de tout cela ne pouvait ĂȘtre dĂ©duit de SMB Inv. Nr. 724, dont le squelette ne pouvait ĂȘtre atteint sans dommage. Aussi peu claire est sa dĂ©monstration de la loi du dĂ©veloppement excentrique » qui proclamait de façon gĂ©nĂ©rale que les organes trouvaient leur origine dans divers primordia qui se dĂ©veloppaient ensuite vers lâintĂ©rieur avant de fusionner67, et en particulier que les nerfs spinaux se dĂ©veloppaient des extrĂ©mitĂ©s vers le cordon mĂ©dullaire plutĂŽt que lâinverse. De façon plus convaincante, Geoffroy se sert de SMB Inv. Nr. 724 pour critiquer lâidĂ©e courante dâalors selon laquelle les organes gĂ©nitaux masculins reprĂ©sentent une sorte dâextension des organes gĂ©nitaux fĂ©minins. Si tel Ă©tait le cas, raisonne-t-il, et compte tenu du fait que lâanencĂ©phalie rĂ©sulte dâun arrĂȘt du dĂ©veloppement global, on devrait nâen trouver que des nouveau-nĂ©s fĂ©minins68. Or, SMB Inv. Nr. 724 est un mĂąle. Il est donc plus vraisemblable dâimaginer que les organes gĂ©nitaux fĂ©minins et masculins ont un dĂ©veloppement indĂ©pendant â ce qui correspond peu ou prou Ă nos conceptions actuelles. De lâutilitĂ© du monstre aujourdâhui 69 L. D. Botto et al., Neural tube defects », New England Journal of Medicine, 341, 1999, p. 1509-1 ... 41Dans les travaux modernes de tĂ©ratologie, lâanencĂ©phalie est gĂ©nĂ©ralement regroupĂ©e avec la Spina Bifida sous un syndrome unique ASB », dans la mesure oĂč les caractĂ©ristiques de ces difformitĂ©s se confondent. Câest une des tares congĂ©nitales les plus communes, affectant 1 naissance pour 1 000 aux Ătats Unis, mais lâincidence de cette difformitĂ© varie du simple au quintuple selon la gĂ©ographie, la race et le niveau socio-Ă©conomique69. 70 J. Coppa, Greene, J. N. Murdoch, The genetic basis of mammalian neurulation », Nature Gen ... 71 M. Lucock, Folic Acid nutritional biochemistry, molecular biology and role in disease processe ... 42Lâopinion de Geoffroy selon laquelle lâanencĂ©phalie serait due Ă un retard de dĂ©veloppement causĂ© par le travail de la mĂšre aux premiers mois de la grossesse nâest plus soutenable aujourdâhui. Mais les causes de lâASB ainsi que les variations de sa frĂ©quence dans la population restent obscures. On connaĂźt de rares mutations entraĂźnant des cas dâASB, soit chez lâhomme, soit chez la souris, mais elles ne sont pas la cause de la plupart dâentre eux70. Ce trouble semble au contraire rĂ©sulter de lâinteraction de plusieurs facteurs de risques environnementaux et gĂ©nĂ©tiques mal dĂ©finis. Un de ces facteurs est la carence en folate ou en vitamine B. Personne ne sait comment cette carence entraĂźne lâĂ©chec de la soudure du canal neural, mais il est clair que lâadministration dâacide folique pendant la grossesse permet de prĂ©venir efficacement lâASB71. 72 A. M. Leroi, Mutants On the Form, Variety and Errors of the Human Body, London, Harper Collins, ... 43Comme le pressentait Geoffroy, lâASB trouve son origine dans les dĂ©buts de lâembryogenĂšse. Dix-neuf jours environ aprĂšs la conception, une zone de tissu nerveux se forme le long du dos de lâembryon. Affectant la forme dâune feuille de tulipe, cette zone tissulaire est dâabord plate. Plus tard, toutefois, elle se replie longitudinalement pour former un canal. Les bords de ce canal se collent ensuite au sommet pour former un tube creux qui court tout le long de lâembryon les futurs cordon mĂ©dullaire et cerveau72. Le scellement, ou fermeture », du canal neural semble ĂȘtre une opĂ©ration dĂ©licate, qui peut frĂ©quemment Ă©chouer. Le rĂ©sultat est alors un canal neural ouvert, une colonne vertĂ©brale ouverte ou mĂȘme un cerveau et une voĂ»te crĂąnienne bĂ©ants. 73 G. R. De Beer, The Development of the Vertebrate Skull, Oxford, Clarendon, 1937. 74 T. Appel, The Cuvier-Geoffroy Debate French Biology in the Decade before Darwin, Oxford, Oxford ... 75 B. I. Balinsky, An Introduction to Embryology, Philadelphia, W. B. Saunders, 1965 2e Ă©d., p. 351 ... 44Bien peu de thĂ©ories spĂ©cifiques de lâanatomie transcendantale ont passĂ© lâĂ©preuve du temps. La thĂ©orie vertĂ©brale du crĂąne a Ă©tĂ© anĂ©antie par Thomas Henry Huxley en 185873 ; lâidĂ©e de Geoffroy selon laquelle les squelettes des vertĂ©brĂ©s et des crustacĂ©s Ă©taient homologues lui est restĂ©e personnelle74 ; de mĂȘme, les nerfs spinaux ne prennent pas naissance dans la moelle, mais dans une sĂ©rie de ganglions spinaux en direction des extrĂ©mitĂ©s quâils innervent75. 76 T. Lufkin et al., Homeotic transformation of the occipital bones of the skull by ectopic express ... 77 B. I. Balinsky, op. cit., p. 351-352. 45Ceci dit, Ă la dĂ©charge de Geoffroy, beaucoup de ses thĂ©ories ont au moins un fond de vĂ©ritĂ©. Bien que lâensemble du crĂąne ne soit pas constituĂ© de vertĂšbres modifiĂ©es, la perturbation dâun gĂšne HOX chez les souris montre que lâos occipital celui qui intĂ©ressait particuliĂšrement Geoffroy chez ses nouveau-nĂ©s monstrueux peut se transformer en vertĂšbres76 ; la spina bifida rĂ©sulte en effet dâun dĂ©faut dâattraction », ou si lâon prĂ©fĂšre la terminologie actuelle, dâadhĂ©sion cellulaire ; alors que les nerfs peuvent trouver leur origine dans le ganglion spinal, les ganglions spinaux ne proviennent pas directement de la moelle Ă©piniĂšre, mais plutĂŽt de cellules de crĂȘtes neuronales ayant subi une migration Ă©laborĂ©e Ă partir dâautres localisations77. 46VoilĂ qui concorde grosso modo avec la loi du dĂ©veloppement excentrique », du moins dans la mesure oĂč elle conçoit la formation du corps comme rĂ©sultant de migrations et de fusions cellulaires et tissulaires diverses. 78 A. Leroi, op. cit., 2004. 