Commel’annonce son titre, cet essai a pour objet d’attribuer Ă  Pierre de Dreux, dit Mauclerc, la composition du lai de Tydorel. Notre dĂ©monstration s’appuiera sur une analyse des choix thĂ©matiques et formels qui ont façonnĂ© le poĂšme et des aspirations politiques et esthĂ©tiques du trouvĂšre et duc consort de Bretagne. Nous montrerons d’abord avec quel talent le poĂšte a Quelleest la couleur du cheval blanc d'Henri IV ? RĂ©pondre Ă  la question : Les informations recueillies dans le prĂ©sent formulaire ont pour objet le traitement et le suivi de votre demande. Bon j'ai mal retraduit les textes juridiques. En fait, c'est bien les aspects privĂ©s qu'il faut garder secret. C'est sur que si tu t'instruis en Ă©coutant les discussions sur les ondes (tu apprends quelle Ă©tait la couleur du cheval blanc d'henri 4 par exemple), je pense que tu as le droit de l'utiliser! En gros, ce sont les actions "qui Quelleest la couleur du cheval Blanc d'Henri IV ? 20 avril 2009. 1 minutes de lecture. Internet. Comment contourner la limite de temps de Megavideo. 6 octobre 2011. 3 minutes de lecture. À dĂ©couvrir Ă©galement. Loisirs. Comment trouver de bonnes partitions sur internet ? Par Julien. 12 aoĂ»t 2020 . 4 minutes de lecture. Objets connectĂ©s. Test du Support Gilbertdu Motier, marquis de La Fayette, nĂ© le 6 septembre 1757 au chĂąteau de Chavaniac, Ă  Saint-Georges-d'Aurac (), et mort le 20 mai 1834 Ă  Paris (ancien 1 er arrondissement), est un officier et homme politique français, cĂ©lĂšbre en raison de son engagement dans les rangs de l'armĂ©e des insurgĂ©s amĂ©ricains (1777-1783), puis dans l'aile Aragona souvent soulignĂ©, surtout pendant la guerre et la RĂ©sistance, le caractĂšre collectif de la poĂ©sie, et juste aprĂšs-guerre l’importance de son chant : « Le chant qui est la nĂ©gation de la solitude poĂ©tique. Le chant qui est la communication de la poĂ©sie » Ă©crit-il dans les Chroniques du Bel Canto (ibid. : 257). Ladate de la domestication du cheval est, comme celle de nombreux autres animaux, sujette Ă  controverses. On sait que, vers 3 500 ans avant J.-C., des chevaux Ă©taient domestiquĂ©s dans les steppes d’ Asie centrale. En effet, sur un site archĂ©ologique situĂ© dans le nord du Kazakhstan (culture Botai), on a retrouvĂ© des mors en bois de cerf, remarquĂ© sur les dents des chevaux des 2POW. On parle beaucoup de big data, d’analytics, de cognitive computing sans que ce que ça recouvre ne soit trĂšs clair pour la plus grande majoritĂ© du public. D’oĂč une certaine confusion et une tendance Ă  tout confondre, mĂ©langer et au final Ă  ne pas trop comprendre ce dont on parle ni, surtout, ce Ă  quoi ça peut servir. J’ai justement Ă©tĂ© invitĂ© il y a quelques temps Ă  un petit dĂ©jeuner sur le thĂšme Cognitive Computing et IBM Watson ». L’occasion de remettre les choses Ă  plats et de poser des bases qui, je l’espĂšre seront utiles au plus grand nombre. Pour commencer qu’est ce que l’informatique cognitive ? Pour reprendre la dĂ©finition qui nous a Ă©tĂ© donnĂ©e, les systĂšmes cognitifs sont des systĂšmes complexes de traitement de l’information, capables d’acquĂ©rir, mettre en Ɠuvre et transmettre des connaissances. Les sciences cognitives convoquent des phĂ©nomĂšnes tels que la perception, l’intelligence, le calcul, le langage, le raisonnement et, in fine, la conscience. Elles articulent de nombreuses branche de la science et de l’ingĂ©nierie la linguistique, l’anthropologie, la psychologie, les neuro-sciences, la philosophie et l’intelligence articifielle. L’informatique cognitive 3e Ăšre de l’informatique Si on considĂšre que la 1ere Ăšre de l’informatique Ă©tait celle des systĂšmes de tabulation 1900, la 2nde celle des systĂšmes programmables 1950, l’informatique cognitive est la 3e Ăšre de l’informatique. En un peu plus d’un siĂšcle on est donc passĂ© des nombres aux donnĂ©es, puis des donnĂ©es aux connaissances. On n’est pas dans une logique de remplacement mais d’enrichissement. Les systĂšmes programmables ont permis de crĂ©er des donnĂ©es en traitant des nombres, l’informatique cognitive permet d’utiliser les donnĂ©es en leur donnant du sens. Le sens permet de passer de la donnĂ©e brute Ă  la donnĂ©e actionnable. En simplifiant de maniĂšre caricaturale, la tabulation permettait d’additionner des objets un stock de manteaux, la programmation d’enrichir avec des notions telles que la matiĂšre ou ou couleur et les systĂšme cognitifs de prĂ©dire le temps et suggĂ©rer des tenues en fonction. On a longtemps dit que les machines servaient Ă  faire bien ce que les humains faisaient mal, aujourd’hui on essaie donc d’utiliser les machines pour faire Ă©galement ce que les humains font bien. L’informatique cognitive introduit Ă©galement une rĂ©volution dans nos systĂšmes de pensĂ©e et la relation que nous avons Ă  l’informatique. Jusqu’à prĂ©sent l’ordinateur donnait des rĂ©ponses absolues, demain la rĂ©ponse qu’il donnera ne sera plus vrai ou faux » mais le plus souvent probablement ». Le systĂšme cognitif propose une liste de rĂ©ponses qu’il affine en fonction de ses interactions avec l’utilisateur. Il ne donne pas souvent la » rĂ©ponse car elle n’existe pas dans l’absolu mais la solution la plus acceptable, celle qui a le plus de chances de fonctionner dans un contexte donnĂ©. Du vol d’attention Ă  la comprĂ©hension de l’intention Plus pratiquement parlant, appliquĂ© au domaine de la relation client, voici comment se matĂ©rialise le changement. Avant on avait une rĂ©ponse un produit qu’on essayait de pousser au client, Ă©ventuellement en essayant d’identifier les clients qui correspondent le plus Ă  la cible. Demain le systĂšme essayera de comprendre le besoin de client et construira la solution. En termes marketing on passe d’un marketing de l’attention on accapare l’attention du client pour lui proposer une offre Ă  un marketing de l’intention on comprend l’intention du client pour lui proposer du sur mesure. On en revient donc Ă  la question une machine peut elle comprendre des humains, apprendre d’eux et donner une rĂ©ponse qu’elle n’a pas explicitement inscrite dans une base de donnĂ©e ? Premier exemple avec IBM Watson, premier systĂšme cognitif. En 2011 la premiĂšre version de Watson participe au jeu tĂ©lĂ© Jeopardy » contre des concurrents humains choisis parmi les meilleurs de l’histoire du jeu. Le principe du jeu est de trouver la question Ă  laquelle correspond la rĂ©ponse donnĂ©e par l’animateur. Voici le rĂ©sultat. Un peu de pĂ©dagogie pour ceux qui penseraient qu’il suffit que Watson recherche quelque chose dans sa mĂ©moire. Contrairement aux systĂšmes que nous connaissons, conçus pour restituer une information qu’on leur a donnĂ© pourvu qu’on l’ait bien rangĂ©e, qu’on leur ait dit oĂč elle se trouvait et qu’on pose exactement la question Ă  laquelle l’information est associĂ©e, Watson fonctionne diffĂ©remment. On ne lui a pas rentrĂ© » d’information mais fourni des bases d’informations, le plus souvent non structurĂ©es. Il n’y a pas une suite de cases contenant cheval d’Henri IV et Blanc mais des textes libres » comme les contenus d’un blog, de comptes rendus de rĂ©union etc. Si un texte dit qu’Henri IV est roi de Navarre et un autre que le roi de Navarre a un cheval blanc, Watson comprend qu’Henri IV a un cheval blanc. Un systĂšme cognitif fonctionne donc selon la logique suivante. 1° Etre capable de comprendre le langage humain 2° GĂ©nĂ©rer des hypothĂšses et Ă©valuer son propre niveau de confiance dans chacune 3° S’adapter et apprendre en fonction des rĂ©actions de l’utilisateur Si l’expĂ©rience Jeopardy » Ă©tait un Ă©vĂ©nement de lancement destinĂ© Ă  marquer le grand public Ă  l’occasion du centenaire d’IBM, Watson a Ă©voluĂ© depuis et commence Ă  ĂȘtre utilisĂ© dans le cadre de vĂ©ritables cas mĂ©tier dans des secteurs assez divers. Le duo Homme-Machine surpassera toujours la machine. L’exemple de cas d’application le plus connu Ă  ce jour se trouve dans le domaine de la santĂ© avec le Memorial Sloan-Kettering Cancer Center MSKCC oĂč Watson joue le rĂŽle d’assistant pour les oncologues. AprĂšs avoir appris » d’un certain nombre de diagnostics, Watson aide les mĂ©decins Ă  dĂ©terminer le bon traitement en fonction des contraintes spĂ©cifiques d’un patient donnĂ©. On voit bien sur cette copie d’écran la diffĂ©rence entre le niveau de confiance dans le traitement et son acceptabilitĂ© par le patient. Chaque interaction avec le corps mĂ©dical rend Watson plus savant, plus pertinent. Mais attention de ne pas tomber dans les raccourcis faciles trop souvent lus ici ou lĂ  Watson n’est et ne sera jamais un mĂ©decin. C’est un aide, un assistant. Comme cela dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit et illustrĂ© dans cet ancien billet, si la machine est supĂ©rieur Ă  l’homme, le couple humain + machine sera toujours supĂ©rieur Ă  n’importe quelle machine. C’est la logique de Watson interagir et dĂ©velopper des synergies avec les humaines pour ĂȘtre, Ă  deux, meilleurs qu’un humain ou une machine seule, aussi puissante soit-elle. Cela est trĂšs bien illustrĂ© dans cette intervention Ă  la confĂ©rence TED Ceux que le sujet de la santĂ© intĂ©resse regarderont avec intĂ©rĂȘt cette interview rĂ©alisĂ©e par Jean-Michel Billaut. D’autres applications sont en cours de mise en place. Un systĂšme de relation client en ligne pour une banque par exemple, oĂč l’on pourrait avoir un tchat similaire Ă  ceci avec Watson – quel produit d’épargne serait le plus appropriĂ© pour moi – vous devriez prendre un Plan d’Epargne Logement
 – c’est quoi ? Quelle est la diffĂ©rence avec un compte Ă©pargne logement ? – c’est que
 – ça vaut la peine pour moi ? – oui parce que
. – combien je devrais mettre dessus ? – en fonction de vos revenus et autres placement je vous conseillerai de