47En outre, alors que les thĂ©ories de lâanatomie transcendantale dĂ©rivent invariablement vers des gĂ©nĂ©ralitĂ©s â certes pourvues dâun peu de vĂ©ritĂ© mais incapables de restituer les subtilitĂ©s du dĂ©veloppement organique, lâattitude de Geoffroy frappe par sa modernitĂ©. Ainsi en est-il de sa quĂȘte dâune preuve des lois » de la fabrication du corps dans les nouveau-nĂ©s monstrueux les gĂ©nĂ©ticiens modernes cherchent eux aussi dans les difformitĂ©s la logique molĂ©culaire des programmes du dĂ©veloppement mais en se servant de mutants produits Ă partir dâanimaux de laboratoire comme les vers, les mouches et les souris. Alors quâon dĂ©couvre un nombre sans cesse croissant de mutations humaines responsables de difformitĂ©s congĂ©nitales, il devient toutefois Ă©vident que celles-ci peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour dĂ©construire et comprendre la formation du corps78. 79 OMIM. Sept. 2004. Online Mendelian Inheritance in ... 48Au moment oĂč nous Ă©crivons le 10 septembre 2004, on a ainsi identifiĂ© les mutations responsables de la perturbation de 1 622 gĂšnes causant des difformitĂ©s congĂ©nitales79. Quand les gĂšnes responsables de lâanencĂ©phalie seront identifiĂ©s â et ils le seront Ă coup sĂ»r, ils lĂšveront un peu le voile sur le programme gĂ©nĂ©tique qui Ă©labore la structure la plus complexe du corps humain, le cerveau. Conclusion 80 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1826, p. 233. 81 Nous remercions Dr. Hannelore Kischkewitz de lâĂgyptisches Museum und Papyrussammlung Ă Berlin pou ... 49De lâancienne Ăgypte Ă lâĂ©poque contemporaine, le destin Ă©trange de lâanencĂ©phale fut de rĂ©vĂ©ler les lois cachĂ©es du monde. Loin de lâinterprĂ©ter comme une rupture effrayante de lâordre cosmique, les Ăgyptiens le classĂšrent parmi les ĂȘtres en formation et le marquĂšrent de lâempreinte du dieu Thot, capable de le rĂ©gĂ©nĂ©rer. Tenu de naĂźtre et de mourir au mĂȘme moment »80, son existence Ă©phĂ©mĂšre Ă©pargna Ă ses semblables toute exhibition. Pour les tĂ©ratologues et biologistes du XIXe siĂšcle et dâaujourdâhui, lâanencĂ©phale dĂ©montre la qualitĂ© du monstre » comme instrument de dĂ©couvertes », dont les Ă©carts permettent de saisir la structure du vivant81. Notes 1 Ă cĂŽtĂ© de lâibis, plus de trente espĂšces dâoiseaux ont ainsi Ă©tĂ© identifiĂ©es par J. Boessneck et A. von den Driesch in J. Boessneck Ă©d., Tuna el-Gebel I, Die Tiergalerien, Hildesheim, Gerstenberg, 1987, p. 56-202. 2 J. Passalacqua, Catalogue raisonnĂ© et historique des antiquitĂ©s dĂ©couvertes en Ăgypte, Paris, Galeries dâantiquitĂ©s Ă©gyptiennes, 1826, p. 148-149. 3 J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 230 ; D. Kessler, Forschungsstand bis 1983 », in J. Boessneck, op. cit., 1987, p. 6 ; D. Kessler, Die Galerie C von Tuna el-Gebel », Mitteilungen des Deutschen ArchĂ€ologischen Instituts, Abteilung Kairo, 39, 1983, p. 107-124. 4 D. Kessler, A. El Halim Nurredin, Der Tierfriedhof von Tuna el-Gebel, Stand der Grabungen bis 1993 », Antike Welt, 25, 1994, p. 252-266. 5 D. Kessler, Die heiligen Tiere und der König, I, BeitrĂ€ge zu Organisation, Kult und Theologie der spĂ€tzeitlichen Tierfriedhöfe, Wiesbaden, Harrassowitz, 1989, spĂ©c., p. 194-219 ; id. Tierkult », Lexikon der Ăgyptologie, VI, Wiesbaden, Harrassowitz, 1986, col. 571-587 ; id. Tuna el Gebel », ibid., col. 797-804. 6 D. Kessler, op. cit., 1987, p. 12 ; D. Kessler, A. El Halim Nurredin, op. cit., p. 262, fig. 14. 7 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire in J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 230. 8 I. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire gĂ©nĂ©rale et particuliĂšre des anomalies de lâorganisation chez lâhomme et les animaux, Paris, BailliĂšre, 1832-1836. 9 Histoire des Monstres, Paris, Reinwald, 1880 ; rééd. Grenoble, JĂ©rĂŽme Millon, 2002, p. 29-30. 10 Monstres. Histoire du corps et de ses dĂ©fauts, Paris, Syros, 1991, p. 26-28. 11 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, Description dâun monstre humain nĂ© avant lâĂšre chrĂ©tienne et considĂ©rations sur le caractĂšre des monstres dits AnencĂ©phales », Annales des Sciences Naturelles, 6, 1825, p. 357-388, pl. 18. ; id. Communication faite Ă lâAcadĂ©mie royale des Sciences », in J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 231-233. 12 W. R. Dawson, E. P. Uphill, M. L. Bierbrier, Who was who in Egyptology, London, Egypt Exploration Society, 1995 3e Ă©d., p. 321. 13 A. Erman, AusfĂŒhrliches Verzeichnis der Ăgyptischen AltertĂŒmer und GipsabgĂŒsse, Berlin, W. Spemann, 1899, p. 314. Trad. Momie dâun fĆtus mal formĂ© qui Ă©tait enterrĂ© dans une tombe de singe Ă Schmun, avec dans ses bandelettes la figurine en faĂŻence dâun singe accroupi. On a donc supposĂ© que la femme concernĂ©e avait accouchĂ© dâun singe ». 14 Communication du Dr. H. Kischkewitz. 15 Lettre du 16 Trad. Constat radiologique de lâanencĂ©phale objet 724. Ăge de dĂ©veloppement environ 7 mois. En raison de la position assise forcĂ©e lâa. est difficile Ă interprĂ©ter du point de vue radiologique. On remarque que la mĂąchoire infĂ©rieure 1 manque, dâoĂč lâaspect de tĂȘte dâoiseau de la partie supĂ©rieure de la face. CavitĂ©s orbitales anormalement grandes 2. Selon la radiographie, la mĂąchoire infĂ©rieure a pu Ă©ventuellement ĂȘtre rabattue vers le bas pour reposer sur la paroi ventrale du thorax 3. Il nâest cependant pas exclu que la mĂąchoire infĂ©rieure ait manquĂ©. Ă la place de la calotte crĂąnienne inachevĂ©e on trouve des dĂ©formations osseuses 4. Les vertĂšbres cervicales sont recourbĂ©es en forme de crosse 5. Les os tendres du spĂ©cimen ont probablement Ă©tĂ© fortement fracturĂ©s lors de la momification et au cours de la mise en position assise ; câest ainsi que lâon observe nettement une fracture de lâos du fĂ©mur 6. En outre les os du tibia ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s du squelette du pied 7 avec brutalitĂ© et partiellement fracturĂ©s. Les os des extrĂ©mitĂ©s supĂ©rieures ont Ă©tĂ© Ă©galement fortement disloquĂ©s lors du bandelettage. Les os paraissent trĂšs Ă©pais par rapport Ă la taille de lâa. La colonne vertĂ©brale prĂ©sente la spina bifida typique 8 ». 17 Gorlin, M. M. Cohen, R. C. M. Hennekam, Syndromes of the Head and Neck, Oxford, Oxford University Press, 2001 4e Ă©d.. 18 Cf. R. J. Oostra, B. Baljet, R. C. M. Hennekam, Congenital anomalies in the teratological collection of the Museum Vrolik in Amsterdam, The Netherlands. IV Closure Defects of the Neural Tube », American Journal of Medical Genetics, 80, 1998, p. 60-73. 19 Voir F. Drilhon, Un fĆtus humain dans un obĂ©lisque Ă©gyptien en bois », ArchĂ©ologie et mĂ©decine. VIIe rencontres internationales dâarchĂ©ologie et dâhistoire, Antibes, Octobre 1986, Juan-les-Pins, APDCA, 1987, p. 499-521. 20 Cf. C. Andrews, Amulets of Ancient Egypt, London, British Museum Press, 1994, spĂ©c. p. 39-40 BĂšs, p. 49, p. 66-67 singe. 21 J. Passalacqua, op. cit., 1826, p. 232-233. 22 Man nahm wohl an, die betreffende Frau habe einen Affen geboren », op. cit. 23 E. Martin, op. cit., 2002, p. 30. 24 Par ex. Pline, Histoire naturelle, ; Tite-Live, ; ; ValĂšre Maxime Sur le topos littĂ©raire du serpent, voir A. AllĂ©ly, Les enfants mal formĂ©s et considĂ©rĂ©s comme prodigia Ă Rome et en Italie sous la RĂ©publique », Revue des Ătudes Anciennes, 105 1, 2003, p. 144. 25 Pline, Histoire naturelle, 26 GĂ©nĂ©ration des Animaux, ; LucrĂšce, De la nature, 27 Soranos, Des maladies des femmes, ; D. Gourevitch, Se mettre Ă trois pour faire un bel enfant, ou lâimprĂ©gnation par le regard », LâĂ©volution psychiatrique, 52 2, 1987, p. 559-563. Sur lâinscription de cette croyance dans la longue durĂ©e, P. Darmon, Le mythe de la procrĂ©ation Ă lâĂąge baroque, Paris, Seuil, 1981, p. 158-178. 28 P. Derchain, Anthropologie. Ăgypte pharaonique », in Y. Bonnefoy dir., Dictionnaire des mythologies, Paris, Flammarion, 1981, p. 87-95 ; D. Meeks, Zoomorphie et image des dieux dans lâĂgypte ancienne », in C. Malamoud, Vernant dir., Le corps des dieux, Le temps de la rĂ©flexion VIII, Paris, Gallimard, 1986, p. 171-191 ; E. Hornung, Les dieux de lâĂgypte. Le un et le multiple, Paris, 1986. HĂ©rodote ne sây trompe pas en affirmant que les Ăgyptiens ne croient pas que le dieu de MendĂšs Pan/Khnoum a une tĂȘte de bouc, mĂȘme sâils le figurent ainsi. 29 Sur les compĂ©tences de Thot, voir par exemple D. Kurth, Thot », Lexikon der Ăgyptologie, VI, Wiesbaden, Harrassowitz, 1986, col. 498-523, spĂ©c. 505-509, sur ses rapports au cycle lunaire, Ă la mĂ©decine et Ă la magie. 30 L. Lortet, C. Gaillard, La faune momifiĂ©e de lâancienne Ăgypte, IIe sĂ©rie, Archives du musĂ©um dâhistoire naturelle de Lyon, IX, Lyon, H. Georg, 1907, p. 32-38 momies de singes ? ; id., X, 1909, p. 188-189 nouvelle interprĂ©tation momies de fĆtus humain ?. 31 S. Sauneron, J. Yoyotte, La naissance du monde selon lâĂgypte ancienne », La naissance du monde Sources Orientales I, Paris, Seuil, 1959, p. 52-67. 32 Cf. lâenfant Ă face de grenouille nĂ© en 1517 ; A. ParĂ©, Des monstres et des prodiges, ch. IX, Exemple des monstres qui se font par imagination », GenĂšve, Droz, 1971, fig. 28 le jour la conception, la mĂšre a tenu une grenouille dans la main pour guĂ©rir une fiĂšvre. 33 Je remercie C. Spieser de ces informations. Voir aussi E. Feucht, Der Weg ins Leben », in Dasen V. Ă©d., Naissance et petite enfance dans lâAntiquitĂ©, Actes du colloque de Fribourg, 28 novembre-1er dĂ©cembre 2001, Fribourg/Göttingen, Academic Press/Vandenhoeck Ruprecht, 2004, p. 33-54 ; C. Spieser, Femmes et divinitĂ©s enceintes dans lâĂgypte du Nouvel Empire », ibid., p. 55-70. 34 J. Assman, Ăgyptische Hymnen und Gebete, Fribourg/Göttingen, UniversitĂ€tsverlag/Vandenhoeck & Ruprecht, 1999, p. 219, n° 92, 1. 62. 35 Sur le rĂŽle protecteur dâAtoum, Khnoum, Chou E. Feucht, op. cit., 2004, p. 42-43. Serket C. Spieser, Serket, protectrice des enfants Ă naĂźtre et des dĂ©funts Ă renaĂźtre », Revue dâĂgyptologie, 52, 2001, p. 251-264. De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, C. Spieser, Les dieux et la naissance dans lâĂgypte ancienne, in Dasen V. Ă©d., Regards croisĂ©s sur la naissance et la petite enfance. Actes du cycle de confĂ©rences NaĂźtre en 2001 », Fribourg, Ăditions universitaires, 2002, p. 285-296. 36 V. Dasen, Dwarfs in Ancient Egypt and Greece, Oxford, Clarendon Press, 1993, spĂ©c. p. 52-53, 67-75, 84-98 ; ead., Der Gott Bes und die Zwergin. Eine Figur zum Schutz der Mutterschaft », in S. Bickel Ă©d., In Ăgyptischer Gesellschaft. Aegyptiaca der Sammlungen Bibel + Orient der UniversitĂ€t Freiburg, Freiburg, Academic Press, 2004, p. 64-69. 37 Sur ces trouvailles, voir aussi J. Baines, P. Lacovara, Burial and the dead in ancient Egyptian society. Respect, formalism, respect », Journal of Social archaeology, 2 1, 2002, p. 5-36, spĂ©c. 14. 38 B. BruyĂšre, Rapport sur les fouilles de Deir el MĂ©dineh 1934-1935, II, La nĂ©cropole de lâest, Le Caire, Institut français dâarchĂ©ologie orientale, 1937 FIFAO 15, p. 11-15. Voir aussi E. Feucht, op. cit., 2004, p. 128, n. 632. 39 E. Feucht, op. cit., 2004, p. 128-130. Plus rarement, lâenfant se trouve avec le pĂšre, ou avec le couple ; ibid., p. 130. 40 Louvre E 3708, N 3959 Basse Ă©poque ; Drilhon, op. cit., 1987, p. 503-506, fig. 4-6. 41 F. Filce Leek, The Human Remains from the Tomb of Tutâankhamun, Oxford, Griffith Institute, 1972, p. 21-23 ; Drilhon, op. cit., 1987, p. 512-514. 42 Louvre, Coll. Rousset Bey, E 5723 n° 1945 ; Coll. Clot Bey, n° 4205, 1940 ; Lortet/ Gaillard, op. cit., IX, p. 201-205. 43 Lortet/ Gaillard, op. cit., 1907 et 1909. 