 – ok alors – voulez vous que je vous en ouvre un et mettre le virement automatique en place ? Et si la conversation dĂ©marre sur votre tĂ©lĂ©phone mobile dans la journĂ©e est est soudainement interrompue parce que vous recevez un appel, Watson sera capable de vous recontacter sur votre iPad le soir et repartir du point oĂč vous Ă©tiez restĂ©. Ou dans le domaine du voyage, au lieu de taper billet Paris Kuala-Lumpur » on tapera je veux voir l’essentiel de la Malaisie » et la rĂ©ponse comprendra l’intĂ©gralitĂ© du parcours voyageur du transfert aĂ©roport au retour chez soi, incluant avion, hĂŽtel et excursions. Excellent exemple de la notion d’intention. Mon mĂ©tier ? Formateur de systĂšmes cognitifs ! Comme on peut le voir – voire s’en inquiĂ©ter – un certain nombre de mĂ©tiers sont en danger avec la gĂ©nĂ©ralisation prĂ©visible de tels systĂšmes. Mais il ne faut pas nĂ©gliger le transfert vers de nouveaux mĂ©tiers. Watson ne peut fonctionner sans background cognitif. Sans humains sachants » pour le former, lui apprendre les subtilitĂ©s d’un mĂ©tier, l’accompagner dans un processus itĂ©ratif afin de le rendre plus pertinent, Watson n’est qu’un belle machine qui tourne Ă  vide. Bref. Une fois cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de systĂšmes arrivĂ©s Ă  maturitĂ© notre relation Ă  l’informatique aura radicalement changĂ©. On n’utilisera plus un ordinateur mais on interagira avec un assistant qui ne nous donnera plus des informations mais des rĂ©ponses opĂ©rationnelles et actionnables. Des mĂ©tiers auront Ă©tĂ© profondĂ©ment transformĂ©s, de nouveaux business models créés. En attendant, en alimentant le web social, en alimentant nos systĂšmes d’information en contenus structurĂ©s et non structurĂ©s on crĂ©e la matiĂšre qu’exploiteront Watson et ses hĂ©ritiers. Et pour revenir Ă  la question de dĂ©part et le besoin de prĂ©ciser les concepts – le big data c’est juste la capacitĂ© qu’on a de traiter un volume de donnĂ©es sans cesse plus important. C’est le moteur de nombreuses applications mais n’est pas une rĂ©volution en soi on a toujours traitĂ© aussi big » qu’on a pu en fonction de la technologies disponibles et Ă  la limite cela doit rester une boite noire pour mĂ©tiers et utilisateurs finaux. – les analytics c’est mettre Ă  profit cette capacitĂ© de traitement pour comprendre des corrĂ©lations et faire du prĂ©dictif. On est davantage dans le domaine de la business intelligence. – le cognitive computing c’est la mettre Ă  profit pour crĂ©er des systĂšmes intelligents et apprenants qui vont seconder l’humain dans des tches de rĂ©flexion, de recherche et d’analyse complexes afin de lui suggĂ©rer des options crĂ©dibles et opĂ©rationnelles. Ici on est davantage dans le domaine de l’intelligence artificielle. RĂ©sumĂ© Index Plan Texte Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s Le cheval est un animal rencontrĂ© de maniĂšre suffisamment rĂ©guliĂšre dans la peinture murale des XIe-XIIIe siĂšcles en France pour rĂ©colter dans une certaine mesure de prĂ©cieuses informations sur son Ă©tat et le matĂ©riel nĂ©cessaire Ă  sa chevauchĂ©e. Les reprĂ©sentations du cheval et son cavalier sont non seulement un reflet, voire un miroir, de la sociĂ©tĂ© fĂ©odale, mais aussi un outil de moralisation. The horse is an animal met in a sufficiently regular way in the mural painting of the 11th – 13th centuries in France to collect to a certain extent invaluable information on its state and the hardware requirement with its ride. The representations of the horse and its rider are not only one reflection, even mirror, of the feudal society, but also a tool of raising the moral de page EntrĂ©es d’index Haut de page Texte intĂ©gral 1L’invitation Ă  prĂ©senter cette communication a permis Ă  un Ă©tranger au monde Ă©quin d’observer sous un angle nouveau des images qu’il interroge habituellement de maniĂšre autre. L’auteur s’excuse donc auprĂšs des spĂ©cialistes du cheval s’il arrive que l’historien de l’art Ă©nonce quelque Ă©vidence pour eux. Le rĂ©colement des scĂšnes dans lesquelles interviennent un ou plusieurs chevaux, montĂ©s ou non, s’est avĂ©rĂ© suffisamment riche pour lancer les bases d’une Ă©tude sur la place qu’occupent le cheval et son cavalier dans la peinture murale mĂ©diĂ©vale, plus particuliĂšrement dans la production rĂ©alisĂ©e entre le XIe et le XIIIe siĂšcle. Le temps imparti Ă  cette approche n’a bien entendu pas permis la mise en place d’un corpus exhaustif. Cependant, les images sĂ©lectionnĂ©es sont suffisamment reprĂ©sentatives pour mettre en Ă©vidence des phĂ©nomĂšnes Ă©clairant la reprĂ©sentation sociale ou symbolique du cheval Ă  cette Ă©poque. Leur rĂ©partition gĂ©ographique entre la Normandie, le Maine, l’Anjou, la Touraine, le Poitou, le Berry, la Bourgogne, l’Auvergne ou le Roussillon autorise une rĂ©flexion au niveau du territoire français dans son acception actuelle. 2Deux voies de recherche ressortent de l’examen prĂ©liminaire des images contenant le cheval et son cavalier. La premiĂšre consiste Ă  aborder l’image comme le reflet, voire le miroir, d’une rĂ©alitĂ© terrestre. Cependant, en remarques prĂ©liminaires, il est nĂ©cessaire de rappeler que la peinture murale mĂ©diĂ©vale est un art figuratif abstrait aux fonctions dĂ©coratives et signifiantes. En effet, l’image mĂ©diĂ©vale constitue un support de messages envoyĂ©s par le commanditaire Ă  ses contemporains rĂ©unis au sein de groupes plus ou moins dĂ©veloppĂ©s en nombre. Son caractĂšre signifiant est multiple les peintres emploient une Ă©criture basĂ©e sur le signe comme convention qui change de sens en fonction du contexte dans lequel il est introduit. D’une maniĂšre concrĂšte, la figuration d’un arbre peint isolĂ©ment, comme par exemple dans la Chasse de saint Gilles au Loroux-Bottereau Loire-Atlantique Ă  la fin du XIIe siĂšcle fig. n°1, peut aussi bien signifier un arbre, un bosquet ou une forĂȘt, soit l’individu ou l’ensemble, mais dans tous les cas, il signale que la scĂšne dans laquelle il est insĂ©rĂ© se dĂ©roule en extĂ©rieur. Figure 1 Le Loroux-Bottereau. La Chasse de saint Gilles, dĂ©tail la chevauchĂ©e des chasseurs. Phot. Pillet, Denis. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1995. 1 - Le Bestiaire de Pierre de Beauvais Ă©numĂšre les caractĂšres qui lui permettent de le comparer au Ch ... 3Cette diversitĂ© de sens se rencontre de maniĂšre quasi systĂ©matique en fonction des textes, le lion peut aussi bien ĂȘtre lu comme un symbole du Christ que celui du mal1, seule l’analyse du contexte permet alors d’orienter correctement la lecture de l’image. Il est Ă©galement nĂ©cessaire de rappeler que toutes les images mĂ©diĂ©vales parvenues jusqu’à notre Ă©poque sont des Ɠuvres usĂ©es et lacunaires – de plus, essentiellement conservĂ©es dans des Ă©difices religieux – qui mĂ©ritent une analyse critique avant toute interprĂ©tation. Un cycle dĂ©diĂ© Ă  saint Gilles a Ă©tĂ© peint Ă  la fin du XIIe siĂšcle sur le mur nord de la nef de l’église paroissiale Notre-Dame Ă  ThoirĂ©-sur-Dinan Sarthe. Les peintures murales, dont l’épisode de la chasse, ont Ă©tĂ© particuliĂšrement maltraitĂ©es lors du percement d’une fenĂȘtre Ă  l’époque moderne. Figure 2 ThoirĂ©-sur-Dinan. Église paroissiale, nef, mur nord. La Chasse de saint Gilles, dĂ©tail le cavalier sonnant l’hallali. Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1995. 4L’identification du personnage flottant dans les airs comme un cavalier fig. n°2 s’effectue grĂące Ă  la position de l’homme et la reconnaissance des Ă©lĂ©ments de harnachement de cheval dont la figuration a entiĂšrement disparu. En fait, le cavalier est assis sur une selle verte au troussequin plus dĂ©veloppĂ© que le pommeau. Celle-ci a Ă©tĂ© posĂ©e sur un tapis de selle attachĂ© par deux sous-ventriĂšres noires. D’autres lignes noires reprĂ©sentent la bricole, une partie des sangles du mors et les rĂȘnes tenues dans la main droite du cavalier. La tension de la jambe du cavalier donne l’emplacement de l’étrier qui n’est plus visible, comme la figuration-mĂȘme du cheval. Figure 3 Saint-Savin-sur-Gartempe. Église abbatiale, nef, voĂ»te. Joseph emportĂ© en esclavage en Égypte, dĂ©tail les chevaux des marchands. Phot. Davy, Christian. © Christian Davy. 2 - PICHOT, Daniel. Cheval et sociĂ©tĂ© l’exemple du Bas-Maine IXe-XIIIe siĂšcle ». Dans Charpania ... 5Dans le cas de la scĂšne Joseph emmenĂ© en esclavage en Égypte » peinte Ă  la fin du XIe siĂšcle Ă  la voĂ»te de la nef de l’église abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe Vienne, la peinture murale est mieux conservĂ©e. L’image fig. n°3 permet d’observer plusieurs dĂ©tails du harnachement. La bricole et la croupiĂšre sont en place, mais la reprĂ©sentation leur donne-t-elle une tension correcte ? Les brides et les sangles de mors sont rehaussĂ©es de ponctuations blanches. S’agit-il de dĂ©tails fonctionnels ou ornementaux ? Le mors semble bien ĂȘtre placĂ© trop en arriĂšre de la bouche des chevaux. Est-ce une erreur de la part du peintre ou bien un artifice pour mieux faire ressortir le rehaut blanc qui Ă©claire les lĂšvres ? Quelle valeur attribuer Ă  la position des rĂȘnes dans les mains des marchands esclavagistes ? Leur agencement est-il induit par une volontĂ© dĂ©corative qui organise les lignes de la scĂšne entre elles ou bien par une autre plus attentive Ă  la rĂ©alitĂ© des mouvements ? Ainsi, cette voie de recherche apparaĂźt particuliĂšrement dĂ©licate par une situation trĂšs variable entre la reprĂ©sentation fidĂšle d’une rĂ©alitĂ© terrestre et le geste artistique, voire symbolique. Toutefois, son exploration devrait ĂȘtre assurĂ©ment fructueuse et elle mĂ©riterait la constitution d’un groupe de travail, rĂ©unissant notamment spĂ©cialistes du cheval, historiens, historiens de l’art, archĂ©ologues. Le deuxiĂšme axe de recherche est plus habituel pour l’historien de l’art. Il s’agit en effet d’analyser la place qu’occupent le cheval et son cavalier dans un corpus prĂ©alablement dĂ©fini, avant de la resituer dans un contexte iconographique Ă©largi et de la confronter Ă  l’état de la connaissance sur la sociĂ©tĂ© qui a produit ces images. Il s’agit dans cette communication de pratiquer cet exercice dans un art, la peinture murale du Moyen Âge central, qui s’avĂšre ĂȘtre un support de communication vers un large public, composĂ© principalement par la masse des fidĂšles. En d’autres termes, quel message dĂ©sirait faire passer le commanditaire lorsqu’il faisait reprĂ©senter le cheval et son cavalier ? Est-il de nature positive, neutre, nĂ©gative, discriminante, morale, homogĂšne ? Renvoie-t-il Ă  des valeurs semblables Ă  celles dĂ©terminĂ©es par l’historien Daniel Pichot Ă  travers la lecture des textes manceaux2 ? En fin de compte, image et texte ont-ils la mĂȘme portĂ©e sur ce thĂšme prĂ©cis ? Cet historien part de la constatation du simple fait d’avoir donnĂ© son nom au groupe social qui va devenir dominant chez les laĂŻcs dit assez l’importance que l’animal a pu jouer » pour souligner que les textes prĂ©sentent le cheval comme une richesse qui circule et s’échange », qu’il est l’ apanage d’une classe aisĂ©e », qu’il en reprĂ©sente le lien sinon exclusif, du moins fortement privilĂ©giĂ© » et qu’il constitue un Ă©lĂ©ment indispensable dans la reprĂ©sentation sociale ». Il remarque, Ă  la suite de Georges Duby, l’assimilation entre le genre de vie rĂ©putĂ© noble et l’usage du cheval ». Nous allons voir que les diverses reprĂ©sentations en peinture murale confirment les conclusions apportĂ©es par l’étude des textes, et vont au-delĂ  en donnant une portĂ©e morale ou eschatologique aux divers messages transmis. Le cheval, arme de guerre 3 - DESCHAMPS, Paul. Combats de cavalerie et Ă©pisodes des Croisades dans les peintures murales du X ... 4 - Ill. dans DAVY, Christian. La peinture murale romane dans les pays de la Loire. L’indicible et ... 5 - Histoire anonyme de la premiĂšre croisade. ÉditĂ©e et publiĂ©e par Louis BrĂ©hier. Paris, 1924, p. 15 ... 6 - Voir la bibliographie dans DAVY, Christian. Les peintures murales romanes de la chapelle des ... 7 - Ill. dans FAVREAU, Robert, JEANNEAU, François, RIOU, Yves-Jean et alii. Saint-Savin. L’abbaye e ... 8 - FLORI, Jean. Encore l’usage de la lance