44 G. E. Smith, The Royal Mummies, Le Caire, Institut français dâarchĂ©ologie orientale, 1912 CGC, p. 98-101 n° 61088-61089 ; R. B. Partridge, Faces of Pharaohs. Royal Mummies and Coffins from Ancient Thebes, London, The Rubicon Press, 1994, p. 195-197, fig. 174 ; F. Dunand, R. Lichtenberg, Les momies et la mort en Ăgypte, Paris, Errance, 1998, p. 145 et 242. 45 Trad. P. Vernus, Sagesses de lâĂgypte pharaonique, Paris, Imprimerie nationale, 2001, p. 324. 46 Dasen, op. cit., 1993, p. 50, fig. 47 M. de Rochemonteix, S. Cauville, D. Devauchelle, Le temple dâEdfou, I, Le Caire, Institut français dâarchĂ©ologie orientale, 1984 2e Ă©d., p. 289, pl. XXIXb. 48 Par ex. la momie dâenfant atteint dâosteogenesis imperfecta Nouvel empire ; H. K. Gray, Mummies and Human Remains. Catalogue of Egyptian Antiquities in the British Museum, I, London, 1968, p. 13-13, n° 24 ; Dasen, op. cit., 1993, p. 19-20, 323, cat. S 18. Voir aussi Ă Deir el-Medineh le sarcophage du petit Itiky prĂ©sentant des anomalies du squelette une forme de nanisme ? ; BruyĂšre, op. cit., 1937, p. 14. 49 Histoire naturelle, 50 I. E. S. Edwards, Hieratic Papyri in the British Museum, Fourth Series, Oracular Amuletic Decrees of the Late New Kingdom, London, British Museum, 1960, p. 65-67 ; Dasen, op. cit., 1993, p. 99. 51 T. Appel, The Cuvier-Geoffroy Debate French Biology in the Decade before Darwin, Oxford, Oxford University Press, 1987 ; H. Le Guyader, Geoffroy Saint-Hilaire un naturaliste visionnaire, Paris, Belin, 1998. 52 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822 ; 1825 ; I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1836 p. 61-68. 53 Voir bibliographie dans I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1836 ; p. 61-68 ; I. Geoffroy Saint-Hilaire, Vie, travaux et doctrine scientifique dâĂ. Geoffroy Saint-Hilaire, Paris, Strasbourg, P. Bertrand-Levrault, 1847, p. 459-464. 54 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 68. 55 I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1836, p. 63. 56 I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822, p. 523-529. 57 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825. 58 Descartes, La description du corps humain ; De la formation de lâanimal », 1648, in C. Adam, P. Tannerry Ă©d., Ćuvres de Descartes, Paris, Vrin, 1974. 59 I. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822. 60 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822, p. 88-89. 61 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822, p. 88. 62 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822 ; 1825 ; 1826. 63 De Beer, op. cit., 1937, p. 7-15. 64 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1822 ; 1825, 373-375. 65 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 371-372. 66 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 388. 67 E. Serres, Recherches dâanatomie transcendante et pathologique. ThĂ©orie des formations et des dĂ©formations organiques, appliquĂ©e Ă lâanatomie de Christina, et de la duplicitĂ© monstrueuse, Paris, Firmin Didot, 1832, p. 4. 68 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1825, p. 381-386. 69 L. D. Botto et al., Neural tube defects », New England Journal of Medicine, 341, 1999, p. 1509-1519. 70 J. Coppa, Greene, J. N. Murdoch, The genetic basis of mammalian neurulation », Nature Genetics Reviews, 4, 2003, p. 784-793. 71 M. Lucock, Folic Acid nutritional biochemistry, molecular biology and role in disease processes », Molecular Genetics and Metabolism, 71, 2000, p. 121-138. 72 A. M. Leroi, Mutants On the Form, Variety and Errors of the Human Body, London, Harper Collins, 2004. 73 G. R. De Beer, The Development of the Vertebrate Skull, Oxford, Clarendon, 1937. 74 T. Appel, The Cuvier-Geoffroy Debate French Biology in the Decade before Darwin, Oxford, Oxford University Press, 1987 ; H. Le Guyader, op. cit. 75 B. I. Balinsky, An Introduction to Embryology, Philadelphia, W. B. Saunders, 1965 2e Ă©d., p. 351-352. 76 T. Lufkin et al., Homeotic transformation of the occipital bones of the skull by ectopic expression of a homeobox gene », Nature, 356, 1992, p. 835-841. 77 B. I. Balinsky, op. cit., p. 351-352. 78 A. Leroi, op. cit., 2004. 79 OMIM. Sept. 2004. Online Mendelian Inheritance in USA. 80 Ă. Geoffroy Saint-Hilaire, op. cit., 1826, p. 233. 81 Nous remercions Dr. Hannelore Kischkewitz de lâĂgyptisches Museum und Papyrussammlung Ă Berlin pour toutes ses informations sur le destin de la momie et les illustrations ainsi que Jeremy Pollard pour nous avoir autorisĂ©s Ă reproduire leurs photographies ; merci aussi Ă Saskia Bode pour son aide lors de nos recherches. Les recherches dâArmand M. Leroi ont Ă©tĂ© soutenues par des subsides du Biology and Biotechnology Research Council.
RĂ©sumĂ© Le sarcophage de la fille du pharaon a disparu. Papyrus, un modeste pĂȘcheur, la retrouve, vivante, au cĆur de la forĂȘt interdite, dans le temple de l'oubli. Il apprend par une dĂ©esse qu'il a Ă©tĂ© Ă©lu pour dĂ©fendre l'Ăgypte contre les forces du Mal... RĂ©sumĂ© presse La Deux Listing des Ă©pisodes Guide dĂ©taillĂ© Forum Recherches Gib' - Sources La Deux, TF1 Saison 1 1998 - 26 Ă©pisodes 01 Ă 26 1 La momie engloutie 2 La colĂšre du dieu lune 3 Le seigneur des crocodiles 4 La vengeance de Ramses 5 Le colosse sans visage Un roi, dont le peuple est sous la coupe d'un sortilĂšge, demande l'aide de Papyrus. Celui-ci accepte. Mais, sans le savoir, il dĂ©livre d'une malĂ©diction divine les adorateurs du terrible Seth dont les Ăąmes avaient Ă©tĂ© condamnĂ©es Ă errer...RĂ©sumĂ© presse La Deux 6 Le pharaon maudit Le temple d'AkhĂ©naton, le pharaon maudit, est un endroit oubliĂ© de tous. Malheur Ă celui qui pĂ©nĂštre dans ces funestes lieux. Papyrus et ThĂ©ti y font une Ă©trange rencontre...RĂ©sumĂ© presse La Deux 7 Le soleil noir de Seth 8 La mĂ©tamorphose d'Imhotep 9 Le labyrinthe Papyrus et ThĂ©ti accueillent le jeune prince crĂ©tois MĂ©los, qui vient demander Ă pharaon un remĂšde contre la maladie qui dĂ©cime les taureaux de CrĂšte. Mais MĂ©los est griĂšvement blessĂ© par Apis, le taureau sacrĂ© des Ăgyptiens. L'incident est grave il risque de provoquer une guerre entre l'Ăgypte et la CrĂšte. Pharaon dĂ©cide d'envoyer Papyrus en ambassade en presse La Deux 10 Le triomphe de Bastet Papyrus, ThĂ©ti et Tiya sont Ă Per Bast, la ville sacrĂ©e de la dĂ©esse chatte Bastet, oĂč doit se dĂ©rouler une grande fĂȘte en l'honneur de la dĂ©esse. Mais le sage Raouser pressent que les forces malĂ©fiques du dieu Seth prĂ©parent un nouveau complot. En effet, la princesse ThĂ©ti est enlevĂ©e par le grand-prĂȘtre fĂ©lon Chepseska et une bande d'hommes Ă masques de chats presse La Deux 11 La citĂ© des scribes 12 Le dĂ©mon des Monts Rouges Papyrus reçoit en rĂȘve un appel Ă l'aide du sage Raouser qui, craignant le rĂ©veil de la terrible lionne dĂ©mon Pakhet, est parti enquĂȘter dans les Monts Rouges. Un garde confirme les craintes de Papyrus l'escorte de Raouser a Ă©tĂ© attaquĂ©e par une meute de hyĂšnes et le sage a disparu. Papyrus et ThĂ©ti partent Ă leur tour dans les Monts Rouges Ă la recherche de presse La Deux 13 La plume d'or du grand faucon 14 Le rĂ©veil du Sphinx rouge 15 L'Ă©gyptien blanc 16 La harpe d'Hathor Pharaon attend la visite de Hattusil, le roi des Hittites, pour nĂ©gocier une paix durable. Mais il est persuadĂ© que Seth va tout faire pour provoquer la guerre. Pharaon attend la visite de Hattusil, le roi des Hittites, pour nĂ©gocier une paix durable. Mais il est persuadĂ© que Seth va tout faire pour provoquer la guerre. Sur le conseil du sage Raousser, Papyrus et ThĂ©ti partent donc chercher la harpe de la dĂ©esse Hathor. La musique magique de cet instrument de musique a le pouvoir d'apaiser les coeurs. Mais le dieu malĂ©fique Seth prĂ©pare un vaste piĂšge...RĂ©sumĂ© presse La Deux 17 Le sarcophage oubliĂ© 18 La maison de vie 19 La recherche d'Amon 20 La renaissance de l'enfant pharaon Papyrus ignore toujours son vrai nom dont lui a parlĂ© Raouser. Mais le pharaon MerenrĂȘ est piquĂ© par un scorpion magique et presse La Deux 21 Les larmes des gĂ©ants 22 L'enfant hiĂ©roglyphe 23 Le maĂźtre des trois portes 24 La pyramide noire Un nouveau flĂ©au frappe l'Egypte les eaux empoisonnĂ©es du Nil dĂ©truisent vĂ©gĂ©tation et cultures et provoquent une Ă©pidĂ©mie de fiĂšve. Pharaon lui mĂȘme est tombĂ© malade. AccompagnĂ©s par leur amie Tiya, Papyrus et ThĂ©ti partent pour une pĂ©rilleuse expĂ©dition loin au sud de l'Egypte, vers les jungles mal connues d'Afrique, Ă la recherche d'une mystĂ©rieuse pyramide presse La Deux 25 Le miroir de Nebou Papyrus et ThĂ©ti doivent accompagner Pharaon lors d'un voyage Ă travers l'Ăgypte. Mais Ă l'embarquement, la dĂ©esse Nebou envoie un appel Ă l'aide Ă Papyrus et le transporte loin du bateau grĂące Ă son miroir magique ! ThĂ©ti dĂ©cide donc de partir seule, accompagnĂ©e de presse La Deux 26 La deuxiĂšme crue du fleuve sacrĂ© La crue du Nil a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©reuse et l'Ăgypte en oublie presque la menace de Seth. Ă tort ! Faisant croire qu'il est Ă l'agonie, AhmĂšs attire son frĂšre Pharaon et ThĂ©ti dans un tombeau oĂč il les enferme traitreusement. Cependant, Papyrus part pour la grande cataracte oĂč se trouve le royaume du dieu Khnoum et oĂč il croit dĂ©couvrir ses origines. Il ignore qu'il est tombĂ© dans un piĂšge de presse La Deux Saison 2 2000 - 26 Ă©pisodes 27 Ă 52 27 Le sacrilĂšge de Papyrus Comme tous les habitants de ThĂšbes, ThĂ©ti et Papyrus se prĂ©parent pour la grande fĂȘte annuelle d'Opet consacrĂ©e au dieu Amon. Papyrus est surpris en train de casser la statue du dieu avec son glaive magique, pensant que c'est celle de Seth...RĂ©sumĂ© presse La Deux 28 Mika la magicienne Depuis plusieurs semaines, Papyrus est obsĂ©dĂ© par un rĂȘve oĂč lui apparaĂźt une troublante et sĂ©duisante jeune femme. Mika la magicienne a passĂ© un pacte avec Seth en Ă©change de la jeunesse Ă©ternelle elle doit anĂ©antir Papyrus et ThĂ©ti...RĂ©sumĂ© presse La Deux 29 La trentiĂšme case du Senet maudit Tiya entraĂźne ses amis vers la maison d'Hathor, dans les quartiers populaires de ThĂšbes, oĂč l'on se distrait en jouant au senet. Un mystĂ©rieux joueur dĂ©fie ThĂ©ti de le battre Ă ce jeu. ThĂ©ti est dĂ©sormais prisonniĂšre du senet maudit du dieu Seth...RĂ©sumĂ© presse La Deux 30 La justice de Thoueris Alors que le roi des Hittites Hattusil se rend Ă ThĂšbes pour renouveler le traitĂ© de paix avec l'Ăgypte, sa fille Anitti Ă©chappe de justesse, grĂące Ă Papyrus et Ă son ami BĂ©bo, Ă une tentative d'enlĂšvement. Au cours de cette action, Papyrus sauve une maman hippopotame et son petit. Mais, peu aprĂšs, lors d'une nouvelle tentative d'enlĂšvement, la princesse Hittite disparaĂźt mystĂ©rieusement. Sous l'influence de son conseiller Hamouri, Hattusil accuse les Ăgyptiens d'avoir enlevĂ© sa presse La Deux 31 Le rĂ©veil d'Osiris Le mois d'Akhet est dĂ©diĂ© au dieu Osiris, le dieu des morts et du renouveau de la vĂ©gĂ©tation. Mais cette annĂ©e, plus rien ne pousse dans les champs d'Egypte et la famine menace... Sabou, le grand prĂȘtre d'Abydos, accuse Pharaon d'avoir perdu la confiance du dieu et exige son abdication. Pour mettre en Ă©chec ce nouveau complot sethien, Papyrus et ThĂ©ti vont devoir vaincre le malĂ©fice qui frappe un sanctuaire secret d' presse La Deux 32 Le babouin blanc Aker et son dieu malĂ©fique Seth ont imaginĂ© un nouveau plan dĂ©truire le papyrus sacrĂ©, conservĂ© dans la divine CitĂ© des Scribes, oĂč a Ă©tĂ© consignĂ© l'antique jugement des dieux faisant d'Horus le premier des pharaons et condamnant Seth Ă l'exil. Alors qu'il somnole au bord du Nil, Papyrus rĂȘve qu'il est sur le point de dĂ©livrer le