 La technique du combat chevaleresque vers l’an 1100 ». ... 9 - Voir les diffĂ©rentes interventions sur ce thĂšme Actes des journĂ©es d’étude Le dĂ©cor peint dans ... 6La guerre constitue l’activitĂ© primordiale des miles. Les lieux de culte tolĂšrent sur leurs murs et voĂ»tes cette activitĂ© dans une forme acceptable par l’Église, telle la croisade menĂ©e pour la dĂ©livrance du tombeau du Christ. Paul Deschamps3 avait identifiĂ© en son temps la bataille contre Kerboga sous les murs d’Antioche peinte dans l’église paroissiale de PoncĂ©-sur-le-Loir Sarthe. Un cycle de trois scĂšnes raconte la charge des croisĂ©s face aux assiĂ©geants, la charge miraculeuse des saints Mercurius, DĂ©mĂ©trius et Georges et la fuite de Kerboga, le chef des Sarrasins. Les chevaux sont reprĂ©sentĂ©s au galop dans un face Ă  face parfaitement frontal. L’usure de la peinture a fait perdre le dĂ©tail des reprĂ©sentations, mais la puissance des destriers est remarquablement plantĂ©e dans l’attitude des deux postĂ©rieurs au sol et les antĂ©rieurs levĂ©s et lancĂ©s vers l’avant. Cette position n’est pas naturelle, mais cette reprĂ©sentation est la consĂ©quence des choix esthĂ©tiques du peintre. Il en est de mĂȘme pour les robes des chevaux dont les couleurs foncĂ©es et claires ont Ă©tĂ© choisies en fonction de la meilleure lisibilitĂ© possible de l’image. Les chevaux clairs se dĂ©tachent sur un fond sombre et inversement4. La disposition gĂ©nĂ©rale de ces alternances colorĂ©es permet d’attribuer des robes blanches au cheval de saint Georges et sans doute Ă  ceux de ses compagnons, respectant ainsi le rĂ©cit miraculeux de l’Histoire anonyme de la premiĂšre croisade5. S’il est assurĂ© qu’il s’agit ici de la bataille d’Antioche, en revanche les historiens dĂ©battent toujours de l’identification des batailles prĂ©sentĂ©es sur la totalitĂ© du mur nord de la chapelle de la commanderie des Templiers de Cressac Charente6. Les deux registres prĂ©sentent-ils une ou deux batailles ? De mĂȘme, s’agit-il de la Croisade ou de la Reconquista ? Les nombreux chevaux, parfois membrĂ©s, aux robes claires, foncĂ©es ou de ton moyen, sont prĂ©sentĂ©s dans diffĂ©rentes positions au pas Ă  la sortie d’une ville fortifiĂ©e jusqu’à la charge au galop face Ă  l’ennemi. Cette derniĂšre position est semblable Ă  celle prĂ©cĂ©demment remarquĂ©e Ă  PoncĂ©-sur-le-Loir. Elle constitue en fait le stĂ©rĂ©otype du galop Ă  grande vitesse utilisĂ© par les peintres. Ces chevaliers qui combattent pour le Christ constituent l’image terrestre des armĂ©es cĂ©lestes. Saint Michel, chef des milices cĂ©lestes, combat le dragon Ă  la tĂȘte de ses troupes d’anges. L’épisode apocalyptique est peint au porche de l’abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe Vienne dans une version chevaleresque Michel, Ă  la tĂȘte de sa troupe, charge le dragon lance levĂ©e. La scĂšne est lacunaire et usĂ©e. Cependant, il est possible de voir que la blancheur immaculĂ©e est attribuĂ©e Ă  la robe de son cheval, tandis que la croupe Ă©voquant le reste de la cavalerie est de couleur verte7. Au revers de la façade du mĂȘme Ă©difice, l’image de deux cavaliers chargeant l’un contre l’autre trouve son Ă©quivalent dans le bras nord du transept de l’église prieurale de ChĂąteau-Gontier Mayenne. Les deux images ont Ă©tĂ© peintes Ă  la fin du XIe siĂšcle. Elles tĂ©moignent Ă  la fois de la nouveautĂ© du duel Ă  cheval et de la permanence du thĂšme bien connu dans l’enluminure dĂšs l’époque carolingienne qu’est le combat de deux hommes figurant le combat de l’ñme, et de son adaptation Ă  la sociĂ©tĂ© mĂ©diĂ©vale le combattant Ă  pied a Ă©tĂ© remplacĂ© par le cavalier. Plus, les deux protagonistes chargent lance baissĂ©e, non plus projetĂ©e comme un javelot, innovation dans la technique de combat en cette fin de siĂšcle8. Le tournoi fut l’un des exutoires de la guerre. Les premiĂšres reprĂ©sentations en peinture murale conservĂ©es avaient Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es au milieu du XIIIe siĂšcle. Ce thĂšme a Ă©tĂ© aussi bien peint dans des Ă©difices laĂŻcs que cultuels. L’église prieurale de La RamĂ©e Mayenne conserve, malgrĂ© sa transformation en Ă©table-grange, une scĂšne de tournoi fig. n°4 fig. n°5 peinte sur le mur occidental de la nef. Le caparaçon des chevaux aux armes de leurs cavaliers tĂ©moigne de l’aspect ostentatoire donnĂ© Ă  ce simulacre de guerre. Le thĂšme du tournoi connaĂźt un succĂšs immense Ă  travers l’ensemble du territoire français pendant les derniers siĂšcles du Moyen Âge9. Figure 4 La Chapelle-Rainsouin, Ă©glise prieurale de la RamĂ©e, mur occidental. Tournoi entre deux chevaliers. Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 2005. Figure 5 La Chapelle-Rainsouin, Ă©glise prieurale de la RamĂ©e, mur occidental. Tournoi entre deux chevaliers, dĂ©tail l’encolure du cheval gauche. Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 2005. Le cheval, la marque des puissants 10 - PICHOT, Daniel. Cheval et sociĂ©tĂ© l’exemple du Bas-Maine IXe-XIIIe siĂšcle ». Dans Charpania ... 11 - SituĂ©e Ă  Chinon. 12 - Illustration dans TOULIER, Christine. Canton de Chinon. Indre-et-Loire. [ Syndicat inter ... 13 - Je remercie chaleureusement Fabienne Audebrand, du service des Monuments historiques, DRAC du Cen ... 14 - Illustrations dans DAVY, Christian. Op. cit. p. 119. 7Les textes tĂ©moignent au dĂ©tour des rĂ©cits hagiographiques ou des chartes que le cheval est l’apanage des classes aisĂ©es, que ses membres soient Ă©vĂȘque, abbĂ©, clerc ou noble laĂŻc, homme ou femme10. L’image en tĂ©moigne Ă©galement. L’interprĂ©tation de l’épisode peint dans la chapelle troglodytique Saint-Jean, puis Sainte-Radegonde reste controversĂ©e11. S’agit-il d’un Ă©pisode liĂ© Ă  l’histoire de la sainte dĂ©dicataire ou bien Ă  celle, plus romantique, d’AliĂ©nor d’Aquitaine ? Un couple royal, qui se reconnait aux couronnes et aux manteaux fourrĂ©s de vair, est accompagnĂ© d’un cavalier portant un faucon sur sa main gantĂ©e et de deux autres personnages sans attribut spĂ©cifique. InĂ©galement rĂ©partis dans la scĂšne, les cinq personnages chevauchent tranquillement et conversent entre eux12. La partie infĂ©rieure de la scĂšne est dĂ©truite, mais il est possible de constater que l’allure des chevaux est paisible et que l’un d’eux marche assurĂ©ment Ă  l’amble. Sans Ă©carter dĂ©finitivement une fantaisie de la part du peintre, cette reprĂ©sentation pourrait tĂ©moigner du dressage effectuĂ© par l’homme sur le cheval pour amĂ©liorer le confort du cavalier lors de longs trajets13. Cette reprĂ©sentation d’allure n’est pas exceptionnelle, car elle a Ă©galement Ă©tĂ© reproduite dans la ChevauchĂ©e des rois mages peinte au milieu du XIIe siĂšcle dans le cloĂźtre de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers Maine-et-Loire14. 15 - Un fragment d’inscription donne le nom de Constantin pour l’un d’eux. Illustration dans DEMUS, ... 8Le succĂšs de la dĂ©votion Ă  saint Gilles autorise plusieurs reprĂ©sentations conservĂ©es de roi cavalier dans l’épisode de la Chasse de saint Gilles. La plus connue se trouve au Loroux-Bottereau Loire-Atlantique voir fig. n°1. L’image est inspirĂ©e du texte de Guillaume de Berneville rĂ©digĂ© en 1164. D’autres exemplaires, peints Ă  la fin du XIIe et au cours du XIIIe siĂšcle, sont visibles notamment aux Roches-l’ÉvĂȘque, Ă  Saint-Jacques-des-GuĂ©rets, Ă  Huisseau-en-Beauce tous trois en Loir-et-Cher et Ă  ThoirĂ©-sur-Dinan Sarthe. Au Loroux-Bottereau, la posture des chevaux adopte le stĂ©rĂ©otype prĂ©cĂ©demment remarquĂ© des animaux lancĂ©s au galop. Le peintre donne aussi cette position au chien de chasse courant entre les pattes du cheval de tĂȘte. La robe de ce dernier est brune et pommelĂ©e, tandis que l’usure ne permet plus de dĂ©terminer l’aspect de celle du cheval royal. Cependant, elle semble claire et rehaussĂ©e de bleu, couleur assurĂ©e de la criniĂšre. Les rois cavaliers sont acteurs dans un autre thĂšme qui eut un plus grand succĂšs encore. Saint-Martin de FĂ©nollar PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Angers Maine-et-Loire, Brinay Cher, Petit-Quevilly Seine-Maritime et ChĂąteau-Gontier Mayenne, parmi les sites les plus connus, prĂ©sentent une ChevauchĂ©e des rois mages peinte le plus souvent dans un cycle de la NativitĂ© de l’époque romane. L’Adoration des rois mages peinte au XIIIe siĂšcle Ă  Gargilesse Indre est complĂ©tĂ©e d’un Ă©pisode rare dans lequel l’écuyer, nommĂ© Galopin, garde les chevaux pendant que les rois mages se prosternent au pied de la Vierge Ă  l’Enfant. La plus ancienne peinture murale de cette chevauchĂ©e est conservĂ©e dans l’église prĂ©-romane de Saint-Pierre-les-Églises commune de Chauvigny, Vienne. Les mages sont coiffĂ©s d’une coiffure triangulaire, dite bonnet phrygien. Ce n’est que par la suite, Ă  l’époque romane, qu’ils sont coiffĂ©s d’une couronne attestant de leur royautĂ© nouvelle. Le programme peint sur l’arc triomphal de l’église prieurale de Vic commune de Nohant-Vic, Indre place le fidĂšle devant le balancement habituel entre les deux moments forts de l’annĂ©e liturgique PĂąques avec la DĂ©position de croix et NoĂ«l avec l’Adoration des rois mages notamment. Cette derniĂšre est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une chevauchĂ©e spectaculaire fig. n°6. Le peintre a figĂ© les trois chevaux dans une posture identique le membre antĂ©rieur gauche et l’arriĂšre droit sont levĂ©s haut et l’ensemble penche vers l’avant dans une expression de grande tension. Il ne s’est manifestement pas attachĂ© Ă  matĂ©rialiser les harnachements. Seuls deux ou trois traits signalent une discrĂšte selle sur laquelle est assis le roi mage situĂ© au premier plan. La recherche d’un parti esthĂ©tique est ici assurĂ©e. Un cran dans la hiĂ©rarchie aristocratique est franchi avec la figuration de quatre cavaliers assimilĂ©s aux quatre premiers empereurs chrĂ©tiens au baptistĂšre Saint-Jean de Poitiers Vienne15. Cette image peinte vers 1100 rĂ©pond, avec son Ă©quivalent des annĂ©es 1200 situĂ© Ă  Cressac, aux nombreuses statues Ă©questres installĂ©es Ă  l’époque romane sur les façades occidentales des Ă©glises du Poitou. Les empereurs ont adoptĂ© une posture diffĂ©rente sur leurs chevaux. Jusqu’à prĂ©sent, le cavalier poussait sur les Ă©triers, tandis qu’à Saint-Jean de Poitiers, il tient sa cuisse presqu’à l’horizontal, comme si le peintre voulait assimiler la monture Ă  un siĂšge impĂ©rial. Ces cavaliers poitevins sont parfois en train d’écraser un ĂȘtre humain difforme, ce qui est le cas Ă  Cressac, les Ă©rudits en ont dĂ©duit un rapprochement typologique entre le cavalier impĂ©rial et le Christ vainqueur du mal. Figure 6 Nohant-Vic, Ă©glise prieurale de Vic, arc triomphal. La ChevauchĂ©e des rois mages. Phot. RicarrĂšre, Pascal. © Pascal RicarrĂšre. 16 - Illustration dans Peindre Ă  Auxerre au Moyen Âge, IX - XIVe siĂšcle ». Sous la direction de Ch ... 9Le cheval n’est pas associĂ© au Christ, le roi cĂ©leste, tout au moins, au cours de sa vie terrestre. C’est l’ñne qui porte Marie et JĂ©sus lors de la Fuite en Égypte et c’est sur une Ăąnesse, accompagnĂ©e de son Ăąnon, que le Christ fait son entrĂ©e triomphale Ă  JĂ©rusalem. Entretemps, il voyage Ă  pied. Le choix de cet animal est comprĂ©hensible. En effet, l’ñne constitue dans l’Ancien Testament la monture des personnes de qualitĂ© et des juges, tandis que le cheval est rĂ©servĂ© Ă  la guerre. Le Christ, futur roi et juge, suit les usages de l’Ancienne Loi de maniĂšre Ă  l’accomplir. Ce n’est qu’aprĂšs l’avĂšnement de la Nouvelle Loi, c’est-Ă -dire aprĂšs sa mort et sa rĂ©surrection, que le cheval remplace l’ñne auprĂšs du Christ dans l’iconographie. La crypte de la cathĂ©drale d’Auxerre Yonne prĂ©sente une telle image qui s’avĂšre exceptionnelle, voire unique. Elle est inspirĂ©e de l’Apocalypse de Jean16. Le Christ s’avance sur un cheval blanc au pas. Il est au centre d’une vaste croix gemmĂ©e et cantonnĂ©e de quatre anges Ă  cheval. Le peintre a illustrĂ© les versets XIX, 11 et 14 Puis je vis le ciel ouvert et il parut sur un cheval blanc
 Les armĂ©es du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vĂȘtues de fin lin, blanc et pur ». Le moment reprĂ©sentĂ© correspond Ă  la victoire et le triomphe du Christ et de l’Église sur les forces du mal. À Auxerre, la scĂšne introduit le fidĂšle Ă  la contemplation de l’image ultime la Maiestas Domini. Le cheval et son cavalier, outil de moralisation 10À travers l’image romane, l’Église a notamment cherchĂ© Ă  galvaniser, Ă©difier et moraliser les clercs et les fidĂšles. Le thĂšme du calendrier des mois qui a Ă©tĂ© abondamment utilisĂ© aussi bien Italie qu’en France prĂ©sente souvent le mois de mai sous la forme d’un cavalier. De trĂšs nombreuses images le figurent plus prĂ©cisĂ©ment sous les traits d’un jeune homme chevauchant, un vĂ©gĂ©tal Ă  la main. Figure 7 Pouzauges, Ă©glise paroissiale de Vieux-Pouzauges, nef. Le Calendrier des mois, dĂ©tail, le mois de mai. Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1995. 17 - L’allusion Ă  la mort est manifeste si l’on pense aux nombreuses reprĂ©sentations postĂ©rieures oĂč l ... 11L’avertissement de ne pas cĂ©der Ă  la tentation est peu explicite et l’image n’a pas paru suffisante Ă  Pouzauges VendĂ©e. Le peintre y a retravaillĂ© le thĂšme du jeune cavalier pour le transformer en une image plus complexe fig. n°7. Un chevalier banneret s’apprĂȘte Ă  monter sur son destrier pour partir Ă  la guerre. Il porte sa longue cotte de mailles et son heaume. Il tient en main sa banniĂšre et son Ă©cu. Il dĂ©tourne la tĂȘte vers une jeune fille, reconnaissable Ă  ses longs cheveux tressĂ©s qui l’interpelle. Celle-ci est peinte Ă  cheval sur le cadre du mĂ©daillon, comme si elle entrait de maniĂšre concrĂšte dans l’espace du chevalier. Elle lui prĂ©sente un miroir, objet symbolique de la luxure ou de la mort17. L’avertissement est une mise en garde contre la mort adressĂ©e au chevalier, fort de sa jeunesse printaniĂšre et de sa force. Le chrĂ©tien, tel le chevalier, ne doit pas se laisser sĂ©duire par les beautĂ©s du monde terrestre, mais il doit au contraire s’en prĂ©munir pour Ă©viter le pĂ©chĂ© et la mort Ă©ternelle. À la collĂ©giale Saint-Julien de Brioude Haute-Loire, le chevalier et son cheval ont Ă©tĂ© renversĂ©s par une cause inconnue du spectateur. Un soldat Ă  pied se tient debout Ă  cĂŽtĂ© d’eux et les dĂ©signe de la main droite, l’index tendu. Une aurĂ©ole dorĂ©e entoure sa tĂȘte casquĂ©e. Il est probable que soit reprĂ©sentĂ©e ici la chute de l’orgueilleux. La peinture murale est sans doute l’une de ces nombreuses images tirĂ©es du cĂ©lĂšbre poĂšme, Psychomachie, de Prudence. Ce Combat des vices et des vertus eut une trĂšs grande popularitĂ© au Moyen Âge. Figure 8 BrĂ©e, manoir de la Grande-Courbe, mur pignon sud. La Chasse au tigre, dĂ©tail le cavalier emportant le petit tigre et jetant un miroir. Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1994. 12Un autre texte antique eut Ă©galement une belle renommĂ©e mĂ©diĂ©vale. Les Étymologies d’Isidore de SĂ©ville inspirĂšrent les Bestiaires mĂ©diĂ©vaux. L’histoire du tigre fig. n°8 a Ă©tĂ© peinte en deux mĂ©daillons au XIIIe siĂšcle dans le manoir de la Grande-Courbe Ă  BrĂ©e Mayenne. Le premier prĂ©sente le tigre autour d’un miroir et le second un chevalier sur son cheval au galop. Il tient un petit tigre dans son bras gauche et jette un miroir de sa main droite. LĂ -aussi, l’avertissement moral fait au chrĂ©tien est de ne pas se laisser abuser par les apparences du monde terrestre, comme la mĂšre tigre l’est par son reflet dans le miroir croyant y voir son petit, au risque de perdre son bien et son Ăąme. Figure 9 Neau, Ă©glise prieurale, chƓur, mur sud, partie centrale. ScĂšnes du cycle dĂ©diĂ© Ă  saint Vigor. Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1980. 18 - HILLION, Yannick. Le cartulaire d’Évron. ThĂšse de 3e cycle, UniversitĂ© de Rennes II, 1977, charte ... 13C’est une affaire beaucoup plus prosaĂŻque qui a sans doute motivĂ© la rĂ©alisation au XIIIe siĂšcle de la peinture murale qui a Ă©tĂ© dĂ©couverte dans l’église prieurale de Neau Mayenne. Le chƓur avait Ă©tĂ© ornĂ© de l’histoire de saint Vigor, missionnaire et Ă©vĂȘque en Normandie, Ă  qui est dĂ©diĂ© l’édifice de culte. Parmi les nombreux miracles figurait l’épisode du comte Bertulf fig. n°9. Ce dernier est un mauvais personnage, car il spoliait non seulement les pauvres, mais aussi l’Église en dĂ©vastant ses terres. La mort fut son chĂątiment. Les hasards de la conservation permettent de voir aujourd’hui un chevalier sur son cheval pommelĂ© avancer au pas et poussant devant lui des hommes Ă  pied manifestement effrayĂ©s. Ce chevalier Ă©tait suivi d’autres. Cette reprĂ©sentation est placĂ©e au premier registre du mur sud du chƓur, Ă  une place de choix et visible de tous. L’abbaye d’Évron, dont le prieurĂ© de Neau dĂ©pendait, avait eu peu de temps avant la rĂ©alisation de cette peinture murale de graves dĂ©mĂȘlĂ©s avec un seigneur local Ă  propos de droits d’usage. Leur rĂ©conciliation eut lieu en 1229 dans l’église de Neau18. Selon l’objectif des moines, le dĂ©cor, peint au milieu du XIIIe siĂšcle, devait vraisemblablement ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une mise en garde aux aristocrates locaux qui contesteraient de nouveau les donations faites aux religieux par leurs parents. Une image exceptionnelle 14Nous achĂšverons notre Ă©tude sur une image exceptionnelle Ă  plus d’un titre. La chapelle basse, souvent dĂ©signĂ©e comme une crypte, de l’église Notre-Dame de Montmorillon Vienne, est dĂ©diĂ©e Ă  sainte Catherine. Elle conserve un Agneau mystique dont les formes sont manifestement inspirĂ©es de celles du cheval fig. n°10. Figure 10 Montmorillon, Ă©glise paroissiale Notre-Dame, crypte Sainte-Catherine, voĂ»te. L’Agneau mystique. Phot. Davy, Christian. © Christian Davy. 19 - Les mots Agnus Dei sont lisibles et restituables. 20 - CORPUS DES INSCRIPTIONS DE LA FRANCE MÉDIÉVALE. Poitou, 1975, p. 53. Ecce agnus Dei ecce qui to ... 15L’identification de l’Agneau mystique ne fait aucun doute grĂące Ă  la prĂ©sence du nimbe crucifĂšre, de l’inscription, lacunaire19, de la croix sur laquelle se dĂ©tache l’Agneau, ainsi que la prĂ©sence de Vieillards de l’Apocalypse. Cependant, le peintre a donnĂ© des formes assurĂ©ment Ă©quines Ă  son agneau avec des pattes Ă©lancĂ©es, un poitrail bombĂ©, une croupe Ă©lĂ©gante et une longueur et une proportion de corps correspondant mieux Ă  un cheval de luxe qu’à une brebis. Les sabots fendus et la taille rĂ©duite des oreilles constituent les seuls Ă©lĂ©ments correspondant Ă  la race ovine. La reprĂ©sentation de l’Agneau provient de la deuxiĂšme vision prĂ©paratoire de l’Apocalypse V, 6-8 
et au milieu des vieillards, un Agneau Ă©tait debout
 ». Le livre qu’il tient entre les pattes avant est mentionnĂ© dĂšs le verset 7, mais il est ici reprĂ©sentĂ© fermĂ© avec un double fermoir et non avec les sept sceaux. DiffĂ©rents chevaux blancs sont mentionnĂ©s dans le texte de l’Apocalypse. Le premier d’entre eux est montĂ© par l’ange Ă  l’arc aprĂšs l’ouverture du premier sceau VI, 2. Son image est connue en peinture murale romane avec les reprĂ©sentations de MĂ©obecq Indre et de Saint-Hilaire de Poitiers Vienne. Les autres apparaissent au chapitre XIX qui Ă©voque le triomphe du Christ et de l’Église, renvoyant Ă  la peinture murale de la crypte de la cathĂ©drale d’Auxerre Ă©voquĂ©e prĂ©cĂ©demment dans la communication. Le commanditaire du dĂ©cor peint Ă  Sainte-Catherine de Montmorillon a manifestement tenu Ă  combiner les deux rĂ©fĂ©rences. Contrairement Ă  son homologue auxerrois qui a fait dĂ©velopper l’idĂ©e du triomphe prĂ©cĂ©dant celle du rĂšgne Ă©ternel aprĂšs la fin des temps, le commanditaire poitevin a prĂ©fĂ©rĂ© insister sur l’idĂ©e de rĂ©demption. En effet, l’équipe du Corpus des inscriptions de la France mĂ©diĂ©vale rapproche les fragments d’inscription, conservĂ©s autour du corps de l’agneau, du texte de l’évangile de Jean I, 2920 qui Ă©voque la rĂ©mission des pĂ©chĂ©s. Cette orientation correspond Ă  l’image essentielle du dĂ©cor peinte au cul de four de l’abside la reprĂ©sentation de l’incarnation du Christ nĂ©cessaire Ă  cette rĂ©demption sous les traits de la Vierge Ă  l’Enfant. Haut de page Notes 1 - Le Bestiaire de Pierre de Beauvais Ă©numĂšre les caractĂšres qui lui permettent de le comparer au Christ alors que le verset 13 du psaume 91 90 est le plus souvent citĂ© pour assimiler le lion au mal Tu marcheras sur le lion et sur l’aspic, tu fouleras le lionceau et le dragon. 2 - PICHOT, Daniel. Cheval et sociĂ©tĂ© l’exemple du Bas-Maine IXe-XIIIe siĂšcle ». Dans Charpania. MĂ©langes offert Ă  Jacques Charpy. 1991, p. 403-411 ; repris dans La Mayenne. ArchĂ©ologie, histoire, 1992, n° 15, 51-61. 3 - DESCHAMPS, Paul. Combats de cavalerie et Ă©pisodes des Croisades dans les peintures murales du XIIe et XIIIe siĂšcles ». Dans Orientalia Christiana pĂ©riodica MĂ©langes offerts Ă  Guillaume de Jerphanion, 1947, v. 13, p. 454-474. On attend la publication de la thĂšse d’Esther Dehoux sur les saints chevaliers. 4 - Ill. dans DAVY, Christian. La peinture murale romane dans les pays de la Loire. L’indicible et le ruban plissĂ©. Laval SAHM, 1999, p. 347. 5 - Histoire anonyme de la premiĂšre croisade. ÉditĂ©e et publiĂ©e par Louis BrĂ©hier. Paris, 1924, p. 151-161. 6 - Voir la bibliographie dans DAVY, Christian. Les peintures murales romanes de la chapelle des Templiers de Cressac ». CongrĂšs archĂ©ologique de France. Charente, 1995, 153e session. Paris 1999, p. 171-177. Voir aussi depuis CURZI, Gaetano. La pittura dei Templari. Silvana Editoriale, 2002. 7 - Ill. dans FAVREAU, Robert, JEANNEAU, François, RIOU, Yves-Jean et alii. Saint-Savin. L’abbaye et ses peintures murales. Poitiers CPPPC, 1999, p. 104. 8 - FLORI, Jean. Encore l’usage de la lance