dieu faucon Horus de son sarcophage prison avec l'aide d'un Ă©trange "babouin blanc". Ă son rĂ©veil, Papyrus dĂ©couvre Ă son cou une amulette - un Ćil d'Horus - et, assis prĂšs de lui, le babouin blanc de son rĂȘve. Baliba, le babouin blanc, affirme qu'il est envoyĂ© par Thot, le dieu Ibis, pour guider Papyrus jusqu'au royaume de presse La Deux 33 Le pays volĂ© Alors que tout ThĂšbes attend avec impatience le retour de "l'Ćil d'Horus", un navire qui doit ramener du lointain et fabuleux Pays de Pount or, bois prĂ©cieux, ivoire, encens et parfums, ThĂ©ti est victime d'un grave et mystĂ©rieux malaise. Heureusement, l'Ćil d'Horus doit aussi ramener de prĂ©cieuses plantes mĂ©dicinales seules capables, selon Raouser, de sauver la vie de la princesse. Mais l'espoir est de courte durĂ©e quand il arrive au port de ThĂšbes, l'Ćil d'Horus n'est plus en effet qu'une sorte de navire fantĂŽme, Ă©pave folle dont Ă©quipage et cargaison ont disparu. Qu'a-t'il pu arriver Ă l'Ćil d'Horus ? En tout cas, Papyrus n'hĂ©site pas et dĂ©cide de repartir avec presse La Deux 34 Les quatre chapelles de Toutankhamon Pour rĂ©aliser le temple de ses rĂȘves, l'architecte Imhoutep a dĂ©cidĂ© d'utiliser le chiffre sacrĂ© de Thot, le nombre d'or. Sur le chantier, Semou, possĂ©dĂ© par Seth, introduit des pierres marquĂ©es du signe du dieu malĂ©fique...RĂ©sumĂ© presse La Deux 35 Le divin potier MerenrĂȘ, ThĂ©ti et Papyrus se rendent Ă l'atelier de Rahotep, le grand sculpteur royal, qui vient d'achever une statue monumentale de Pharaon destinĂ©e Ă sa future demeure d'Ă©ternitĂ©. Mais cette mĂȘme nuit, le "cĆur" de pierre de la statue est mystĂ©rieusement "arrachĂ©" tandis que Pharaon est frappĂ© d'un mal magique mortel. Comment sauver Pharaon ? Pour le vieux sage Raouser, une seule solution Papyrus doit se rendre dans le divin monde de Khnoum, le dieu potier qui façonne tous les ĂȘtres vivants et obtenir l'aide du dieu. Cependant, enquĂȘtant de son cĂŽtĂ©, ThĂ©ti, aidĂ©e par Tiya et Hapou, dĂ©couvre qu'AhmĂšs, le frĂšre fĂ©lon de Pharaon a faussement accusĂ© presse La Deux 36 Le retour de Senkhet Papyrus dĂ©couvre Tiya pĂ©trifiĂ©e devant un coffret contenant une amulette. Un mystĂ©rieux Ă©tranger lui explique que Tiya a Ă©tĂ© punie par les dieux pour le vol du coffret. Pour lever la punition, notre hĂ©ros doit rapporter l'amulette dans le Grand DĂ©sert de Pierres. Papyrus accepte... sans se douter qu'il va rĂ©veiller ainsi un terrible flĂ©au contre l'Ăgypte l'armĂ©e destructrice de Senkhet, la Reine des Sauterelles !RĂ©sumĂ© presse La Deux 37 Le talisman de la Grande Pyramide 38 Yam 39 Le temps de la discorde 40 Les sept nĆuds d'Horus 41 Le renoncement de Papyrus 42 Le Nil rouge 43 La couronne sacrĂ©e d'Ouadjet 44 NĂ©fĂ©rourĂȘ 45 Les Ă©missaires 46 Princesse Tiya 47 La princesse des Ă©toiles 48 L'enfant sacrĂ© d'Ebla 49 L'arbre Ished 50 Le pilier Djed 51 Le procĂšs de Papyrus 52 Le cauchemar Papyrus © Dupuis / TF1 / TVA / CLT-UFA En ligne depuis le 08/06/2008 - DerniĂšres modifications le 14/04/2018Guides similaires
par les arts visuels, l'image prĂ©sentĂ©e dans les textes littĂ©raires possĂšde une richesse singuliĂšre, car elle tient Ă la fois de la description littĂ©raire et de l'image extratextuelle. Pour le grand public, en effet, l'Egypte ancienne a fini par former un imaginaire basĂ© sur une sĂ©rie de clichĂ©s il suffit de penser aux images d'Ăpinal que reprĂ©sentent les pyramides et le sphinx, aux momies malĂ©fiques sortant de tombeaux lugubres, aux Ă©gyptologues victimes de malĂ©dictions, etc. Dans cette thĂšse, nous montrerons que cet imaginaire populaire possĂšde une assise beaucoup plus objective dans sa visĂ©e, car le XIX e siĂšcle qui le construit est aussi le siĂšcle du rĂ©cit de voyage et de la photographie, deux formes d'expression qui ont, entre autres, tentĂ© une reprĂ©sentation rĂ©aliste du lointain. Aussi, au lieu de n'ĂȘtre qu'une fonne d'exotisme populaire, basĂ© sur une imagerie plusieurs fois entrevue au cinĂ©ma ou dans la bande dessinĂ©e depuis le dĂ©but du XX e siĂšcle, l'imaginaire dix-neuviĂ©miste de l'Ăgypte ancienne possĂšde, au contraire, un caractĂšre Ă©rudit, transmuant, par une subtile alchimie, ce qui n'est en apparence qu'un dĂ©guisement exotique en un propos plus complexe, que ce soit une visĂ©e esthĂ©tique particuliĂšre, une rencontre entre le mythe et l'Ă©rudition ou une rĂ©flexion sur la mort. En bref, il y a ici toute une mise en scĂšne de ce fantasme occidental qui tient mordicus Ă voir dans l'altĂ©ritĂ© d'une culture traditionnellement Ă©loignĂ©e dans le temps et dans l'espace - comme le veut l'inĂ©puisable dichotomie Orient/Occident -, Ă la fois le lieu de ses origines et son propre contraire, celui oĂč tous les mystĂšres qui rĂ©sistent Ă la raison occidentale peuvent ĂȘtre rĂ©solus. L'Ă©tendue du corpus, qui comprend Ă la fois des rĂ©cits de voyage et de la fiction, constitue Ă©galement un apport original aux Ă©tudes littĂ©raires, en ce sens que ces derniĂšres tendent Ă considĂ©rer le rĂ©cit de voyage comme un genre problĂ©matique et n'approchent qu'avec mĂ©fiance tout rapport qu'il entretient avec la fiction. Et pourtant, le rĂ©cit que publie Dominique Vivant Denon dans le sillage de l'expĂ©dition d'Ăgypte 1802 ainsi que le Roman de fa momie de ThĂ©ophile Gautier 1858 nous offrent chacun, malgrĂ© une diffĂ©rence dans le choix du genre, de partager Ă la fois des dĂ©couvertes archĂ©ologiques de leur temps et une sorte de regard mythique sur l'Ăgypte. Si nous devons au rĂ©cit de voyage le premier regard sur l'Ăgypte du XIX e siĂšcle, les textes fictifs de Gautier nous ont permis de comprendre le rapport qu'ont entretenu durant ce siĂšcle le regard mythique et la quĂȘte de rĂ©alisme dans la 4construction de cet imaginaire. Nous verrons que cette tension fonde