 La technique du combat chevaleresque vers l’an 1100 ». Cahiers de civilisation mĂ©diĂ©vale, 1988, t. 123, p. 213-240. 9 - Voir les diffĂ©rentes interventions sur ce thĂšme Actes des journĂ©es d’étude Le dĂ©cor peint dans la demeure au Moyen Âge. Angers, 15-16 novembre 2007, voir le site 10 - PICHOT, Daniel. Cheval et sociĂ©tĂ© l’exemple du Bas-Maine IXe-XIIIe siĂšcle ». Dans Charpania. MĂ©langes offert Ă  Jacques Charpy. 1991, p. 403-411 ; repris dans La Mayenne. ArchĂ©ologie, histoire, 1992, n° 15, 51-61 ; BOURGAIN, Pascale. Pratiques de l’équitation au Moyen Âge dans les textes littĂ©raires ». Actes en ligne du colloque Les patrimoines de l’équitation française. Saumur, 7-9 dĂ©cembre 2011. 11 - SituĂ©e Ă  Chinon. 12 - Illustration dans TOULIER, Christine. Canton de Chinon. Indre-et-Loire. [ Syndicat intercommunal du Val de Vienne Coll. Images du patrimoine, n° 81, 1990, p. 26. 13 - Je remercie chaleureusement Fabienne Audebrand, du service des Monuments historiques, DRAC du Centre, de ses remarques techniques qui m’ont ouvert les yeux sur un monde inconnu. 14 - Illustrations dans DAVY, Christian. Op. cit. p. 119. 15 - Un fragment d’inscription donne le nom de Constantin pour l’un d’eux. Illustration dans DEMUS, Otto. La peinture murale romane. Paris Flammarion, 1970, pl. XLV. 16 - Illustration dans Peindre Ă  Auxerre au Moyen Âge, IX - XIVe siĂšcle ». Sous la direction de Christian Sapin. Paris CEM d’Auxerre et CTHS, 1999, p. 227. 17 - L’allusion Ă  la mort est manifeste si l’on pense aux nombreuses reprĂ©sentations postĂ©rieures oĂč le masque de la mort est parfois placĂ© dans le miroir. 18 - HILLION, Yannick. Le cartulaire d’Évron. ThĂšse de 3e cycle, UniversitĂ© de Rennes II, 1977, charte 109. 19 - Les mots Agnus Dei sont lisibles et restituables. 20 - CORPUS DES INSCRIPTIONS DE LA FRANCE MÉDIÉVALE. Poitou, 1975, p. 53. Ecce agnus Dei ecce qui tollit peccatum mundi ».Haut de page Table des illustrations Titre Figure 1 LĂ©gende Le Loroux-Bottereau. La Chasse de saint Gilles, dĂ©tail la chevauchĂ©e des chasseurs. CrĂ©dits Phot. Pillet, Denis. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1995. URL Fichier image/jpeg, 144k Titre Figure 2 LĂ©gende ThoirĂ©-sur-Dinan. Église paroissiale, nef, mur nord. La Chasse de saint Gilles, dĂ©tail le cavalier sonnant l’hallali. CrĂ©dits Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1995. URL Fichier image/jpeg, 140k Titre Figure 3 LĂ©gende Saint-Savin-sur-Gartempe. Église abbatiale, nef, voĂ»te. Joseph emportĂ© en esclavage en Égypte, dĂ©tail les chevaux des marchands. CrĂ©dits Phot. Davy, Christian. © Christian Davy. URL Fichier image/jpeg, 760k Titre Figure 4 LĂ©gende La Chapelle-Rainsouin, Ă©glise prieurale de la RamĂ©e, mur occidental. Tournoi entre deux chevaliers. CrĂ©dits Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 2005. URL Fichier image/jpeg, 792k Titre Figure 5 LĂ©gende La Chapelle-Rainsouin, Ă©glise prieurale de la RamĂ©e, mur occidental. Tournoi entre deux chevaliers, dĂ©tail l’encolure du cheval gauche. CrĂ©dits Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 2005. URL Fichier image/jpeg, 844k Titre Figure 6 LĂ©gende Nohant-Vic, Ă©glise prieurale de Vic, arc triomphal. La ChevauchĂ©e des rois mages. CrĂ©dits Phot. RicarrĂšre, Pascal. © Pascal RicarrĂšre. URL Fichier image/jpeg, 296k Titre Figure 7 LĂ©gende Pouzauges, Ă©glise paroissiale de Vieux-Pouzauges, nef. Le Calendrier des mois, dĂ©tail, le mois de mai. CrĂ©dits Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1995. URL Fichier image/jpeg, 860k Titre Figure 8 LĂ©gende BrĂ©e, manoir de la Grande-Courbe, mur pignon sud. La Chasse au tigre, dĂ©tail le cavalier emportant le petit tigre et jetant un miroir. CrĂ©dits Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1994. URL Fichier image/jpeg, 920k Titre Figure 9 LĂ©gende Neau, Ă©glise prieurale, chƓur, mur sud, partie centrale. ScĂšnes du cycle dĂ©diĂ© Ă  saint Vigor. CrĂ©dits Phot. Giraud, Patrice. © Conseil rĂ©gional des Pays de la Loire, inventaire gĂ©nĂ©ral, 1980. URL Fichier image/jpeg, 336k Titre Figure 10 LĂ©gende Montmorillon, Ă©glise paroissiale Notre-Dame, crypte Sainte-Catherine, voĂ»te. L’Agneau mystique. CrĂ©dits Phot. Davy, Christian. © Christian Davy. URL Fichier image/jpeg, 598k Haut de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Christian Davy, Le cheval et son cavalier dans la peinture murale des XIe-XIIIe siĂšcles », In Situ [En ligne], 18 2012, mis en ligne le 31 juillet 2012, consultĂ© le 29 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Les journĂ©es de patrimoine 2022 ont lieu les 17 et 18 septembre Programme complet des journĂ©es du patrimoine 2022 Ă  Lyon et mĂ©tropole À VENIR Le programme complet est composĂ© par les services de la MĂ©tropole de Lyon. GĂ©nĂ©ralement, il est disponible dĂ©but septembre. Nous le mettons aussitĂŽt en accĂšs pour vous. Pour le recevoir dĂ©but septembre 2022 , inscrivez-vous ci-dessous ThĂšme 2022 Le patrimoine lyonnais issu des migrations au fil du temps ThĂšme 2021 Jeunesse et patrimoine Affiche fournie par la MĂ©tropole de Lyon dans le kit de communication JournĂ©es du Patrimoine Lyon 2021 – CrĂ©ation de Gaspard Mariotte Inscrivez-vous Ă  notre lettre d’information Pour ĂȘtre au courant de ce qu’il y a Ă  voir, visiter, dĂ©couvrir Ă  Lyon. De nos nouveaux circuits. Pour faire la connaissance de celles et ceux qui animent la ville, blogueurs, comĂ©diens, artistes. Grand DĂŽme de l’HĂŽtel-Dieu, Lyon — photo Lyon visite 2020 Date des journĂ©es du patrimoine 2020 19 et 20 septembre ThĂšme 2020 Patrimoine et Ă©ducation les portes du savoir TĂ©lĂ©chargement du programme des journĂ©es du patrimoine Ă  Lyon Avant 2020 2019 Date 21 et 22 septembre 2019 Le thĂšme des journĂ©es du patrimoine 2019 dans le Grand Lyon Ă©tait Habiter la mĂ©tropole d’hier et demain », ce qui tombait bien puisque les Ă©lections municipales et mĂ©tropolitaines sont au printemps 2020. DĂ©couvrez nos coups de cƓur 2019, c’est par ici Le programme complet 2019 publiĂ© par Lyon MĂ©tropole est toujours tĂ©lĂ©chargeable. Lien de tĂ©lĂ©chargement du PDF Programme journĂ©e du patrimoine 2019 Ă  Lyon et environs Le coup de cƓur de MĂ©gane MĂ©gane est guide-confĂ©renciĂšre pour Lyon Visite. Le fort de Vaise et ses souterrains AccĂšs 27 boulevard Saint-ExupĂ©ry — MĂ©tro D arrĂȘt Valmy ou Bus 90 arrĂȘt Fort de Vaise- Les Carriers 1830, Louis-Philippe craint une guerre avec l’Autriche. Lyon est une cible tentante assez proche de ses frontiĂšres. Et puis, la crise de la soierie jette une main d’Ɠuvre consĂ©quente au chĂŽmage. En 20 ans, une ceinture fortifiĂ©e est construite autour de Lyon. AprĂšs la dĂ©culottĂ©e de 1870, une deuxiĂšme sera Ă©rigĂ©e plus loin. Le fort de Vaise a Ă©tĂ© construit en 1834. Avec le fort Saint-Jean, il bloquait l’accĂšs SaĂŽne Ă  la ville. La vue sur Lyon est Ă©videmment trĂšs intĂ©ressante. Il y aura des dĂ©mos de taille de pierre. Visite libre Samedi 10h-19h — Dimanche 10h-18h Visite guidĂ©e des souterrains Visite guidĂ©e par l’association OCRA Organisation pour la Connaissance et la Restauration d’Au-dessous-terre. RĂ©servation ici Les caves Bahadourian Il faut aller dans cette immense Ă©picerie fine et bazar Ă  l’orientale, visiter ses caves voĂ»tĂ©es, se gorger de MĂ©diterranĂ©e. DjebrĂŻl Bahadourian, nĂ© en 1907, arrivĂ© de Turquie Ă  Lyon en 1929 a créé ce magasin. On a donnĂ© son nom Ă  la place voisine. Visites des caves samedi 20 de 9h Ă  18h environ 30mn Attention en 2018, bien qu’annoncĂ©es pour le dimanche dans le programme officiel, elles sont restĂ©es fermĂ©es. Étant annoncĂ©es le samedi cette annĂ©e, espĂ©rons que cela se passe mieux. AccĂšs 20 rue Villeroy – place DjebrĂŻl Bahadourian – MĂ©tro D et tram T1 arrĂȘt GuillotiĂšre Le coup de cƓur d’Alexandre C’est un coup de cƓur plutĂŽt pour les Lyonnais, pour redĂ©couvrir son quartier. BALADES INDUSTRIEUSES NEW accĂšs partiel DĂ©couvrez le quartier Gerland d’un nouvel Ɠil, notamment sur l’influence de l’industrie depuis deux siĂšcles dans son amĂ©nagement. Visites guidĂ©es par les ateliers de la Mouche. RĂ©servation obligatoire bonjour AccĂšs Halle Tony Garnier, 20 place docteurs MĂ©rieux – MĂ©tro B Debourg / Tram T1 Le coup de cƓur d’Ambre C’est Ambre ! qui rĂ©pond Ă  vos demandes au tĂ©lĂ©phone et par mail et vous propose toujours le guide qui sera parfait pour vos sorties lyonnaises ! Pour moi, samedi 20 et dimanche 21, c’est le grand botaniste Pierre Poivre Ă  Saint-Romain-au-Mont-d’Or. Le jardin de Pierre Poivre Ă  Saint-Romain-au-Mont-d’Or Buste du botaniste Pierre Poivre 1749-1786 dans le Jardin botanique de Pamplemousses, sur l’Île Maurice, jardin créé par Pierre Poivre — CC partage dans les mĂȘmes conditions Author= Anne97432 Un grand Lyonnais ! On lui doit de nombreux Ă©pices, rapportĂ©s, acclimatĂ©s
 TrĂšs envie de mieux connaĂźtre sa vie, pleine d’aventures de toutes sortes dans l’OcĂ©an Indien. Et, aprĂšs, j’irai jeter des graines de poivre rue Poivre, prĂšs de la place Sathonay, comme un ex voto. AprĂšs recherches, j’arrive Ă  la quasi conclusion qu’il n’a pas donnĂ© son nom au poivre. que c’est juste un hasard. Peut ĂȘtre aurons nous des complĂ©ments d’infos sur ce point crucial si si ! au jardin qui porte son nom Ă  Saint Romain-au-Mont-d’Or, dimanche 21 septembre
 Suspens !!! Visite guidĂ©e du jardin de Pierre Poivre L’histoire de son jardin et son chĂąteau vous seront narrĂ©es par un botaniste du Jardin Botanique de Lyon, spĂ©cialiste de Pierre Poivre. Celui-ci est nĂ© en 1719 Ă  Lyon et mort Ă  Saint-Romain-au-Mont-dd’Or en 1786. Samedi 20 et dimanche 21 de 9h Ă  18h30 RĂ©servation obligatoire jeppoivre AccĂšs Bus 43 arrĂȘt Saint-Romain Ă  10mn Ă  pied — Bus 40 et 70 arrĂȘt Éclusede RochetaillĂ©e Ă  20 mn Ă  pied — En voiture, parking Eaux Vives Exposition BD Expo Pierre Poivre, saromagnot, homme de son temps, homme de notre temps » sur 42 panneaux de l’auteur Mathieu Bertrand qui prĂ©sentent ses aventures — et quelles aventures ! — sous forme de bd. Samedi 20 et dimanche 21 de 10h Ă  19h, place de l’Église. AccĂšs comme ci-dessus pour le musĂ©e. Les coups de cƓur de Gilles Je suis spĂ©cialiste du digital et du rĂ©dactionnel, j’anime le blog Lyon visite. J’ai eu l’idĂ©e de ce guide web consacrĂ© Ă  Lyon en 2008. À Marcy-L’Étoile le musĂ©e de sciences biologiques docteur MĂ©rieux AccĂšs MusĂ©e de Sciences Biologiques Docteur MĂ©rieux, 309 av Jean Collomb — Bus 98 ArrĂȘt Parc de Lacroix-Laval Ce musĂ©e expose les enjeux en matiĂšre de santĂ© ainsi que les biotechnologies et le techniques gĂ©nĂ©tiques pour lutter contre les maladies infectueuses. Visite guidĂ©e La visite guidĂ©e parcourt tout cela, depuis la vaccination dĂ©couverte par Jenner au 18iĂšme siĂšcle en passant par sa mise au point par Pasteur et son dĂ©veloppement industriel par les MĂ©rieux. Cela se passe samedi 21 et dimanche 22 de 15h Ă  16h30. Il faut obligatoirement s’inscrire 04 37 20 01 01 ou contact Visite libre Une visite libre de 14h Ă  18h est Ă©galement possible. Atelier BD Un atelier BD Bande de microbes » a lieu samedi et dimanchhe de 15h Ă  17h. Il faut obligatoirement s’inscrire 04 37 20 01 01 ou contact À Caluire-et-Cuire, Jouteurs et usine des eaux L’usine des eaux de Saint-Clair – 19iĂšme siĂšcle AccĂšs 2 avenue de Poumeyrol — Bus C1, C2, C5, 70, 171 Saint-Clair – Square Brosset / Bus 9 Les eaux Usine des eaux de Saint-Clair, bassin filtrant — Photo par Otourly – Travail personnel, CC BY-SA lien sur Wikimedia Une pompe Ă  vapeur haute de 20 mĂštres dite La pompe de Cornouailles », un gigantesque bassin de filtrage avec voĂ»tes et pilotis, un bĂątiment nĂ©o-classique, le tout du 19iĂšme siĂšcle. C’est ce genre de machine qui a pu fournir l’eau aux quartiers Ă©levĂ©s de Lyon de FourviĂšre et Croix-Rousse Ă  partir de 1856. Il avait fallu attendre plus de 13 siĂšcles ! En effet, les romains avaient mis en place un rĂ©seau de 4 aqueducs qui amenaient l’eau Ă  FourviĂšre depuis des dizaines de kilomĂštres autour de Lyon, qui s’arrĂȘta Ă  la chute de l’empire. Visite guidĂ©e toutes les 30mn samedi 20 de 12h Ă  18h et dimanchhe 21 de 9h Ă  17h. La visite dure une heure. RĂ©servation obligatoire sur ProposĂ© par l’Association L’Eau Ă  Lyon et la Pompe de Cornouailles Alliance des Jouteurs Sauveteurs Ce club centenaire vous emmĂšnera en barques sur le fleuve. Expo photo, Ă©galement, sur les berges. AccĂšs sam. et dim. de 10h Ă  18h 4 avenue de Poumeroyl — Bus C1, C2, C5, 70, 171 Saint-Clair – Square Brosset ou Bus 9 Les Eaux HĂŽtel de ville Saint-Priest — Renault Trucks et Ateliers du mĂ©tro RENAULT TRUCKS C’est nouveau cette annĂ©e. Renault Trucks, hĂ©ritier de Berliet, propose la visite libre de son exposition de vĂ©hicules industriels et vieilles autos. La visite est libre, de 10h Ă  18h, samedi 20 et dimanche 21. AccĂšs 99 route deLyon — bus C25 arrĂȘt Paul Berliet — accessible handicapĂ©s Atelier de maintenance du tram Visite guidĂ©e des ateliers du T1, T2 et T5 et chantier du futur T6 Samedi et dimanche Ă  10h, 10h45, 11h30, 14h, 14h45, 15h30 et 16h15 Attention, vous devrez porter des chaussures pletes et fermĂ©es. RĂ©servation obligatoire AllĂŽ TCL, 04 26 10 12 12 AccĂšs Cours du Professeur Jean Bernard — T2 arrĂȘt Porte des Alpes Guignol Ă  Brindas Marionnette centenaire de Guignol du Guignol GuĂ©rin, seul Guignol a ĂȘtre vĂ©tu de vert — Photo Guignol Guerin Wikimedia CC BY-SA Guignol aussi fait partie du patrimoine lyonnais. Lire l’interwiew de Paul Fournel qui raconte la vie de Laurent Mourguet, son crĂ©ateur, dans Faire Guignol. Le MusĂ©e Théùtre Guignol de Brindas ouvre ses portes pour dĂ©couvrir sa collection de costumes de marionnettes. Plus de 1000 costumes ! 21 et 22 septembre 2019 Ă  partir de 14hLIEU Brindas 69126 2018 Programme JournĂ©es du patrimoine 2018 Lien du PDF du programme complet 2018 Programme journĂ©e du patrimoine 2018 Ă  Lyon et environs Le coup de cƓur 2018 de Pierre le culinaire antique Ă  Lugdunum Je suis guide-confĂ©rencier et archĂ©ologue de formation, je vous guide dans Lyon. Ah les banquets romains ! Luculus ! AllongĂ©, saisissant des mets voguant sur l’eau devant soi. Le musĂ©e gallo-romain aux théùtres romains oĂč se dĂ©roulent les Nuits de FourviĂšre prĂ©sentera l’art de manger et du vin chez la jet set romaine. Jardin aux Ă©pices, dĂ©ambulation et dĂ©gustations samedi et dimanche de 10 Ă  18h. ConfĂ©rence suivie d’une dĂ©gustation samedi 15 septembre de 15h Ă  16h. Adresse MusĂ©e Lugdunum, 17 rue Cleberg Le coup de cƓur 2018 de Gilles le MusĂ©e des Moulages Je suis spĂ©cialiste du digital et du rĂ©dactionnel, j’anime le blog Lyon visite. J’ai eu l’idĂ©e de ce guide web consacrĂ© Ă  Lyon en 2008. Bijou succulent, fondue de statues, compil de classicisme, ce musĂ©e mĂ©connu des Lyonnais et des non-Lyonnais possĂšde plus de 2000 moulages d’Ɠuvres de l’antique au contemporain. J’adorais avant sa fermeture en 2015 pour travaux y aller me repaĂźtre d’antique et de classicisme. RĂȘver de dessiner comme les Ă©tudiants des beaux-arts accroupis contre les colonnes en train de travailler. Di Sailko – Opera propria, CC BY Collegamento — Image de la Gipsoteca d’arte antica de l’universitĂ© de Pise et non pas du MusĂ©e des moulages En attendant sa rĂ©ouverture en 2019, il sera ouvert durant ces journĂ©es du patrimoine ces samedi et dimanche. Il y aura une galerie photo de son histoire un guide prĂ©sentera le travail de conservation en s’appuyant sur les rĂ©serves du musĂ©e un autre guide prĂ©sentera sa sĂ©lection d’Ɠuvres phares et leur histoire, ce sera donc un voyage dans l’histoire des arts un atelier pour apprendre les techniques de moulage et fabriquer les moules Visites et atelier toutes les heures de 10h Ă  18h. Adresse 87 cours Gambetta — MĂ©tro D Garibaldi Le coup de cƓur 2018 d’Ambre le domaine Melchior Philibert Ă  Charly C’est Ambre ! qui rĂ©pond Ă  vos demandes au tĂ©lĂ©phone et par mail et vous propose toujours le guide qui sera parfait pour vos sorties lyonnaises ! Pour moi, dimanche prochain, c’est direction Charly ! Le domaine Melchior Philibert surplombe la plaine et dĂ©jĂ , la vue vaut le dĂ©tour. Ensuite, le lieu, d’un romantisme absolu, emporte notre imagination vers 1000 histoires d’amour, mille histoires de romances Ă©chevelĂ©es. Vue Google Joie absolue pour moi qui ai toujours Ă©tĂ© intriguĂ©e par le domaine et ses diffĂ©rents bĂątiments le dimanche 16 permettra Ă  la fois de dĂ©couvrir l’histoire du lieu, mais Ă©galement d’en dĂ©couvrir les richesses plus cachĂ©es, telles que les peintures, le vase MĂ©dicis. La prĂ©sence sur place de peintres en pleine activitĂ© confĂ©rera certainement au domaine encore plus de magie, si toutefois c’est possible . J’espĂšre que je vous ai convaincu et que nous serons nombreux Ă  nous promener nez en l’air dans ce jardin chĂąteau onirique et mystĂ©rieux. Il y aura aussi des visites guidĂ©es du patrimoine et des alentours voir le programme complet en tĂ©lĂ©chargement ci-dessus. Et d’autres choses remarquables dans le programme 2018 Le carillonneur de l’HĂŽtel de Ville 65 cloches entre six kilos et cinq tonnes. Le deuxiĂšme carillon de France est Ă  l’HĂŽtel de Ville de Lyon. InstallĂ© en 1914 par Édouard Herriot qu’avaient sĂ©duit les cloches des carillons d’Anvers, Bruges et Gand. 36 cloches lui ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es en 91. La topologie caisse de rĂ©sonance de Lyon due Ă  ses deux collines les amplifie. Ce carillon est jouĂ© par le carillonneur Charles Dairay. Rencontre 20 mn seulement, hĂ©las, c’est un peu court avec lui toutes les heures samedi Ă  11h30 et de 14h30 Ă  17h et dimanche de 10h30 Ă  13h et Ă  16h30. Oui, les horaires communiquĂ©s ne sont pas parfaitement clairs. C’est Ă  l’entrĂ©e de l’hĂŽtel de ville derriĂšre, face Ă  l’opĂ©ra. Les lieux de la mĂ©decine lyonnaise La restauration de l’hĂŽtel-dieu a permis de se souvenir si on l’avait oubliĂ© des grands noms qui y ont exercĂ©. Rabelais et bien sĂ»r Antonin Poncet. Une balade dans la ville permettra de dĂ©couvrir leur histoire et d’évoquer les lieux oĂč ils ont pratiquĂ©. RĂ©sa obligatoire Ă  contact C’est dimanche de 10h30 Ă  midi Permaculture aux jardins partagĂ©s du 7iĂšme La perma, kezako ? VoilĂ  binette quelque chose dont on entend tout le temps parler sans savoir de quelle couleur est le cheval blanc de Henri le jardinier. Les bĂ©nĂ©voles de deux jardins du 7iĂšme, L’ülot d’Amaranthes » et Le jardin des Silybes » nous guideront dans leurs planches et leurs plates-bandes et nous causeront de tout ça. Il y aura des ateliers plantes mains dans la terre, une rĂ©colte et, bien sĂ»r, un repas partagĂ© ! Ce sera dans ces deux jardins samedi et dimanche de 10h Ă  18h. Jardin des Silybes – Image Google Streetview Les mĂšres lyonnaises Un repas tel que l’auraient prĂ©parĂ© les mĂšres lyonnaises. Ce sera avec Catherine Simon, l’auteure du bouquin MangĂ©es, une histoire des mĂšres lyonnaises. Vendredi 14 septembre Ă  19h30 au LycĂ©e hĂŽtelier François Rabelais, Dardilly. Il faut rĂ©server. Prix 25€ Notre visite guidĂ©e Gastronomie de Lyon, des mĂšres lyonnaises Ă  la cuisine fusion a lieu toute l’annĂ©e. JournĂ©es du patrimoine Lyon 2018 2017 Programme JournĂ©es du patrimoine 2017 Le thĂšme en Ă©tait »La mĂ©tropole au fil de l’eau ». TĂ©lĂ©charger le PDF du PROGRAMME COMPLET des JournĂ©es du patrimoine 2017 PDF de 64 pages, 7,3 Mo sur le site web de Lyon MĂ©tropole Bonnes journĂ©es du patrimoine Ă  Lyon Bonjour Ă  toutes et Ă  tous ! Je suis fier de vous accueillir pour la grande ouverture officielle du site Applications iPhone News ! Fruit de plusieurs semaines de rĂ©flexion et de labeur, que ce soit au niveau graphique, technique ou Ă©ditiorial, Applications iPhone News vous propose de dĂ©couvrir l’actualitĂ© des applications iPhone et iPad. L’actualitĂ© des applications iPhone et iPadComment suivre l’actualitĂ© du site Applications iPhone News ?Quelles sont les ambitions du site Applications iPhone News ? L’actualitĂ© des applications iPhone et iPad Mais pas seulement ! Applications iPhone News vous permet Ă©galement de vous tenir informĂ© de tout ce qui gravite autour de l’iPhone et de l’iPad nouveautĂ©s, tests, concours, rumeurs, astuces, tutoriels, support technique et j’en passe ! Vous remarquerez plus tard, lorsque le site s’étoffera de nouveaux articles, que des rubriques concernant Cydia et le jailbreak apparaitront. Applications iPhone News ne vise pas Ă  promouvoir le jailbreak ni Ă  pirater les applications iPhone et iPad illĂ©galement, mais Ă  utiliser l’iPhone et l’iPad au maximum de leurs possibilitĂ©s afin de rendre l’iPhone et l’iPad encore meilleurs qu’ils ne le sont dĂ©jĂ . Prenez par exemple les accusĂ©s de rĂ©ception des SMS que n’importe quel tĂ©lĂ©phone ou smartphone du marchĂ© gĂšre en natif. L’iPhone ne le fait pas, faute Ă  l’implĂ©mentation de cette gestion des accusĂ©s de rĂ©ception dans l’iOS amĂ©lioration pourtant demandĂ©e par de nombreux utilisateurs. GrĂące au jailbreak et Ă  l’installation d’une application via Cydia, cette fonctionnalitĂ© peut ĂȘtre implĂ©mentĂ©e. Également, il est possible d’amĂ©liorer les performances de l’iPhone grĂące Ă  de nombreuses applications disponibles sur Cydia je pense Ă  mon iPhone 3G sous iOS qui serait inutilisable tellement il serait lent sans jailbreak. Comment suivre l’actualitĂ© du site Applications iPhone News ? Plusieurs solutions s’offrent Ă  vous Le flux RSS Twitter En utilisant le formulaire d’inscription situĂ© dans la colonne de droite Recevez les articles par email ! » en saisissant votre adresse email. Cet email ne sera pas utilisĂ© Ă  des fins commerciales, il permettra seulement de vous envoyer par email chaque article lors de sa publication sur le site Applications iPhone News. Quelles sont les ambitions du site Applications iPhone