vĂ©ritablement le regard que portent les Ă©crivains sur l'Ăgypte pharaonique au XIX e siĂšcle. Cette thĂšse repose donc en premier lieu sur un corpus formĂ© par des rĂ©cits de voyage d'Ă©crivains qui nous serviront Ă analyser la reprĂ©sentation de l'Ăgypte pharaonique telle que la complexitĂ© et la polysĂ©mie de ce genre littĂ©raire ont pu nous la prĂ©senter. Trois de ces rĂ©cits, situĂ©s tour Ă tour au dĂ©but, au milieu et Ă la fin du XIX e siĂšcle, feront l'objet d'une analyse dĂ©taillĂ©e Voyage dans la Basse et la Haute Ăgypte de Dominique Vivant Denon 1802, Le Nil Ăgypte et Nubie de Maxime Du Camp 1854, et La Mort de Philae de Pierre Loti 1909. En effet, parce qu'ils sont situĂ©s aux deux pĂŽles du XIX e siĂšcle, les rĂ©cits de Denon et Loti sont reprĂ©sentatifs de la transfonnation qui s'est produite en un siĂšcle de regard portĂ© sur l'Ăgypte. Dominique Vivant Denon, qui a accompagnĂ© l'expĂ©dition de Bonaparte en Ăgypte, a Ă©tĂ© le premier Ă publier un rĂ©cit de voyage sur ce pays au XIX e siĂšcle; Pierre Loti, quant Ă lui, clĂŽt le XIX e siĂšcle et ouvre le XX e siĂšcle en publiant un rĂ©cit qui reprĂ©sente dĂ©jĂ une Ăgypte touristique dont les seuls trĂ©sors Ă dĂ©couvrir allaient ĂȘtre le fruit de l'Ă©gyptologie. Celui de Du Camp, de son cĂŽtĂ©, est situĂ© dans un entre-deux Ol pure dĂ©couverte d'un pays fait pour les voyageurs en quĂȘte d'exotisme, ni pure destination touristique, l'Ăgypte du milieu du siĂšcle permettra Ă l'apprenti photographe qu'est Du Camp de montrer pour la premiĂšre fois au public français des images rĂ©elles du pays. Si le rĂ©cit de voyage constitue le principal genre littĂ©raire ayant servi Ă reprĂ©senter l'Ăgypte au XIX e siĂšcle, ThĂ©ophile Gautier fait figure d'exception avec un roman devenu aujourd'hui un classique, Le Roman de la momie 1858. Le choix de ThĂ©ophile Gautier allait de soi puisqu'il est le seul auteur français du XIX e siĂšcle Ă avoir reprĂ©sentĂ©, par le biais de la fiction, une Ăgypte ancienne dĂ©pourvue de tous les oripeaux dont les cultes isiaques l'avaient revĂȘtue depuis l'AntiquitĂ©. Bien qu'il contienne des figures essentielles relatives Ă la mort dans l'ancienne Ăgypte la momie et le tombeau notamment, le Roman de la momie prĂ©sente surtout le rapport entre un regard mythique et un regard Ă©rudit tel qu'on pouvait le concevoir au milieu du siĂšcle. En outre, une analyse de ce texte, dont le point focal sera la reprĂ©sentation de la ville de ThĂšbes, nous permettra de relever plusieurs aspects de la reprĂ©sentation particuliĂšre de l'Ăgypte propre Ă Gautier. Par la suite, l'Ă©dition du Roman de la momie que nous utilisons dans le cadre de nos analyses servira Ă prĂ©senter ce que nous 5Page 1 and 2 UNIVERSITĂ DU QUĂBEC Ă MONTRĂALPage 3 and 4 Ji mes parentsPage 5 and 6 TABLE DES MATIĂRES Liste des figurPage 7 and 8 Bibliographie 327 Annexe 345 viPage 9 and 10 Figure 12 L'entrĂ©e du temple de LPage 11 and 12 RĂsuMĂ Cette thĂšse vise Ă Ă©tudPage 13 and 14 INTRODUCTION La fascination qu'opĂšPage 15 existe entre la littĂ©rature et l'Page 19 and 20 ensemble de notes retravaillĂ©es, dPage 21 and 22 montrent les Ćuvres de GĂ©rard de Page 23 and 24 PREMIĂRE PARTIE LA MESURE DE L'ĂGPage 25 and 26 nous permettra d'envisager de maniPage 27 and 28 marque le retour rĂ©current du thĂšPage 29 and 30 [...] l'Ăgypte - et en mĂȘme tempsPage 31 and 32 essentielle entre les XIX e et XX ePage 33 and 34 concept mĂȘme reste encore Ă ĂȘtrePage 35 and 36 interdisciplinaire comment pouvonsPage 37 and 38 irrĂ©mĂ©diablement les momies, tombPage 39 and 40 preseance sur le travail de terrainPage 41 and 42 the end date as \000 BC regarded aPage 43 and 44 Gaida, il se dessine un processuPage 45 and 46 documents dans les sources gĂ©nĂ©tiPage 47 and 48 Il reste que l'apparition de la phoPage 49 and 50 archĂ©ologues exhumant les temples Page 51 and 52 texte, chacun revendiquant cette caPage 53 and 54 CHAPITRE 2 LA MESURE DE L'ORIENT Page 55 and 56 Cette derniĂšre acception du terme Page 57 and 58 - - En effet, Hentsch montre qPage 59 and 60 pour que l'on parle d'une renaissanPage 61 and 62 fait le principal axiome de son ouvPage 63 and 64 saw the Orient only as it had been Page 65 and 66 [...] what the English mind surveyePage 67 and 68 orientalist situations across diffePage 70 and 71 de Said. Cette théùtralisation rePage 72 and 73 monuments, des Ćuvres d'art ou desPage 74 and 75 possĂšde le dĂ©faut de rĂ©ifier unePage 76 and 77 Le scripting fait Ă©galement la dĂ©Page 78 and 79 Ă son tour, loin du concept galvauPage 80 and 81 distinguer de ceux qu'il nomme lPage 82 and 83 qu'il repose d'abord sur une diffĂ©Page 84 plein cĆur le genre viatique, puisPage 87 and 88 Toutefois, cette posture, qui consiPage 90 and 91 voyageurs dotĂ©s d'un statut d'obsePage 92 and 93 dans les pages qui suivent, Ă dessPage 94 and 95 transgressions qui se dĂ©finissent Page 96 valeur et lĂ©gitimation au musĂ©e Page 99 and 100 volontĂ© de cOlUlaĂźtre et une voloPage 101 and 102 privĂ© ou public, est une image dĂ©Page 103 and 104 dans les tombeaux de l'Ăgypte anciPage 105 and 106 de mĂ©diations la bibliothĂšque, sPage 107 and 108 porterons une rĂ©flexion sur les quPage 109 and 110 Il reste que le fait de parler d'unPage 111 and 112 montrer que la littĂ©rature ne se cPage 113 and 114 s'attache plus prĂ©cisĂ©ment Ă la Page 115 and 116 ou moins attendus, programmĂ©s Page 117 and 118 mesure qu'elles apparaissent, et, Page 119 and 120 l'importance accordĂ©e Ă la reprodPage 121 and 122 L'image littĂ©raire entre syPage 123 and 124 Ă©pithĂštes rares, mĂ©taphores descPage 125 d'autre part, la diffĂ©rence entre Page 128 and 129 En bref, la notion d'ekphrasis, loiPage 130 and 131 Il faut retenir ici les deux paramPage 132 and 133 En somme, si nous pouvons saluer lePage 134 