News ? Prendre la direction d’Apple Corp. ! Non, je rigole bien sĂ»r ! Mes ambitions sont plus modestes que cela. Je souhaite simplement vous faire partager ce que j’aime, l’iPhone et son univers, au travers de mes articles et de mes tests. Et si mon site devient l’une des nombreuses rĂ©fĂ©rences dans le domaine, je ne pourrais que vous remercier du plus profond du cƓur. Je ne suis pas rĂ©munĂ©rĂ© pour le faire, je le fais par plaisir, mĂȘme si je n’ai pas beaucoup de temps et mĂȘme si le serveur me coĂ»te de l’argent tous les mois. Ma plus grande satisfaction est quand vous trouvez l’information qui vous intĂ©resse, quand vous commentez les articles ou quand vous m’envoyez des emails via le formulaire de contact. Et mieux, j’aime particuliĂšrement quand vous parlez de ce site Ă  votre entourage, sur votre blog / site, que vous faĂźtes des liens vers Applications iPhone News, sur Twitter, bref, tout ce qui peut aider Ă  faire connaĂźtre ce site ! J’aime aussi quand vous cliquez sur la publicitĂ©. Je sais que certains d’entre vous n’aiment pas ça, les publicitĂ©s, mais gagner quelques centimes par jour pour moi, ce n’est pas grand chose, mais ça finit par me payer un mois d’hĂ©bergement tous les trois ans, c’est dĂ©jĂ  ça 😉 ! Je ne possĂšde qu’un modeste iPhone 3G 8Go pour rĂ©aliser mes tests. Je ne pourrais donc pas rĂ©aliser de tests d’applications spĂ©cifiques Ă  l’iPhone 3GS, Ă  l’iPhone 4 ou Ă  l’iPad. Mais comptez sur moi pour vous tenir informĂ©s de l’actualitĂ© concernant ces iDevices ! Pourquoi je ne change pas mon vieux » 3G pour un iPhone 4 ? Tout simplement parce que je n’ai pas les moyens financiers, malgrĂ© mon travail Ă  temps plein. C’est comme ça. Mais cela n’enlĂšve et n’enlĂšvera rien Ă  la qualitĂ© et au soin que j’apporterai Ă  chacun de mes articles sur Applications iPhone News. Je vous souhaite une excellente visite sur le site Applications iPhone News et espĂšre vous revoir bientĂŽt pour de futures actualitĂ©s sur l’iPhone et l’iPad ! 1 Italiques de l’auteur. 1Si tant de poĂšmes d’Aragon ont Ă©tĂ© mis en musique et chantĂ©s, c’est, entre autres choses, parce que, pour lui, poĂ©sie et chant sont intimement liĂ©s. Que recouvre cette notion de chant », diffĂ©rente certes, de la chanson », mais qui en constitue le berceau ? Ses ƒuvres poĂ©tiques complĂštes publiĂ©es dans la BibliothĂšque de la PlĂ©iade rĂ©pertorient dix-neuf poĂšmes intitulĂ©s Chanson », quinze intitulĂ©s Chant » auxquels il faut ajouter les Cantiques et les Romances ; l’idĂ©e que le chant est un Ă©lĂ©ment essentiel de la poĂ©sie » parcourt ses Chroniques du Bel Canto septembre 1946 », Aragon 1947 153 et ce thĂšme caractĂ©rise presque chaque poĂšte Ă©voquĂ© dans ce livre. Cependant, Aragon s’oppose Ă  l’idĂ©e que la poĂ©sie ne serait que chant » dans la Chronique » concernant Pierre Emmanuel, il s’attarde sur les rapports entre paroles et musique en poĂ©sie et si Pierre Emmanuel Ă©crit Celui qui veut connaĂźtre un homme qu’il le cherche moins dans ses paroles que dans la musique qu’elles font1 » Juillet 1946 », Aragon 1947 105, Aragon prend le contrepied de cette idĂ©e On voit oĂč tout d’abord Emmanuel apporte de l’eau Ă  mon moulin la rime, le chant
 Mais Ă  peine si j’y consens, la pente naturelle de mon esprit l’entraĂźne Ă  protester que l’homme est aussi bien dans ses paroles que dans la musique qu’elles font. » ibid.. Et, un peu plus loin Ah ! c’est ici que je vous dĂ©fie de sĂ©parer ce qui est dit de sa musique ! » Juillet 1946 », Aragon 1947 111. Un peu plus loin encore, s’opposant Ă  un exĂ©gĂšte de MallarmĂ©, il lui reproche de renoncer Ă  l’emportement, au rĂȘve du poĂšme [
] Ce que j’appelle, Ă  mon habitude, le chant » Septembre 1946 », Aragon 1947 145. C’est ce chant » qui est bien prĂ©sent dans Quai de BĂ©thune », Ă  la fois paroles et musique, sujet et forme du poĂšme, passe-temps et passeur de temps. 1. Parution et chanson 2 Carco a habitĂ© au n°18 du Quai de BĂ©thune, dans l’üle Saint Louis. 3 Par Henri Jacques Dupuy. 4 On peut l’écouter ici 2 Quai de BĂ©thune » est paru pour la premiĂšre fois en premiĂšre page du journal Les Lettres françaises le 20 mars 1958, sous le titre “Chanson du Quai de BĂ©thune” par Aragon » et sous-titrĂ© Pour un laurĂ©at ». Le ComitĂ© National des Écrivains venait en effet de dĂ©cerner son Prix de l’unanimitĂ© » Ă  Francis Carco. L’auteur de JĂ©sus la Caille, dit le petit texte de prĂ©sentation, ĂągĂ© aujourd’hui de soixante-douze ans et souffrant, ne quitte guĂšre son logis du Quai de BĂ©thune2, au cƓur de ce Paris qu’il a tant magnifiĂ© ». Repris deux ans plus tard dans Les PoĂštes, sous le simple titre de Quai de BĂ©thune » Aragon 1960 413-14, il est prĂ©cĂ©dĂ©, comme beaucoup d’autres textes, de la mention ChantĂ© ». Ce livre, Les PoĂštes, qu’Aragon sous-titre PoĂšme », et dont on aura Ă©crit qu’ il est Ă  cette heure un des ouvrages d’Aragon qui aura Ă©tĂ© le moins abordĂ© par la critique universitaire » Bismuth 1999a 5, se prĂ©sente comme une sorte de grand spectacle parlĂ© et chantĂ© dont HervĂ© Bismuth a analysĂ© la théùtralitĂ© Bismuth 1999b 45-68 ; quatorze au moins de ses textes ont d’ailleurs Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s par diffĂ©rents chanteurs et chanteuses, dont Quai de BĂ©thune » mis en musique3 et chantĂ© par Caroline Cler en 19614. Ce poĂšme Ă©voque non seulement Paris et sa poĂ©sie, mais aussi l’amour et le souvenir toujours vivant de poĂštes du temps passĂ©, ainsi que de Carco, qui mourra peu de temps aprĂšs et auquel, Ă  sa mort, Aragon consacre un autre poĂšme, Celui qui s’en fut Ă  douleur
 », paru le 29 mai 1958 dans Les Lettres françaises sous le titre Adieu Ă  Francis Carco », reproduit Ă©galement dans Les PoĂštes Aragon 1960 415-16. 2. Le silence et le chant De la musique avant toute choseEt pour cela prĂ©fĂšre l’impairPlus vague et plus soluble dans l’airSans rien en lui qui pĂšse ou qui pose 3Écrit en pentasyllabes, Quai de BĂ©thune » se rattache Ă  ce choix verlainien ; et bien que les vers soient courts, le rythme du poĂšme garde une fluiditĂ©, une lenteur correspondant au paysage Ă©voquĂ©, tant rĂ©el que mental la Seine, la nuit, l’amour, le souvenir des poĂštes disparus. Le thĂšme du chant et sa traduction sonore et rythmique en sont des Ă©lĂ©ments essentiels. Il est des lieux oĂč chante mĂȘme le silence » Ă©crit Aragon dans ses Chroniques du Bel canto Mai 1946 », 1947 79 et c’est ainsi que commence le poĂšme Connaissez-vous l’üleAu cƓur de la villeOĂč tout est tranquilleÉternellement L’ombre souveraineEn silence y traĂźneComme une sirĂšneAvec son amant Aragon 1960 413 4Et Ă  la quatriĂšme strophe Venez y entendreComment meurt le vent ibid. 414 5La douceur, la lenteur, la mĂ©lancolie du poĂšme, du moins jusqu’à la sixiĂšme strophe, sont donnĂ©es Ă  la fois par la structure des rimes et par les sonoritĂ©s trois rimes identiques dans les quatrains et une quatriĂšme en [ɑ̃] reprise de strophe en strophe, sauf dans les deux derniĂšres qui crĂ©ent une rupture, avec une rime en [o] Ă©chos » s’associant Ă  Carco », avec en plus cette subtilitĂ© que les derniĂšres rimes des quatrains riment deux par deux Éternellement » avec amant », rĂȘvant » avec vent », chantant » avec temps », sang » avec passant », la monotonie de ce systĂšme de rimes contribuant Ă  la mĂ©lancolie du texte. Le rythme est Ă©galement ralenti soit par la longueur d’un mot comme Éternellement », soit par l’abondance des voyelles nasales, plus longues que les autres et souvent Ă  la rime ombre » silence » » profonde », blonde », et monde » Ă  la rime dans le troisiĂšme quatrain, enserre » », tendres », cendres » et entendre » Ă  la rime dans le quatriĂšme, Comment » doucement » allonge », ronge » et songes » dans le cinquiĂšme quatrain, oĂč une allitĂ©ration en [s], comme celle en [f] dans la strophe prĂ©cĂ©dente, fait entendre Comment meurt le vent » Cette allitĂ©ration en [s] est d’ailleurs aussi prĂ©sente aux strophes 2 et 3, avec la proximitĂ© de silence » et sirĂšne » et 8, de Seine » et enserre » v. 9 et 12, dont la syllabe [ɛʀ] est reprise symĂ©triquement par le [ʀɛ] de rĂȘvant » ; on pourrait multiplier les exemples. C’est qu’il s’agit d’ entendre » le silence tout d’abord, puis le chant L’ombre souveraineEn silence y traĂźne v. 5-6 6Puis Enfants fous et tendresOu flĂąneurs de cendresVenez y entendreComment meurt le vent 7 Il est des lieux oĂč chante mĂȘme le silence
 » et Aragon ajoute, un peu plus loin il est des haltes comme un chant au cƓur du chant » Mai 1946 », Aragon 1947 79-80. 5 Paru aux EFR en 1952 et dans Les Lettres Françaises du 20 mars au 24 avril 1952 ; rééditĂ© en 2007 ... 8La nuit, ou du moins le gris, la paix, mais aussi le dĂ©senchantement, ouvrent le poĂšme ; les cendres se rĂ©fĂšrent Ă  la mort, ou aux lendemains de fĂȘtes, et c’est aussi, concernant les ĂȘtres humains, une expression que l’on trouve chez Gogol, dont Elsa Triolet a traduit Le Portrait5 quelques annĂ©es auparavant et l’on sait l’influence que les Ă©crits d’Elsa Triolet pouvaient avoir sur Aragon. Évoquant un quartier de Saint-PĂ©tersbourg le quartier Kolomna, le narrateur de cette nouvelle dĂ©clare L’avenir n’y pĂ©nĂštre point, tout y est silence et retraite », c’est lĂ  que vit toute la catĂ©gorie des gens que l’on peut dĂ©signer d’un seul mot les cendres. Gens dont les habits, le visage, les cheveux, les yeux sont couleur de cendres, couleur d’un jour oĂč le ciel n’a ni orage ni soleil, oĂč l’on ne sait trop oĂč on est, et voilĂ  le brouillard qui s’en mĂȘle et enlĂšve toute consistance aux objets » Gogol 1952 79. 9L’üle Saint Louis est l’üle d’un passĂ© dĂ©funt, mais aussi l’üle de l’amour Enfants fous et tendres » et pour Aragon c’est le lieu de son amour fou et tragique pour Nancy Cunard qui y rĂ©sidait pour plus de dĂ©tails, voir Barbarant 2016 83-87. La Seine qui tient une grande place dans la poĂ©sie de Paris, chez Aragon comme chez de nombreux poĂštes, liĂ©e chez Apollinaire Ă  l’amour et Ă  la fuite du temps, est ici personnifiĂ©e ; c’est l’image mĂȘme d’une femme aimante La Seine profondeDans ses bras de blondeAu milieu du mondeL’enserre en rĂȘvant, 10personnification qui prolonge la comparaison de l’ombre avec une sirĂšne sĂ©duisante par son chant mais aussi captatrice, et joue sur le sens du mot bras ». Toutes les rĂ©miniscences surrĂ©alistes peuvent surgir Ă  la lecture de ces vers par exemple l’ Inconnue de la Seine » et son masque, prĂ©sente encore dans AurĂ©lien, ou l’éloge de la blondeur dans Le Paysan de Paris Aragon 1927 48-50 ; La mĂ©moire la mĂ©moire est blonde vraiment » y dĂ©clare-t-il ibid. 50. 11C’est que le lecteur, ou l’auditeur, est associĂ© au tableau l’auteur s’adresse directement Ă  lui Connaissez-vous l’üle » et Ă  son ouĂŻe Venez y entendre » Dans les Chroniques du Bel Canto, Aragon souligne cette nĂ©cessaire communion de l’auteur et du lecteur, cette communautĂ© d’expĂ©rience Le chant, qui est toujours nĂ©cessairement Ă  la fois de l’oreille et du cƓur, s’éveille prĂ©cisĂ©ment quand la musique et la voix se marient, quand il y a parfaite adĂ©quation du fond et de la forme, quand cette prĂ©tendue subjectivitĂ© du poĂšte fait Ă©cho Ă  quelque chose en moi qui le lit » NoĂ«l ou l’école buissonniĂšre », Aragon 1947 246. Aragon a souvent soulignĂ©, surtout pendant la guerre et la RĂ©sistance, le caractĂšre collectif de la poĂ©sie, et juste aprĂšs-guerre l’importance de son chant Le chant qui est la nĂ©gation de la solitude poĂ©tique. Le chant qui est la communication de la poĂ©sie » Ă©crit-il dans les Chroniques du Bel Canto ibid. 257. 12La seconde moitiĂ© du poĂšme met directement en scĂšne le chant, personnifiĂ© lui aussi Tandis que chantant Un air dans le noirEst venu s’asseoirAu fond des mĂ©moiresPour passer le temps v. 20-24 13Le gĂ©rondif chantant » forme pivot entre les deux parties du texte, et l’imagination du lecteur vacille un instant, en raison de l’ambiguĂŻtĂ© syntaxique, Un air » pouvant ĂȘtre pris tout d’abord comme le complĂ©ment d’objet de chantant », alors qu’il est le sujet du verbe ĂȘtre au vers suivant le chant, objet et sujet du poĂšme
 3. Le chant, passeur de mĂ©moire poĂ©tique mort et vie des poĂštes 6 Sur ce point, voir Nathalie PiĂ©gay-Gros, 2007 49-51 et les rĂ©flexions sur poĂ©sie et mĂ©moire dans ... 14 Je chante pour passer le temps / Petit qu’il me reste de vivre », Ă©crit aussi Aragon dans Le Roman inachevĂ© Aragon 1960 208. Temps, mĂ©moire et chant sont associĂ©s le chant, l’ air » constitue une permanence dans un monde oĂč passent l’eau, le temps et les amours, il s’ancre dans les mĂ©moires », dans l’inconscient collectif »6, comme la poĂ©sie elle-mĂȘme, tous deux liĂ©s Ă  la nuit et au rĂȘve v. 17-19. À partir de lĂ , dans la septiĂšme strophe, le rythme devient plus vif, les sonoritĂ©s plus violentes Et le vers qu’il scande[
]Bat comme le sang 15La douceur agrĂ©able en mĂȘme temps que funĂšbre du dĂ©but Éternellement », L’ombre souveraine/En silence y traĂźne », flĂąneurs de cendres », Comment meurt le vent », l’inquiĂ©tude silencieuse La nuit [
] /Tout doucement ronge/Ses ongles » [
] sont brusquement interrompues par la force du vers qui chante tragiquement la vie et Bat comme le sang » La ville s’anime alors et le passĂ© reprend une existence sonore, dans laquelle les poĂštes ressuscitent Est-ce une fenĂȘtreQui s’ouvre et peut-ĂȘtreOn va reconnaĂźtreAu pas le passant Est-ce Baudelaire 16Si Aragon cite en premier Baudelaire, c’est non seulement qu’il fut l’un des poĂštes prĂ©fĂ©rĂ©s des SurrĂ©alistes, qu’il vĂ©cut au 10, Quai de BĂ©thune et chanta Les FenĂȘtres » dans un poĂšme en prose il l’invoque comme un de ses premiers maĂźtres dans le poĂšme suivant immĂ©diatement l’hommage funĂšbre Ă  Carco, et qui dĂ©bute aussi par une Ă©vocation de l’üle Saint-Louis, plus tragique que dans Quai de BĂ©thune » Toujours quand aux matins obscĂšnesEntre les jambes de la SeineComme une noyĂ©e aux yeux fousDe la brume de vos poĂšmesL’üle Saint-Louis se lĂšve blĂȘmeBaudelaire je pense Ă  vous Lorsque j’appris Ă  voir les chosesÔ lenteur des mĂ©tamorphosesC’est votre Paris que je vis Aragon 1960 417 7 Aragon a thĂ©orisĂ© l’association des rimes fĂ©minines et masculines dans La Rime en 1940 » et Ar ... 17Une deuxiĂšme ombre est associĂ©e Ă  celle de Baudelaire celle de Nerval, autre poĂšte du PanthĂ©on surrĂ©aliste, qui disait lui-mĂȘme que ses textes avaient Ă©tĂ© composĂ©s dans un Ă©tat de rĂȘverie supernaturaliste » ; son souvenir est appelĂ© par le mot air », rimant avec Baudelaire »7 Est-ce BaudelaireOu Nerval un airQui jadis dut plaireÀ d’anciens Ă©chos 18La sophistication des arriĂšre-textes apparaĂźt ici avec le souvenir du poĂšme de Nerval Fantaisie », prĂ©sent en lui depuis longtemps 8 PoĂšme Ă©crit en 1831, paru en 1832. Il faut prononcer WĂšbre » au vers 2 ; cette prĂ©cision Ă©tait i ... Il est un air pour qui je donneraisTout Rossini, tout Mozart et tout WeberUn air trĂšs vieux languissant et funĂšbre,Qui pour moi seul a des charmes 19Aragon l’a dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© indirectement dans l’un de ses premiers poĂšmes, Casino des lumiĂšres crues », publiĂ© en 1920 dans Feu de joie Aragon 1920 20 ; il est bien Au fond des mĂ©moires », de celle de nombreux lecteurs comme de la sienne en tout cas Un soir des plages Ă  la mode on joue un airQui fait prendre aux petits chevaux un train d’enferEt la fille se pĂąme et murmure Weber 9 Aragon se rĂ©fĂšre de nouveau Ă  ce vers dans les Chroniques du Bel Canto Janvier 1946 », Aragon 19 ... Moi je prononce WĂšbre et regarde la mer »9 20Le chant passe ainsi de poĂšte en poĂšte et de lecteur en lecteur, ou d’auditeur en auditeur, et le terme Ă©chos » se rĂ©fĂšre sans doute Ă  cette continuitĂ© sonore. En janvier 1946, dans sa premiĂšre Chronique du Bel Canto », Aragon expose son projet de parler des poĂštes, morts et vivants, Histoire d’entendre, Ă©crit-il, dans leur voix, ce qui est proprement la poĂ©sie. Le chant. Ce mystĂ©rieux pouvoir d’écho, ce qui fait vibrer les verres sur la table, frissonner les insensibles. » Aragon 1947 10. Et, un peu plus loin, le premier poĂšte Ă©voquĂ© est GĂ©rard de Nerval, dont les PoĂ©sies viennent d’ĂȘtre rééditĂ©es par Albert BĂ©guin Peut-ĂȘtre n’y a-t-il jamais eu de poĂšte qui ait possĂ©dĂ© aussi purement que GĂ©rard de Nerval ce pouvoir d’éveiller l’écho dont je parlais » Aragon 1947 11. 10 Carco considĂ©rait Nerval comme un de ses maĂźtres ; il avait de plus en commun avec GĂ©rard de Nerva ... 21De Nerval Ă  Carco il n’y a qu’un pas dans l’association des souvenirs provoquĂ©e par le chant Aragon sait trĂšs bien que Carco est l’auteur d’une biographie de Nerval10, oĂč il Ă©voque l’auteur des Chansons et lĂ©gendes du Valois en ces termes Peut-ĂȘtre avait-il oubliĂ© certaines vieilles chansons qui avaient bercĂ© son enfance, mais elles s’étaient depuis rĂ©fugiĂ©es dans sa mĂ©moire ainsi que dans une chambre obscure oĂč des voix mortes, parfois, se faisaient tristement entendre » Carco 1953a 58. Il est aussi l’auteur d’un recueil de poĂšmes intitulĂ© tout d’abord Mortefontaine Carco 1946, puis Mortefontaine, suite nervalienne Carco 1947. La filiation Baudelaire-Nerval-Carco s’affirme dans les deux derniĂšres strophes. 11 À rapprocher des vers prĂ©cĂ©demment citĂ©s De la brume de vos poĂšmes/L’üle Saint-Louis se lĂšve b ... 22En effet, la rĂ©ponse aux questions posĂ©es dans les deux strophes prĂ©cĂ©dentes Est-ce une fenĂȘtre »/Est-ce Baudelaire » vient avec le jour qui se lĂšve, le jour blĂȘme »11 opposĂ© Ă  l’ ombre » du vers 5, Ă  la nuit » du vers 17, au noir » du vers 21; s’il est encore fantomatique, ce jour » permet de relier le passĂ© au prĂ©sent et de montrer le lien, non seulement entre Nerval et Carco, mais aussi entre ce dernier et Aragon. Il faut ici ouvrir une parenthĂšse biographique. La guerre a, en effet, rapprochĂ© les deux hommes. En 1942, Francis Carco, membre de l’AcadĂ©mie Goncourt, avait soutenu l’attribution du prix au livre d’Elsa Triolet, Mille regrets ; en 1943, il avait Ă©tĂ© le seul Ă  voter pour l’attribution du prix au Cheval blanc ; Elsa Triolet sera la premiĂšre femme Ă  obtenir le Goncourt en 1945 au titre de 1944 pour Le Premier accroc coĂ»te deux cents francs, avec la voix de Carco ; comme Aragon l’indique dans Celui qui s’en fut Ă  douleur
 », ils se rencontrĂšrent Ă  Nice On faisait semblant d’ĂȘtre heureuxLe ciel ressemblait Ă  la merMĂȘme l’aurore Ă©tait amĂšreC’était en l’an quarante-deux 12 Francis Carco s’est rĂ©fugiĂ© en Suisse avec sa femme d’origine juive Ă©gyptienne. Un jour tu partis pour GenĂšve12Et nous Elsa pour Dieu sait oĂč Aragon 1960 416 13 À Ă©couter sur le site de la Radio-TĂ©lĂ©vision Suisse 23Carco a racontĂ©, dans une interview Ă  la radio suisse le 1er juin 1953, ses rencontres en 1941-1942 avec Aragon, Ă  l’initiative de ce dernier, qui voulait parler de Paris avec lui, puis sa propre installation dans l’üle Saint-Louis13. Elsa Triolet a Ă©galement retracĂ© dans la PrĂ©face Ă  la clandestinitĂ© » Juin 1964 les visites de Carco dans leur petit appartement du Quai des Etats-Unis 1965 25-26. RĂ©fugiĂ© Ă  Nice avec sa femme Éliane, Carco y rĂ©dige Nostalgie de Paris, oĂč il Ă©voque Aragon dans des pages sur les passages parisiens et le cafĂ© CertĂ  Carco 1941 43-45. C’est Ă  Nice qu’il a, dit-il dans son interview, reçu une lettre d’Aragon lui disant Je voudrais parler de Paris avec vous, nous ne parlerons pas de politique’ [
] et grĂące aux magnifique bleu des photographies de Paris de la Belle Époque qu’Aragon avait placardĂ©es sur ses murs, je n’étais pas dĂ©crochĂ© ». 24Mais outre cet arriĂšre-texte biographique, le poĂšme rend hommage au poĂšte de Paris, Ă  l’auteur de la Romance de Paris 1953, de Nostalgie de Paris 1945, Ă  celui qui a su Ă©crire dĂšs 1913 des Chansons aigres-douces reprises dans La BohĂȘme et mon cƓur, 1939. Le rythme pentasyllabique des vers de Quai de BĂ©thune » fait irrĂ©sistiblement penser Ă  certains poĂšmes de Carco comme Le Doux Caboulot », mis en musique par Jacques Larmanjat, chantĂ© par Marie Dubas, Jean Sablon et Yves Montand entre autres, et dont l’air » est dans tous les esprits ; ou bien Minuit » [
] J’entends sonner l’heureD’une voix qui pleureEt le pavĂ© donc ici passe ?Quelle ombre s’efface ?Quelle autre la suit » [
] Carco 1953b 43 25Les poĂšmes de Romance de Paris chantent la douce et lente Seine » Carco 1953b 33 et son eau profonde » Carco 1953b 34, ses sirĂšnes Carco 1953b 40, les blonds cheveux » de l’Ondine qui la hante 35, Tout est alors couleur de songe » Ă©crit-il Carco 1953b 41. 26Il s’agit pour Aragon de Rendre son poĂšme/À Francis Carco », Car j’imite », Ă©crit-il dans la PrĂ©face aux Yeux d’Elsa, Arma virumque cano » Aragon 1942 746, reprenant la tradition de la Renaissance qui valorisait l’imitation, et ici l’imitation dĂ©passe le modĂšle
 Carco qui ne sus que chanter » Ă©crit-il dans son deuxiĂšme poĂšme d’hommage, Celui qui s’en fut Ă  douleur » Aragon 1960 416, appelant Ă  asseoir son souvenir dans les mĂ©moires et reprenant les Ă©lĂ©ments, voire les mots de sa poĂ©sie Que l’avenir du moins n’oublieCe qui fut le charme de l’airLe bonheur d’ĂȘtre et le vin clairLa Seine douce dans son lit 14 Derniers mots des Chroniques du Bel Canto Aragon 1947 258. 27Ce qui importe, c’est la mĂ©moire commune du chant. Le mot chant traduit le latin carmen, qui a aussi donnĂ© le mot charme, qui fait aussi bien image magique qu’image musicale » Ă©crit Aragon dans Arma virumque cano » Aragon 1942 757. Le chant n’est pas seulement, dans Quai de BĂ©thune », la musique des vers ; l’ air » qui s’y promĂšne est celui des poĂštes, disparus ou vivants, transmis de l’un Ă  l’autre et offert au lecteur, ressuscitant le passĂ©, passant de la nuit au jour et de la mort Ă  la vie, car la place de la poĂ©sie dans la sociĂ©tĂ© humaine [
] est de lumiĂšre, et non pas de

quelle est la couleur du cheval blanc d henri 4.0