and 135 DEUXIĂME PARTIE LA REPRĂSENTATIONPage 136 and 137 voyage de Vivant Denon et l'ĂgyptePage 138 and 139 actuel du mot - trĂšs bien documentPage 141 and 142 En outre, ce dĂ©sir de voir tous lePage 143 and 144 Ćuvres pharaoniques transportĂ©es Page 146 and 147 traces de Joseph, de MoĂŻse, voire Page 148 and 149 Renaissance, transfonnant sensiblemPage 151 and 152 pourquoi pas, des hiĂ©roglyphes euxPage 153 and 154 exaggerated. The challenge for the Page 155 and 156 the world closest to the sun 51 »,Page 157 and 158 intitulĂ© Voyage en Ăgypte et en SPage 159 and 160 textes, directement issus de la traPage 161 contredit La FlĂ»te enchantĂ©e de MPage 164 and 165 souci archĂ©ologique - oĂč l'objet Page 166 and 167 En fait, si l'on jette un coup d'ĆPage 168 and 169 voilĂ pourquoi nous ne relĂšveronsPage 170 and 171 Inscriptions et Belles Lettres notaPage 173 and 174 fallacieuse de bon nombre de revuesPage 175 and 176 Plein de joie de me trouver libre, Page 177 and 178 l'hiver au Caire Il fallut doncPage 179 and 180 quand [de] 1811 Ă 1814, par ordPage 181 and 182 nouvelles, thĂ©ologiques, scientifiPage 183 and 184 Qu'a-t-il bien pu se passer entre cPage 185 and 186 emphase sur la nouveautĂ© 7 qui carPage 187 and 188 d'une civilisation de prĂȘtres caPage 189 and 190 Dans ses commentaires des antiquitPage 191 and 192 consĂ©quent, sur un art de la mesurPage 193 and 194 Ă©gyptologique, caractĂ©ristique dePage 195 and 196 que son frĂšre renversĂ© Ă ses cĂŽPage 197 and 198 lecteurs verraient avec intĂ©rĂȘt lPage 200 and 201 figures sur le devant du tableau, pPage 203 and 204 En somme, le rĂ©cit de Denon apparaPage 205 and 206 Or, au bout du compte, en a-t-il Ă©Page 207 and 208 Tout au long du rĂ©cit, Du Camp a dPage 209 and 210 Gautier la lĂ©gende du pharaon et dPage 211 and 212 IsmaĂ«l et le chef de son expĂ©ditiPage 213 and 214 Il nous semble ainsi tout Ă fait nPage 215 and 216 voyage, faisant mĂȘme de celui-ci uPage 217 and 218 avec un certain nombre d'iconographPage 219 and 220 accomplir, c'est-Ă -dire survivre pPage 221 and 222 On notera que cet itinĂ©raire a unePage 223 and 224 descente du Nil et, par consĂ©quentPage 225 and 226 dĂ©chĂ©ance de l'Ăgypte. Ainsi, LoPage 227 and 228 ses choux gras font place Ă un proPage 229 and 230 de l'illusion, et le privant, au riPage 231 and 232 Le parcours musĂ©al de l'Ćuvre se Page 233 and 234 la mise en scĂšne, le rĂŽle du nom Page 235 and 236 avons parcourus montre une approchePage 237 and 238 CHAPITRE 6 L'ĂGYPTE DU ROMANCIER Page 239 and 240 dĂ©ception, l'Ćuvre d'art est pourPage 241 and 242 TohmĂ©-Jarrouche 10 , qui a judiciePage 243 and 244 arrĂȘtĂ© », assis, ou accoudĂ© Page 245 and 246 elevĂ©e par LaĂŻla Enan au sujet d'Page 247 and 248 Nous avons Ă dĂ©crire une orgie suPage 249 and 250 Ă©gyptien. Si l'incomprĂ©hension dePage 251 and 252 Je fus surpris de sa lĂ©gĂšretĂ©; cPage 253 and 254 monument dans son ensemble, Ă l'imPage 255 and 256 appelait le dĂ©tail, l'effet de rĂ©Page 257 and 258 fe nune, de ce dĂ©sir inatteignablePage 259 and 260 C'est pourquoi, en retardant la dĂ©Page 261 and 262 dans le sens Ă©conomique du tenne, Page 263 and 264 avait prĂ©sentĂ©, dans l'expositionPage 265 and 266 objet de dĂ©sir 73 .» Le roman de Page 267 and 268 contours, toute la grĂące souple dePage 269 and 270 Entre la momie de Tahoser qui, tellPage 271 l'Ăgypte ancienne dans leur fictioPage 274 and 275 L'imagination de l'Ă©crivain doit Page 276 and 277 processus Q priori descriptif, dontPage 279 and 280 que nous l'avons vue avec Philippe Page 281 and 282 procĂ©dĂ©s descriptifs "3 , et bienPage 284 L'Ăgypte ancienne est aussi Ă la Page 287 and 288 Selon Gustave Lefebvre, Gautier aurPage 289 and 290 pensĂ© la critique de son tempsl34,Page 291 and 292 Rois. Lieu de couronnement et d'ensPage 294 and 295 divinitĂ©s que pour des humains, coPage 296 and 297 monde de la ville, qui ne sera pas Page 298 and 299 [... ] au fond, se dĂ©coupait la giPage 300 and 301 On remarquera aussi que les endroitPage 302 and 303 Ă la vĂ©gĂ©tation luxuriante, les Page 304 and 305 Cette dĂ©personnalisation de la desPage 306 and 307 autrement dit de ce qui est visiblePage 308 and 309 citĂ© vivante et dans la citĂ© mortPage 310 and 311 nous verrons par une analyse de quePage 312 and 313 ecompose, reconstruit, restaure l'uPage 314 and 315 Dans le cas qui nous concerne, nousPage 316 and 317 Cependant, Ă travers ces images, qPage 318 and 319 l'entrĂ©e elle-mĂȘme. Mais dans le Page 320 and 321 En effet, le portrait chez Gautier Page 322 and 323 points appropriĂ©s Ă notre exemplePage 324 and 325 du 35 s'imbrique littPage 326 and 327 transformerait la lecture du texte Page 328 and 329 CONCLUSION LA SORTIE DU TOMBEAU OU Page 330 and 331 tombeaux et la momie, enfin la villPage 332 and 333 alors que Jean-Marcel Humbert, lorsPage 334 and 335 avons vu plusieurs manifestations dPage 336 du siĂšcle de NapolĂ©on montre davaPage 339 and 340 1. Corpus Corpus principal BIBLPage 341 and 342 VOLNEY, Voyage en Syrie et en ĂgypPage 343 and 344 HAWTHORNE, Melanie C., Dis-CoverPage 345 and 346 BOYD HAYCOCK, David, Ancient EgyPage 347 and 348 _____, La rĂ©interprĂ©tation de lPage 349 and 350 ZIEGLER, Christiane, D'une Ă©gypPage 351 and 352 _____, La Relation orientale. EnquPage 353 and 354 SYNDRAM, Karl Ulrich, The aesthetPage 355 and 356 GERVAIS, Bertrand, Le labyrinthe Page 357 and 358 ANNEXE Figure 1 Sphinx assis, porPage 360 and 361 Figure 4 Le temple Ă©gyptien de l'Page 362 Figure 6 Statue d'AntinoĂŒs trouvPage 365 and 366 Figure 9 La Description de l'ĂgyptPage 368 and 369 Figure 12 L'entrĂ©e du temple de LPage 370 and 371 Figure 14 Ibsambou1, colosse occidPage 372 and 373 Figure 16 ClĂ©opĂątre essayant desPage 374 Figure 18 La VĂ©nus de MĂ©dicis, A
l oeil d horus résumé par chapitre